Stellantis a-t-il encore de la marge pour réduire ses coûts ?



Si Stellantis n’a plus bcp de marge pour réduire ses coûts de production, il y a peut-être "de la marge" pour réduire certaines… marges commerciales au vu des résultats financiers de 2023 (marge opérationnelle de 12,8 %, du même niveau que Merco et mieux que Béhème, bénéf net de +18 Mds d’€…) alors que le réseau puis les clients renâclent avec l’envolée des tarifs VN, pièces détachées…etc. :whistle:
 



Peut être aussi du coté des rémunérations du big boss :sarcastic:

Paradoxal comme suggestion, car sa rémunération est à 95% constituée de primes d'objectifs... Donc si elle baisse c'est qu'il n'aura pas atteint ses objectifs, et donc probablement que la marge diminuera voire deviendra négative ! Par ailleurs cela ne représente que 4 à 5€ par voiture vendues, et beaucoup moins et seulement quelques centimes si les affaires marchaient mal.

Sinon pour diminuer les coûts il existe une voie royale... transférer la fabrication en dehors de France ! C'était la trouvaille "géniale" du polytechnicien Serge Tchuruk ancien PDG d'Alcatel : "l'entreprise sans usines", son entreprise a disparu car elle est devenue une entreprise sans client ce qui n'est évidemment pas le cas de la France plutôt en chemin du pays sans entreprise, ce qui règlera le problème de tous ceux qui pensent que leur voisin gagne trop d'argent, surtout s'il est PDG, mais curieusement pas footballeur...
 


«Mais Stellantis va également s’atteler à résoudre quelques soucis outre-Atlantique, où ses parts de marché sont en baisse à 8,5%, contre 12,5% en 2020. «Les pertes de parts de marché ont été le talon d'Achille du groupe au cours des deux dernières années», rappelle Michael Tyndall chez HSBC. Après quelques mois de tergiversations, Stellantis ne fait pas mystère des difficultés qu’il rencontre sur le marché nord-américain : prix trop élevés par rapport à la concurrence couplés à «un manque de rigueur dans la commercialisation de nos véhicules», stocks de véhicule trop important, difficultés de fabrications dans au moins deux usines américaines (dont les noms n’ont pas été précisés). «J’ai été arrogant», a conclu Carlos Tavares face à des investisseurs désormais largement convaincus par la gestion financière efficace du paquebot aux quatorze marques, mais encore sceptiques quant à la capacité du groupe à lancer de nouveaux produits différenciants et couronnés de succès.»
Source : usinenouvelle.com

La "dégustation du chapeau" a déjà commencé… :whistle:
 

Peut être aussi du coté des rémunérations du big boss :sarcastic:
Par rapport à la demande de Elon (56 MILLIARDS), CT est petit joueur.
Surtout que tout le monde parle de rémunérations mais sans distinguer ce qui est la vraie rémunération versus une prime exceptionnelle : la 1ère est récurrente, la 2ème pas du tout
 



Et il y a surtout une prime exceptionnelle de 10 M€ pour la réussite de la fusion Stellantis.
Cette prime ne sera donc pas dans les futurs salaires de CT, car unique.

En tout cas, 2 M€ de rémunération pour un patron d'une boite de ce niveau, vs les x M€ juste pour taper dans une balle, c'est bizarre comme personne ne dit que pour ce dernier c'est trop cher payé.
 
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Quand tu passes de 12.5 à 8.5, c'est que tu as perdu 30% de ventes.
Oui, mais non ! la baisse est de 10% en nombre de véhicules, entre les 1er trimestre 2023 et 2024, la référence a 2020 n'est pas appropriée (pour l'instant la marge n'est pas connue, Tavarès vise toujours l'amélioration du mix on verra aux semestriels) :

 

La baisse de PdM de 12,5 à 8,5% concerne les années 2020 à fin 2023 (analyse du bilan de l’année 2023). La "tendance baissière" des ventes du groupe a malheureusement l’air de se poursuivre sur 2024… en s’ajoutant aux - mauvais - chiffres précédents… :spamafote:
 
Dernière édition:

