Bonsoir,
Pour apporter un semblant de réponse... et en essayant de faire au plus simple (que mes confrères me pardonnent si mes propos n'ont pas ici une précision médicale universitaire

)
1)
Que se passe-t-il dans l'organisme quand une toxine, une bactérie ou un virus y pénètre ?
Quand une toxine pénètre dans l'organisme, ses antigènes (protéïnes spécifiques présentes à la surface de la toxine) sont reconnues par l'organisme comme "étrangères". L'organisme va alors fabriquer des Anticorps qui vont aller spécifiquement se fixer sur ces antigènes (comme des légos) et ainsi "marquer" la toxine pour qu'elle puisse être reconnue par les cellules "tueuses" (certains globules blancs : les macrophages). C'est ainsi que les organismes indésirables sont tués et éliminés.
Problème : cette fabrication d'anticorps prend du temps (entre 10 et 21 jours). Donc, au premier contact avec une maladie, si les anticorps ne sont pas déjà présent, les organismes toxiques ont largement de quoi rendre malade avant que l'organisme n'ait le temps de réagir.
C'est pourquoi on tombe malade la première fois qu'on est en contact avec une maladie (par exemple, la rougeole ou les oreillons). Mais qu'ensuite, on est immunisé puisque l'organisme a déjà des anticorps "tout prêts" dirigés contre ladite maladie et que l'élimination peut se faire très vite...
2)
Le principe du vaccin
C'est de faire fabriquer à l'organisme des anticorps contre un virus ou une bactérie sans qu'il soit contaminé.
Pour celà, grossièrement, on "détruit" sélectivement le virus pour qu'il ne subsiste que ses antigènes (les parties externes qui l'identifient et qui permettent à l'organisme de fabriquer les anticorps). Ces antigènes ne sont pas pathogènes (ne rendent pas malades). Donc, on injecte via le vaccin des antigènes du virus (ou de la bactérie) contre le ou laquelle on veut se protéger. L'organisme va fabriquer les anticorps adéquats et lorsque la "vraie" maladie se présentera, l'organisme disposera de son arsenal tout fait et l'éliminera de suite.
C'est un peu comme si on présentait à des militaires un char d'assaut ennemi vide pour qu'ils puissent le reconnaitre et adapter leur riposte le jour où des vrais chars arriveront
3)
La fabrication des vaccins
Ca se complique et Kham en parlerait mieux que moi. On peut utiliser des virus vivants atténués (de plus en plus rares), des antigènes de surface isolés, des fractions de "capside" (enveloppe), etc, etc...
Les virus sont cultivés sur protéine de l'oeuf en général (sauf dans le cas de la grippe aviaire... puisque le H5N1 détruisait - et c'est logique - les oeufs. D'où plus de soucis pour fabriquer des vaccins. On utilise le génie génétique, mais c'est long et cher) ou sur des cellules diverses (merci les souris chinoises

)...
Ces parties de virus sont mélangées ou non à un ou plusieurs adjuvants censés améliorer la stabilité, la conservation et le pouvoir antigénique du vaccin (sa "force" d'action, en quelque sorte)
C'est de ces adjuvants qu'est partie en grande partie la polémique car ils peuvent ne pas être dénués d'effets secondaires.
Dans le cas ô combien médiatique du rapport vaccin hépatite-B & sclérose en plaque, l'adjuvant (de l'aluminium dans ce cas) a été mis en cause car retrouvé dans les plaques amyloïdes (zones séquelles de la SEP). Ceci-dit, il y a de l'aluminium dans tous les déos anti-transpirants !!! Et ça passe dans le sang. Pourtant, pas de polémique là dessus
4)
Pourquoi se vaccine-t-on chaque année contre la grippe saisonnière... et pas contre les oreillons ?
Parce que le virus des oreillons est stable et ne mute pas. Quand on l'a rencontré une fois, les anticorps sont valables ± à vie. Alors que dans le cas de la grippe saisonnière, le virus change d'une année sur l'autre...
5)
Pourquoi des rappels ?
Dans certains cas, les anticorps (ils en existes plusieurs types : IgG, IgE, IgM...) n'ont pas une durée de vie éternelle. Il faut donc refaire son stock périodiquement (cas du Tétanos : rappel tous les 10 ans, par exemple)
6)
Cas du fameux vaccin contre la grippe A H1N1
C'est là qu'est toute la polémique.
Avant toute chose, il faut savoir que bricoler son système immunitaire n'est pas anodin. Par exemple, on fait tous une petite centaine de "cancers débutants" PAR JOUR !!! Et ils sont stoppés par notre système immunitaire (en partie) et nos mécanismes de régulation de la reproduction cellulaire.
De plus, le système immunitaire peut être lui-même la source de maladies. Ce sont les maladies auto-immunes (dans lesquelles l'organisme réagit contre lui-même). Cas de la polyarthrite rhumatoïde, de la maladie de Crohn, du Lupus, etc, etc... Et pour freiner ces maladies, et bien, on réduit via des médicaments notre système immunitaire...
Revenons au vaccin
Faut-il se vacciner ?
Je me garderai bien d'apporter une réponse...
a) Si ce n'est que :
- si vous êtes affaiblis par une maladie longue et grave (cancer, infarctus récent, diabète important) ;
- si vous avez une pathologie respiratoire importante (asthme, bronchite chronique importante, emphysème, insuffisance respiratoire)
- si il y a dans votre entourage proche une personne dans ce cas
Alors OUI, le rapport bénéfice/risque du vaccin H1N1 vaut le coup ;
b) Si vous êtes en bonne santé...
Pas de réponse. Chacun fait comme il l'entend. La vaccination de masse empêchera un blocage important de l'économie, c'est sur. Mais on n'a pas de recul sur ce vaccin qui semble (peut-être) avoir été un peu fait rapidement... A tel point qu'on ne sait pas si il faudra 1 ou 2 injection(s) (un coup oui, un coup non)...
Les virologues prévoient une épidémie qui va durer 24 mois... Le temps que le virus fassent 2 fois le tour de la terre chaque saison... Et que tout le monde ait été en contact avec !
Voilà. Vous en savez un peu plus sur les vaccins, mais pas si vous devez vous vacciner

. Avec mes excuses !!!
Amicalement,
G2
Edit : à titre perso, mon entourage et moi-même nous nous vaccinons tous les ans - et cette année aussi - contre la grippe saisonnière. Ma décisions quant à la vaccination H1N1 n'est pas encore arrêtée à ce jour...