"C’est une longue histoire d’amour qui vient de prendre fin brutalement. La décision de Malik Unia de courir en Super 1600 et l’excès de gourmandise du pilote estampillé Peugeot depuis 1996 ont poussé Michel Caillé à mettre un terme à leur collaboration après une saison en demi-teinte. Le directeur sportif du PSR se sépare ainsi de l’enfant chéri et gâté du rallye réunionnais et s’en explique. Olivier Payet préfère pour l’heure rester dans l’ombre. Il n’y aura plus de 206 WRC cette année.
Décembre 2002, aucun nuage ne semble assombrir l’horizon du couple Peugeot-Payet. “Le fils préféré”, comme l’appelle toujours Michel Caillé doit en toute logique continuer sa route dans le baquet de la 206 WRC. Cette semaine la nouvelle tombe sèchement, celui qui a tout gagné ici sous les couleurs du Lion, ne fait plus partie des plans du PSR au risque de faire grincer quelques dents et d’écorcher l’image du groupe tant son ancienne “vedette” était populaire et adulée d’une partie du public.
Entre temps, deux événements sont venus précipiter ce divorce que Michel Caillé voudrait à l’amiable ou du moins cordial en souvenir des jours heureux et ceux plus douloureux. Tout d’abord, l’annonce faite par Malik Unia et son team de faire une croix sur la Corolla WRC. Pris complètement au dépourvu, c’est un véritable contre-pied qu’inflige le triple champion de la Réunion à son rival. “Nous ne nous attendions pas à cela. Logiquement, en effet, Olivier devait être reconduit au volant de la WRC mais même si nous sommes une grosse machine nous nous devons de réagir aux faits et gestes de la concurrence”, note Michel Caillé bien ennuyé par le coup réalisé par Malik Unia. Trois options s’offrent alors à Peugeot. La première, gagner cette saison sans gloire car seul ou presque. La seconde, se ramasser et devenir la risée de tous. La troisième découle des deux autres: prendre un virage à 180° et tracer un trait sur la WRC. Cette dernière est finalement choisie puisque la voiture ne reviendra plus à la Réunion (voir plus bas).
Plus de 206 WRC
WRC ou pas, Olivier Payet pouvait toujours rentrer dans les plans du PSR. Selon Michel Caillé, la rupture s’est décidée il y a une petite quinzaine lors d’une discussion de plus de deux heures “à bâtons rompus”. “Je tiens d’abord à préciser qu’il n’a jamais été question de rémunération, explique en préambule Michel Caillé. Olivier et nous n’étions simplement pas d’accord sur le déroulement de la saison à venir. Nous lui avons toujours fourni de l’excellent matériel. Olivier au fil des ans a pris ses habitudes, il est chez Peugeot pour ainsi dire chez lui. C’est le fils de la maison. Le problème est qu’il voulait disposer des moyens techniques et logistiques du team pour lui seul ou presque. Je comprends son raisonnement où il concevait l’excellence pour sa voiture et son entourage technique, mais de notre côté il n’est pas acceptable de tout miser sur un seul pilote. Je pense qu’il a tenté un coup de bluff, nous ne pouvions pas nous permettre d’abonder dans son sens”. D’autant, Michel Caillé l’avouait plus tard, que Pascal Ardouin désormais pilote n°1 aux côtés du vainqueur du volant Peugeot 2002, Thierry Law-Long, venait de réaliser une saison en tous points remarquables. Ce qui n’était pas le cas d’Olivier Payet. C’est désormais l’ancien champion du groupe N qui doit assumer la période de transition en attendant qu’un tout jeune, comme l’était Olivier Payet en 1996, ne vienne prendre la relève. “En effet, notre but est de sortir un jeune talent de la masse”, lance Michel Caillé avant de conclure. “Nous avons tout offert à Olivier. Il a eu la possibilité de participer au Rallye de Corse, du Rouergue où il a détruit la 306 maxi, et de faire une saison sur terre. Nous lui avons donné la possibilité de se faire remarquer sans qu’il n’ai d’efforts à faire. Je souhaite que ce divorce se passe à l’amiable et qu’il n’oublie ce que nous lui avons offert”. Olivier Payet n’a pas souhaité s’expliquer attendant que la déception et la pression retombent. Viendra alors l’heure de donner son point de vue. En tout cas, il est dommage que cette décision arrive si tardivement car le double champion de la Réunion a de fortes chances de faire une saison blanche si ce n’est pas plusieurs.
"