Mais en 2020 Stellantis n'existait pas ! Et les chiffres important les voilà : (ici en 2020 c'est encore PSA) :

1718628061806.png

Et vous parlez de mauvais chiffres parce que vous êtes attachés aux volumes, alors que clairement Tavarès a fait le choix contrairement à l'Alliance de Ghosn de monter en gamme donc, en prix et marges des produits donc logiquement risquer de voir les volumes diminuer, mais pas forcément les résultats comme il l'a déjà largement montré avec PSA. Lucas di Meo a choisi de faire évoluer Renault de la même manière, car les européens savent parfaitement qu'en terme de volume il faut désormais se battre avec les chinois qui disposent d'un formidable avantage concurrentiel et même dans le cas de l'électrique, un avantage technologique sur les batteries difficile à rattraper. Et cependant en 2022 Stellantis a vendu 6,2 millions de véhicules contre 5,8 en 2021. Le retrait en terme de CA et de volumes au 1er trimestre, n'a en fait pour l'instant aucune signification.

Par comparaison voici le même tableau pour Renault :

1718628612638.png



Pas besoin d'avoir fait polytechnique pour voir que Renault avec 3 fois moins de CA fait 10 fois moins de résultat, quelle que soit par ailleurs le volume de ses ventes, et a donc moins de marge de manœuvre pour investir, ce qui est fondamental actuellement.
 


Au-delà des chiffres qui sont des instantanés cycliques assez fugaces, dans un sens comme dans l’autre, si CT fait, sur lui-même, une inédite auto-critique publique en parlant - à son sujet - "d’arrogance", c’est qu’il se rend bien compte que SA stratégie et SA logique ont des limites industrielles et économiques en ne réagissant pas tout à fait comme il l’avait prévu… sur le papier ou en CA…
 

ces derniers temps, je vois davantage le positionnement de Stellantis comme un cheval de Troie, à proposer aux Chinois, pour les marchés européens et américains.
De toutes les marques, elle est la mieux placée sur plusieurs continents (et probablement la plus malléable à un débat de type plus financier qu’industriel).
Si telle est la stratégie, il sera difficile de prévoir qui sera en mesure d’assurer le commandement effectif (pendant les épreuves et à la fin).
En partie à cause des incertitudes du marché et de l'intérêt mutuel qui en résulte, en partie à cause des politiques en matière de droits d'importation.
En attendant, ce n’est certainement pas un mauvais résultat que d’augmenter les profits face à une baisse de la production.
Une situation utile pour la gestion (pour les bonus) et pour la finance globale (elle permet de valoriser en cas de vente d'actions - peut-être à l'Est).
Sur la base des choix qui seront faits (au cours des deux prochaines années), il sera possible de mieux définir quel sera l'objectif final.
Pour l’instant, les annonces semblent suivre ce premier schéma :
- Je réduis le plan d'investissement annoncé (réduction des situations de production actuelles ou planifiées).
- Je réduis les ventes de véhicules de marque européenne (augmentation du profit)
- J'utilise des usines européennes (désaffectées ou à capacité réduite) pour produire également des véhicules leapmotor.
- J'utilise l'entrepôt MOPAR pour stocker les pièces détachées du leapmotor.
- J'utilise également les revendeurs et le réseau de service pour leapmotor (même s'il est annoncé séparément).
- J'annonce aux partenaires du composant historique que je pourrais me tourner vers d'autres (peut-être d'origine chinoise)
À l’avenir, je pourrais même proposer quelques idées sur d’éventuelles actions/annonces.
Cependant, je voudrais aussi laisser aux autres membres du forum le soin d'exprimer s'ils ont une perception similaire ou d'autres sensations.
 
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L’impitoyable chasse aux coûts de Carlos Tavares chez Stellantis​


Déjà champion de la gestion « low cost », le directeur général souhaite que 80 % de ses achats viennent de pays à bas coût d’ici à 2028 afin de faire monter sa rentabilité et son cours de Bourse. Il refuse de s’interroger sur l’impact politique des pertes d’emplois qui en résulterait.

