Didon était une princesse phénicienne, née vers 840 av. J.-C. et disparue vers 760 av. J.-C.. Première-née du roi de Tyr, sa succession est entravée par son frère Pygmalion, lequel assassine son mari, Sychée, et impose sa propre tyrannie. Pour éviter probablement une guerre civile, elle quitte Tyr avec une suite nombreuse, s'embarquant pour un long voyage dont les étapes principales furent l'île de Chypre et de Malte[1]. Débarquée sur les côtes de l'actuelle Tunisie, vers 814 av. J.-C., elle choisit un endroit où fonder une nouvelle capitale pour le peuple phénicien : Carthage. Elle obtient pacifiquement des terres par un accord ingénieux avec le seigneur local : elle obtint une terre pour s'établir « autant qu'il en pourrait tenir dans la peau d'un bœuf ». Elle choisit alors pour fonder sa ville une péninsule qui s'avançait dans la mer et fait découper une peau de bœuf en lanières extrêmement fines. Mises bout à bout, elles délimitent l'emplacement de ce qui deviendra plus tard la grande Carthage. On fait souvent référence à ce stratagème en mathématiques, dans le domaine qui étudie les problèmes d'isopérimétrie.
Soumise à une cour pressante de la part des roitelets locaux, elle se remarie probablement avec l'un de ses fidèles tyriens, qui appartenait à la famille Barca[2]. Didon entreprend alors une sévère réforme religieuse — comparable à la Réforme protestante selon Gerhard Herm — et jouit d'un règne long et prospère à la fin duquel elle favorise le passage à une forme de république[3]. Elle est divinisée par son peuple sous le nom de Tanit et comme personnification de la grande déesse Astarté (équivalent de la Junon romaine)[