Tu connait pas la théorie de l'évolution , maintenant c'est la mise en pratique.
Quand Delhi éclipse Detroit
Le Salon de Detroit ouvre ses portes le 19 janvier prochain. A dix jours de la manifestation, on y parle plus des mauvaises ventes aux Etats-Unis que de nouveaux modèles. Pour l'originalité, il faut aller à Delhi, où le groupe industriel Tata présentait jeudi sa Nano, une mini-voiture populaire à 2500 dollars. Soit l'équivalent des deux tiers du salaire annuel moyen pour un Indien.
Faut-il se réjouir de ce que ce dernier puisse réaliser son rêve à quatre roues, soixante ans environ après l'Allemand avec sa VW et l'Italien avec sa Cinquecento? Ou s'inquiéter de ce que les réserves mondiales de pétrole vont s'épuiser plus vite, l'air de la planète se polluer davantage?
Telle que dévoilée, la Nano n'est pas révolutionnaire et doit encore faire ses preuves sur les routes. Ce n'est qu'une petite auto à essence qui vise la clientèle des familles, aujourd'hui entassées à quatre sur une motocyclette. On peut la juger insuffisamment écolo, comme le fait Nicolas Hayek (qui a lui-même raté son coup avec la Smart).
Cela étant, le coût écologique de la mobilité ne se limite pas à la consommation d'essence. Sur ce point, d'ailleurs, les Occidentaux n'ont pas de leçons à donner. Faut-il rappeler qu'aux Etats-Unis chaque voiture «brûle» 9,4 litres aux cent kilomètres et qu'un projet du Congrès prévoit d'abaisser cette moyenne à 6,7 litres... en 2020? Faut-il rappeler qu'en Suisse aucune mesure incitative sérieuse n'encourage les constructeurs à vendre des modèles moins gourmands?
L'exemple de la Nano montre que le pouvoir d'achat limité des consommateurs est une excellente incitation. Celui-ci amène à réinventer les processus industriels, à redécouvrir la simplicité.
Ford, Nissan, Renault, VW: toutes ces marques investissent aujourd'hui en Inde pour construire des voitures à bas coûts. Le même phénomène est observé en Thaïlande, septième producteur d'automobiles mondial.
Dans un premier temps, ces modèles serviront les marchés locaux. Mais, comme l'illustre le précédent de la Logan imaginée par Renault, ils ne se limiteront pas à cela. La révolution automobile pourrait bien venir de l'Est.