Par Sophie Fay ( Detroit (Etats-Unis) )


« On ne fait plus des voitures, on fait du fric. » Calme et pondéré, Benoît Vernier, délégué syndical central CFDT de Stellantis, n’a pas pour habitude de forcer le trait. Mais il regarde son entreprise avec inquiétude. Avec le recul des ventes de voitures électriques, une 3008 à batteries dont la production ne démarre pas sur les chapeaux de roues, les stocks qui s’empilent aux Etats-Unis, la pression sur les résultats est maximale.




Pour tenir les objectifs annoncés aux marchés financiers, Carlos Tavares coupe à la hache dans les coûts et dans les effectifs. Une méthode à laquelle se sont résignés les salariés lorsqu’il a fallu sauver PSA en 2014, puis réussir la fusion avec Fiat Chrysler en 2021, mais qui devient de plus en plus difficile à accepter : « On ne sait pas où Carlos Tavares va s’arrêter, notamment sur la recherche et développement » s’interroge M. Vernier. Au Brésil ou en Inde, un ingénieur revient 25 % à 30 % moins cher qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Stellantis veut en profiter. Qu’est-ce qui restera en France à terme ? De l’autre côté des Alpes, les syndicats italiens se posent les mêmes questions.




Mais ils ne sont plus les seuls. Et la méthode Tavares commence à faire douter, au-delà de ses détracteurs habituels comme les représentants des salariés. Dans une note publiée le 21 mai, Philippe Houchois, analyste financier chez Jefferies, met en garde : « Nous sentons des signes de fatigue dans les équipes de Stellantis, à cause des départs et des inquiétudes sur la capacité du constructeur à rattraper les parts de marché perdues ou à s’ajuster encore à la baisse des volumes. »


Interpellé par le douanier​


Depuis la fusion, la part de marché aux Etats-Unis est tombée de 12,6 % à 8,5 % et celle de Stellantis en Europe de 21,6 % à 16,5 %. Vertigineux, même si les marques vendent leurs modèles plus cher, avec des marges plus fortes. L’analyste note aussi que les relations de Carlos Tavares avec « l’écosystème industriel » – ses fournisseurs mais aussi ses distributeurs – sont très tendues. Il s’interroge donc : la stratégie de Stellantis « est-elle allée trop loin ? ». La marge opérationnelle du groupe, qui s’était envolée au niveau de celle de Mercedes en 2023, est retombée au début de cette année. Il interpelle le patron : « Carlos Tavares s’est-il endormi derrière le volant ? »


Pour répondre à ces interrogations, Stellantis a réuni, pour un « capital market day », analystes et investisseurs à Auburn Hills (Michigan), son siège américain, le 13 juin. A son arrivée à l’aéroport de Detroit, l’un des participants venu d’Europe a été interpellé par le douanier : « Ah, vous venez chez Stellantis. Vous allez parler du dernier plan de départs ? » La suppression de 400 postes d’ingénieurs annoncée en mars a marqué les esprits. Entre 2021 et 2023, les effectifs de Stellantis ont fondu de 12 % en Europe, de 13 % aux Etats-Unis. En France, un accord de rupture conventionnelle collective vise à faire partir 1 300 personnes supplémentaires d’ici à août 2025. Des dizaines d’employés des sites informatiques sont, eux, transférés chez un prestataire de services, Kyndryl (ex-IBM). Le marché automobile, il est vrai, n’a jamais retrouvé, hors de Chine, les volumes de vente qu’il avait avant la pandémie de Covid-19.


Pour justifier sa stratégie, qu’il applique sans états d’âme, Carlos Tavares rappelle sans cesse sa vision « darwinienne » du monde de l’automobile. Il est convaincu qu’un vaste mouvement de concentration va se produire autour de cinq constructeurs de taille mondiale, dont Tesla, Toyota, un géant chinois et, promet-il, Stellantis. Pour faire partie des survivants, il ne voit qu’une solution : dégager une marge opérationnelle plus élevée que celle de ses concurrents et soigner ses actionnaires, pour faire monter sa valeur en Bourse.


