Des Peugeot aux enchères
La première grande vente aux enchères de Peugeot d'exception aura lieu le 14 juin à Sochaux. Des petits bijoux sont au catalogue dont une Papamobile, deux F 1, une 905 estimée à plus d'un million d'euros...
Si le musée de l'aventure Peugeot, à Sochaux, organise le 14 juin prochain la toute première grande vente aux enchères de véhicules rares de la marque du Lion, ce n'est pas pour renflouer ses caisses ni pour faire face à la crise automobile. Loïc Henouïl, le directeur, souligne que l'objectif est au contraire « de se constituer une trésorerie pour continuer à enrichir le patrimoine du musée ».Depuis sa création, en 1988, le musée sochalien n'a jamais cessé d'acquérir des véhicules qui ont écrit l'histoire Peugeot (lire par ailleurs). Il en compte aujourd'hui plus de 450 contre une centaine il y a un peu plus de vingt ans.Mais voilà, pour exposer tout ce patrimoine, il faut de la place. Actuellement, seuls 150 modèles sont présentés au public, le reste étant stocké la majeure partie du temps dans des réserves.
Collections privées
« Au cours d'un inventaire, on s'est rendu compte que l'on pouvait avoir trois, quatre voire cinq modèles identiques. Certains devaient servir comme banques de pièces pour rénover les véhicules exposés. Mais l'expérience nous a montré qu'il n'était pas nécessaire de tous les garder », poursuit Loïc Henouïl. Au lieu de conserver des doublons qui dorment dans la poussière, la direction du musée a donc décidé de les mettre en vente afin d'enrichir son patrimoine. Pour mener à bien cet événement, il s'est rapproché d'Artcurial, la première maison française de ventes aux enchères. « Le musée proposera une trentaine de voitures. Mais ce panel n'est pas représentatif de toute l'histoire de l'aventure Peugeot. En plus d'organiser les enchères, Artcurial bouchera en quelque sorte les trous. Elle enrichira le catalogue avec des voitures de collections privées. On espère qu'elle dénichera des 403, 404 et 405 cabriolet qui sont très prisées par les collectionneurs », déclare encore Loïc Henouïl. Le clou de la vente sera l'une des neuf 905 fabriquées par Peugeot. « Il ne s'agit pas des modèles qui ont remporté les 24 h du Mans en 1992 et 1993. Mais la 905 EV 14 au catalogue a remporté plusieurs manches du championnat du monde des Sports Prototypes, notamment à Suzuka au Japon. Elle était pilotée par Mauro Baldi et Philippe Alliot ». Entièrement restaurée depuis plusieurs mois, son futur acquéreur pourra rouler avec sur des circuits privés. Le musée Peugeot espère la vendre autour du million d'euros.
À partir de 1.500 €
Parmi les autres pièces maîtresses mises à prix : une des deux « Papamobile » Peugeot, des maquettes de concept-cars ou encore les Jordan-Peugeot qui furent pilotées au milieu des années quatre-vingt-dix par Martin Brundle et Eddie Irvine. L'estimation dépasse les 100.000 € pour chacune des deux F 1.Les plus anciennes voitures au catalogue seront une Lion VC 2 de 1909 et une Bébé 1913. « La première roule et sur la seconde, il faudra prévoir des petits travaux », indique Loïc Henouïl. Le directeur du musée insiste surtout sur la variété des modèles mis en vente. Et le prix ! Pour certaines voitures de collection, les enchères débuteront à partir de « 1.500 € seulement ».
À la fin des 24 h du Mans
Les véhicules en vente seront exposés dès le vendredi 12 juin dans le salon Franche-Comté du musée. La vente aux enchères, elle, aura lieu le dimanche 14 juin. À partir de 16 h. La date et l'heure n'ont pas été choisies au hasard. Les enchères commenceront à Sochaux au moment où sur le circuit du Mans le commissaire de course agitera le drapeau à damiers. Avec l'espoir d'une victoire finale d'une 908 Peugeot, qui, si tel est le cas, finira forcément ses jours au musée sochalien.
Alexandre POPLAVSKY