La RCZ Racing Cup effectue ses débuts dans l’Hexagone à l’occasion de la première étape du GT Tour à Lédenon. Bruno Famin, Directeur de Peugeot Sport, connaît bien la nouvelle voiture de course développée par le constructeur français. Il revient sur la création de ce modèle de compétition et sur sa philosophie.
Bruno, comment est née la RCZ Racing Cup ?
«Le dérivé compétition de la RCZ est né naturellement. De par son look et son aspect premium, il n’y avait guère de place au doute quant à son lancement en course. La RCZ a l’allure d’une petite GT et s’inscrit dans la tradition des formules de promotion Peugeot Sport, dans l’esprit de la 206 RCC notamment. Nous avons travaillé sur cette version compétition dès le lancement du modèle de série. Nous avons effectué un solide développement technique pour réaliser un produit correspondant à l’image de la RCZ et de la montée en gamme qu’elle symbolise. Nous avons pris le temps de bien faire les choses.»
Qu’est ce qui diffère la RCZ Racing Cup qui évolue sur circuit de son homologue sur route ?
«Les modifications sont diverses : la voiture a été allégée, le moteur 1,6l turbo, parfaitement connu chez nous, a été boosté à 250 chevaux. Il y a désormais la boîte séquentielle, bien dimensionnée, avec palettes au volant. Nous avons voulu proposer un affichage de qualité au niveau du poste de commandes. Quant à la gestion électronique, elle est logiquement spécifique à la course. Enfin, un gros travail a été fourni au niveau des trains roulants. Les pilotes soulignent d’ailleurs les qualités du châssis. Tout en sachant que nous avons compris tout cela dans une fourchette budgétaire très raisonnable.»
A quel point est-ce difficile de développer une voiture qui est destinée à un panel très large de pilotes ?
«Cela ne joue pas énormément dans la mesure où le choix s’est porté sur la fiabilité et le plaisir de conduite. Nous avons effectué de nombreux roulages, sur différents circuits et avec des pilotes de différents profils. Il y avait des pilotes qui ont participé au programme 908, des pilotes comme Grégory Guilvert (vainqueur de la première course GT ce week-end) mais également des pilotes qui ont participé aux rencontres Peugeot. Notre but était clair : nous ne voulions pas d’une voiture de spécialiste. Par conséquent, il fallait tenir compte des avis de tout le monde. Nous avons pu aussi nous appuyer sur notre longue expérience des formules de promotion.»
Comment se traduit l’apport des pilotes qui ont participé au programme 908 ?
«Leurs avis ont été utiles dans le sens où nous les connaissons parfaitement et où nous sommes du coup certains de leur feedback. Mais comme je l’ai dit, nous avons fait attention à l’accessibilité de cette auto qui est destinée, entre autres, à une formule monotype. La performance absolue n’était pas une priorité. C’était le plaisir partout et pour tous.»
Et cela se traduit par la capacité de courir sur des courses plus ou moins longues…
«Effectivement. Nous avons travaillé spécifiquement sur un kit « réversible » pour les courses d’Endurance, et nous y travaillons encore. Cela concerne plusieurs évolutions, notamment sur les amortisseurs – qui sont réglables pour des épreuves telles que celles disputées au Nürburgring – mais aussi la capacité du réservoir ou encore la position de l’aileron. Dès le départ, notre volonté était de ne pas se limiter à du sprint. Cela s’inscrit dans une vraie logique d’avoir un produit capable de rouler à la fois en sprint et en endurance.»
Comment se passe ce retour sur le Championnat de France des Circuits ?
«J’ai l’habitude de venir à plusieurs occasions sur les circuits français, sur les rencontres Peugeot Sport par exemple. Ce retour, si on peut l’appeler comme cela, se passe bien. Il se déroule dans un bel écrin, le GT Tour. Je suis agréablement surpris par la qualité générale du plateau, du paddock et des animations. La qualité est au rendez-vous, avec des teams qui abordent la compétition intelligemment en s’engageant dans plusieurs disciplines. La formule du GT Tour est belle et correspond bien à l’image que nous souhaitons véhiculer avec la RCZ.»
Pas d’appréhension pour le baptême de la RCZ Racing Cup en France ?
«La Peugeot RCZ a déjà couru en Italie et en Allemagne. Cette première en France marque le début d’une belle saison, chargée et charnière avec le lancement de la RCZ donc, et les programmes à venir qui seront annoncés sous peu, avec la 208 et ses dérivés. Peugeot s’est toujours appuyé sur la compétition-client et la RCZ poursuit cette longue histoire. J’ai fait un tour du paddock et j’ai été rassuré par la qualité. Il n’y a pas d’appréhension. C’est un beau coup d’envoi !»