A Auburn Hills, il leur a promis le versement de 7,7 milliards d’euros de dividendes et de rachats d’actions en 2024 et vise, pour 2025, la fourchette supérieure de sa politique de distribution de dividendes (25 à 30 % du bénéfice). Qui voudrait-il racheter ? Dans une note, Michael Foundoukidis, analyste pour la banque Oddo, parie sur General Motors, qui n’a pas d’activités en Europe, même si une telle fusion poserait d’énormes questions de concurrence.



Encore faut-il, pour cela, être plus compétitif que ses rivaux chinois. Même « si la vague est beaucoup plus forte que tout ce que nous imaginions il y a trois ou quatre ans », pas question « d’être sur la défensive », prévient Carlos Tavares, qui veut « surfer dessus ». Aucun remerciement, donc, à la Commission européenne qui tente de protéger l’industrie européenne. « Ceux qui se sentent protégés par les droits de douane sont naïfs. La seule protection qui existe, c’est la performance, insiste Carlos Tavares. C’est ce que j’explique sans cesse à mes syndicats. » Les constructeurs qui ne réduiront pas l’écart de coûts avec les marques chinoises – qu’il estime à 30 % – deviendront des proies. « Les opportunités seront évidentes », affirme-t-il.


Sur la même base technologique​


Sa potion pour réduire les coûts est clairement affichée. Ned Curic, le directeur de la technologie, a rappelé la première phase : Stellantis s’organise pour que les voitures de ses 14 marques soient conçues sur la même base technologique, la même « plate-forme », ce qui ne les empêchera pas d’avoir un look ou une sensation de conduite différents. Le groupe vise six plates-formes au total (très petites/petites/grandes/moyennes voitures et utilitaires), au lieu de 21 aujourd’hui.


« La plate-forme STLA Medium, inaugurée cette année avec le lancement du nouveau Peugeot 3008, sera également utilisée pour l’Opel Grandland, la Citroën C5 Aircross, la Peugeot 5008, la Jeep Compass, etc. avec, au total, près de 20 modèles déjà programmés d’ici à 2027 », cite en exemple Michael Foundoukidis. Ces plates-formes sont « multi-énergie », elles permettent donc de faire des voitures en version hybride, hybride rechargeable ou tout-électrique. Dès 2027, Stellantis pense ainsi produire des véhicules électriques au même coût que les thermiques, malgré le prix de la batterie. Une prouesse.


A cette rationalisation s’ajoute la chasse aux coûts dans les usines. L’assemblage représente 10 % du prix de revient de la voiture : « L’objectif est de le baisser de 40 % d’ici à 2030 », indique Arnaud Debœuf, directeur industriel, qui a déjà fait une partie du chemin.


Mais c’est surtout chez les fournisseurs que Carlos Tavares lance, depuis plus d’un an, son offensive. Les pièces achetées aux équipementiers représentent 84 % du coût de la voiture, selon Maxime Picat, le directeur des achats. Pour Carlos Tavares, il n’y a qu’une solution : d’ici 2028, 80 % des approvisionnements devront venir de pays à bas coût. Stellantis réalise 132 milliards d’euros d’achats par an. Il pousse ses fournisseurs à produire là où ils ont les meilleurs prix, saluant la compétitivité des usines brésiliennes ou du site de Kénitra au Maroc, « déjà au niveau des concurrents chinois ».


Le fruit de ces efforts est déjà spectaculaire, selon Nathalie Knight, la directrice financière. Elle estime que Stellantis dépense en moyenne 905 millions d’euros pour développer un modèle là où ses principaux concurrents (Ford, Toyota, Volkswagen, BMW…) ont besoin de 2,6 milliards. Par voiture, Stellantis dépenserait 2 053 euros d’investissement et de recherche et développement, contre 4 217 euros pour les autres.


« J’ai été arrogant »​


Faut-il aller plus loin ? « Se demander s’il y a une limite à nos réductions de coûts, c’est comme se demander s’il y a des limites à nos cerveaux. J’assume pleinement cette démarche », insiste Carlos Tavares, qui ne s’estime absolument pas responsable des conséquences politiques des délocalisations à venir et des emplois perdus en France, en Italie ou aux Etats-Unis. « Ce n’est pas moi qu’il faut interroger sur ce sujet, rétorque-t-il, mais les dirigeants politiques et la Commission européenne qui ont pris la décision d’imposer la fin de la vente des voitures thermiques en 2035 sans faire d’étude d’impact. »



La seule limite qu’il reconnaît à sa stratégie est commerciale. Sa part de marché en Amérique du Nord, là où les marges sont les plus élevées, a encore perdu 1,7 % en mai par rapport à mai 2023. Plusieurs dirigeants historiques dans cette région ont choisi de quitter le groupe. « J’ai été arrogant, a reconnu Carlos Tavares, je n’ai pas vu venir les problèmes. » Plusieurs analystes ont salué sa transparence, mais s’interrogent in petto : à force de réduire les coûts ne manque-t-il pas d’yeux pour voir ? L’action Stellantis, qui n’est pourtant pas chère, de l’avis des experts, a dégringolé de 6,7 % dans les trois jours qui ont suivi le capital market day, une chute plus rapide que celle du CAC 40.


Source Le Monde : https://www.lemonde.fr/economie/art...aux-couts-de-carlos-tavares_6240990_3234.html
 
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En mode - of - course, on appelle ça "faire du "sur-régime"… en klaxonnant… :whistle:
 

L’impitoyable chasse aux coûts de Carlos Tavares chez Stellantis​


Déjà champion de la gestion « low cost », le directeur général souhaite que 80 % de ses achats viennent de pays à bas coût d’ici à 2028 afin de faire monter sa rentabilité et son cours de Bourse. Il refuse de s’interroger sur l’impact politique des pertes d’emplois qui en résulterait.

Par Sophie Fay ( Detroit (Etats-Unis) )


« On ne fait plus des voitures, on fait du fric. » Calme et pondéré, Benoît Vernier, délégué syndical central CFDT de Stellantis, n’a pas pour habitude de forcer le trait. Mais il regarde son entreprise avec inquiétude. Avec le recul des ventes de voitures électriques, une 3008 à batteries dont la production ne démarre pas sur les chapeaux de roues, les stocks qui s’empilent aux Etats-Unis, la pression sur les résultats est maximale.




Pour tenir les objectifs annoncés aux marchés financiers, Carlos Tavares coupe à la hache dans les coûts et dans les effectifs. Une méthode à laquelle se sont résignés les salariés lorsqu’il a fallu sauver PSA en 2014, puis réussir la fusion avec Fiat Chrysler en 2021, mais qui devient de plus en plus difficile à accepter : « On ne sait pas où Carlos Tavares va s’arrêter, notamment sur la recherche et développement » s’interroge M. Vernier. Au Brésil ou en Inde, un ingénieur revient 25 % à 30 % moins cher qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Stellantis veut en profiter. Qu’est-ce qui restera en France à terme ? De l’autre côté des Alpes, les syndicats italiens se posent les mêmes questions.




Mais ils ne sont plus les seuls. Et la méthode Tavares commence à faire douter, au-delà de ses détracteurs habituels comme les représentants des salariés. Dans une note publiée le 21 mai, Philippe Houchois, analyste financier chez Jefferies, met en garde : « Nous sentons des signes de fatigue dans les équipes de Stellantis, à cause des départs et des inquiétudes sur la capacité du constructeur à rattraper les parts de marché perdues ou à s’ajuster encore à la baisse des volumes. »


Interpellé par le douanier​


Depuis la fusion, la part de marché aux Etats-Unis est tombée de 12,6 % à 8,5 % et celle de Stellantis en Europe de 21,6 % à 16,5 %. Vertigineux, même si les marques vendent leurs modèles plus cher, avec des marges plus fortes. L’analyste note aussi que les relations de Carlos Tavares avec « l’écosystème industriel » – ses fournisseurs mais aussi ses distributeurs – sont très tendues. Il s’interroge donc : la stratégie de Stellantis « est-elle allée trop loin ? ». La marge opérationnelle du groupe, qui s’était envolée au niveau de celle de Mercedes en 2023, est retombée au début de cette année. Il interpelle le patron : « Carlos Tavares s’est-il endormi derrière le volant ? »


Pour répondre à ces interrogations, Stellantis a réuni, pour un « capital market day », analystes et investisseurs à Auburn Hills (Michigan), son siège américain, le 13 juin. A son arrivée à l’aéroport de Detroit, l’un des participants venu d’Europe a été interpellé par le douanier : « Ah, vous venez chez Stellantis. Vous allez parler du dernier plan de départs ? » La suppression de 400 postes d’ingénieurs annoncée en mars a marqué les esprits. Entre 2021 et 2023, les effectifs de Stellantis ont fondu de 12 % en Europe, de 13 % aux Etats-Unis. En France, un accord de rupture conventionnelle collective vise à faire partir 1 300 personnes supplémentaires d’ici à août 2025. Des dizaines d’employés des sites informatiques sont, eux, transférés chez un prestataire de services, Kyndryl (ex-IBM). Le marché automobile, il est vrai, n’a jamais retrouvé, hors de Chine, les volumes de vente qu’il avait avant la pandémie de Covid-19.


Pour justifier sa stratégie, qu’il applique sans états d’âme, Carlos Tavares rappelle sans cesse sa vision « darwinienne » du monde de l’automobile. Il est convaincu qu’un vaste mouvement de concentration va se produire autour de cinq constructeurs de taille mondiale, dont Tesla, Toyota, un géant chinois et, promet-il, Stellantis. Pour faire partie des survivants, il ne voit qu’une solution : dégager une marge opérationnelle plus élevée que celle de ses concurrents et soigner ses actionnaires, pour faire monter sa valeur en Bourse.


A Auburn Hills, il leur a promis le versement de 7,7 milliards d’euros de dividendes et de rachats d’actions en 2024 et vise, pour 2025, la fourchette supérieure de sa politique de distribution de dividendes (25 à 30 % du bénéfice). Qui voudrait-il racheter ? Dans une note, Michael Foundoukidis, analyste pour la banque Oddo, parie sur General Motors, qui n’a pas d’activités en Europe, même si une telle fusion poserait d’énormes questions de concurrence.



Encore faut-il, pour cela, être plus compétitif que ses rivaux chinois. Même « si la vague est beaucoup plus forte que tout ce que nous imaginions il y a trois ou quatre ans », pas question « d’être sur la défensive », prévient Carlos Tavares, qui veut « surfer dessus ». Aucun remerciement, donc, à la Commission européenne qui tente de protéger l’industrie européenne. « Ceux qui se sentent protégés par les droits de douane sont naïfs. La seule protection qui existe, c’est la performance, insiste Carlos Tavares. C’est ce que j’explique sans cesse à mes syndicats. » Les constructeurs qui ne réduiront pas l’écart de coûts avec les marques chinoises – qu’il estime à 30 % – deviendront des proies. « Les opportunités seront évidentes », affirme-t-il.


Sur la même base technologique​


Sa potion pour réduire les coûts est clairement affichée. Ned Curic, le directeur de la technologie, a rappelé la première phase : Stellantis s’organise pour que les voitures de ses 14 marques soient conçues sur la même base technologique, la même « plate-forme », ce qui ne les empêchera pas d’avoir un look ou une sensation de conduite différents. Le groupe vise six plates-formes au total (très petites/petites/grandes/moyennes voitures et utilitaires), au lieu de 21 aujourd’hui.


« La plate-forme STLA Medium, inaugurée cette année avec le lancement du nouveau Peugeot 3008, sera également utilisée pour l’Opel Grandland, la Citroën C5 Aircross, la Peugeot 5008, la Jeep Compass, etc. avec, au total, près de 20 modèles déjà programmés d’ici à 2027 », cite en exemple Michael Foundoukidis. Ces plates-formes sont « multi-énergie », elles permettent donc de faire des voitures en version hybride, hybride rechargeable ou tout-électrique. Dès 2027, Stellantis pense ainsi produire des véhicules électriques au même coût que les thermiques, malgré le prix de la batterie. Une prouesse.


A cette rationalisation s’ajoute la chasse aux coûts dans les usines. L’assemblage représente 10 % du prix de revient de la voiture : « L’objectif est de le baisser de 40 % d’ici à 2030 », indique Arnaud Debœuf, directeur industriel, qui a déjà fait une partie du chemin.


Mais c’est surtout chez les fournisseurs que Carlos Tavares lance, depuis plus d’un an, son offensive. Les pièces achetées aux équipementiers représentent 84 % du coût de la voiture, selon Maxime Picat, le directeur des achats. Pour Carlos Tavares, il n’y a qu’une solution : d’ici 2028, 80 % des approvisionnements devront venir de pays à bas coût. Stellantis réalise 132 milliards d’euros d’achats par an. Il pousse ses fournisseurs à produire là où ils ont les meilleurs prix, saluant la compétitivité des usines brésiliennes ou du site de Kénitra au Maroc, « déjà au niveau des concurrents chinois ».


Le fruit de ces efforts est déjà spectaculaire, selon Nathalie Knight, la directrice financière. Elle estime que Stellantis dépense en moyenne 905 millions d’euros pour développer un modèle là où ses principaux concurrents (Ford, Toyota, Volkswagen, BMW…) ont besoin de 2,6 milliards. Par voiture, Stellantis dépenserait 2 053 euros d’investissement et de recherche et développement, contre 4 217 euros pour les autres.


« J’ai été arrogant »​


Faut-il aller plus loin ? « Se demander s’il y a une limite à nos réductions de coûts, c’est comme se demander s’il y a des limites à nos cerveaux. J’assume pleinement cette démarche », insiste Carlos Tavares, qui ne s’estime absolument pas responsable des conséquences politiques des délocalisations à venir et des emplois perdus en France, en Italie ou aux Etats-Unis. « Ce n’est pas moi qu’il faut interroger sur ce sujet, rétorque-t-il, mais les dirigeants politiques et la Commission européenne qui ont pris la décision d’imposer la fin de la vente des voitures thermiques en 2035 sans faire d’étude d’impact. »



La seule limite qu’il reconnaît à sa stratégie est commerciale. Sa part de marché en Amérique du Nord, là où les marges sont les plus élevées, a encore perdu 1,7 % en mai par rapport à mai 2023. Plusieurs dirigeants historiques dans cette région ont choisi de quitter le groupe. « J’ai été arrogant, a reconnu Carlos Tavares, je n’ai pas vu venir les problèmes. » Plusieurs analystes ont salué sa transparence, mais s’interrogent in petto : à force de réduire les coûts ne manque-t-il pas d’yeux pour voir ? L’action Stellantis, qui n’est pourtant pas chère, de l’avis des experts, a dégringolé de 6,7 % dans les trois jours qui ont suivi le capital market day, une chute plus rapide que celle du CAC 40.


Source Le Monde : https://www.lemonde.fr/economie/art...aux-couts-de-carlos-tavares_6240990_3234.html
Interessant tout ca. Mais , travaillant dans une multinationale d'un autre secteur, je sais aussi pertinemment que tous ces discours et chiffres ne reflètent qu'une partie de la réalité globale. L'industrie des multinationale est un monde complexe , dans laquelle rien n'est finalement vraiment clair malgré un paquet de normes et classements financiers ( hormis le "chèque" , image, que reçoit l'actionnaire) .
Deja une simple remarque sur le ration bénéfice groupe/vehicule produit . Au prix ou sont vendus les autos ( genre 25000 euros HT) il est impossible de faire 5000 euros de bénéfices ( c'est meme pas la marge nette possible ). Les grands groupes industriels sont avant tout des groupes financiers qui s'appuient sur une base commerciale grand public devant générer du cash . Mais à partir de ce cash il faut "fructifier" le mieux possible et de toutes les manières possibles ( en interne comme externe) le résultat final. Le principal travail d'un PDG actuel est la.
Rajouter 2000 euros au prix TTC d'une auto de 30000 euros ne va pas rajouter des milliards de gain instantanément ( ca va rapporter quelques dizaines de millions au mieux ) au bilan annuel du groupe ou dans la poche des actionnaires. Deja que chaque maillon de la chaine ( production, commercialisation, distribution et vente par exemple ) va chercher ( c'est leur but à aux aussi ) à recupérer de l'argent pour leur profit .
 
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