Grippe de type A et autres virus

Est tu sur de ne pas être sur :pt1cable: :pt1cable: :pt1cable:
Le texte du professeur Apfelgluk est bon : elle pourrait toucher :o

C'est comme les scénarios pour la crise, tu as plein de scénarios avec plus ou moins de chance de réussite :ange: . Un des scénarios est une crise longue à la japonaise dans les années 90.... ce scénario pourrait nous faire patiner très longtemps :sarcastic: .

Le plus gros risque de la grippe est surtout économique si plein de personnes sont malades en même temps... la vie économique déjà pas brillante en prend un coup. Car dans l'immense majorité tu es malade epicetou... tu guéris :D .

Le cdanslair était bien fait pour ça. Et il disait que cette alerte avait mis en lumière le traitement aux urgences qui se corrige doucement ;) . Si qqun arrive avec des symptomes grippaux... tu le fais patienter à l'écart des autres.... histoire qu'il ne contamine pas tous le monde [:benigne:2] .

+1 pour l'aspect économique d'une "pandémie" grippale (je l'ai déjà dit plus haut). C'est le plus à redouter aujourd'hui dans les pays occidentaux ;

+1 pour l'aspect du traitement des patients aux urgences ou autres. Et c'est là que ça coinçouille un peu (c'est pas faute de faire de l'info, j'ai formé à la Fac et en intervention externe plusieurs centaines de médecins, pharmaciens, infirmières, etc... depuis 2006 et les premiers plans "grippe aviaire"). Mais ça reste bafouillant. On a eu 2 cas "suspects" en Moselle-est (révélés négatifs ensuite). Et ben le généraliste les a envoyé sur les urgences de Sarrebourg. TOUT FAUX ! Imagine qu'ils soient positifs. Le plan de prise en charge prévoit OBLIGATOIREMENT un appel au "15" qui vient chercher les patients en "grippamobile" (on a vu les photos du véhicule partout, tout bâché) et les conduit au CHU où ils sont mis en isolement + identification de tous les sujets "contacts" potentiels. Cette procédure doit être appliquée TANT que les cas sont suffisamment peu nombreux et permettent une prise en charge individualisée. Bref, on est un peu en phase "répétition générale" et tous les acteurs commencent à se rendre compte des trucs à faire et à ne pas faire.

Mais on ne peut pas faire de répétition générale pour la distribution de masques ou de Tamiflu, par exemple. Et puis, pour illustrer un peu : j'ai (comme tous les professionnels de santé de 1ère ligne) reçu un "kit de protection pandémie grippale" par le ministère en 2007. Dedans, un beau CD rom et un masque FFP2. Bon. Le FFP2 doit être changé toutes les 3-4 heures. J'ai 10 personnes au contact avec le public chez moi. Ca part d'une bonne intention, mais c'est de l'argent foutu en l'air. Des masques, j'en ai acheté en nombre suffisant en 2006 !!!

Techniquement, on est ± dans le même processus qu'une prise en charge d'un cas de tuberculose ou de méningite (souviens toi les appels dans la presse pour retrouver les gens ayant fréquenté telle discothèque tel soir ou telle école avant les vacances car un cas de méningite a été diagnostiqué chez une personne ayant fréquenté les lieux) ;

Quant au fait de n'être sûr de rien, c'est une boutade pour dire qu'on a plus d'interrogations que de certitudes. On est sur qu'un nouveau virus grippal va arriver sous peu. C'est statistique depuis qu'on étudie les épidémie grippales. Mais on n'est pas sur de son rapport pathogénicité/contagiosité (on peu avoir du très pathogène très contagieux jusqu'au peu pathogène peu contagieux : ça dépend du bon vouloir des réarrangements et mutations de M. le virus. Par exemple, le H5N1 était très pathogène mais peu contagieux.

Quand on étudie les décès imputables à la grippe, très peu le sont au virus lui-même. La majorité étant liée à des surinfections (pneumonie, surinfections bactériennes diverses) qui toucheront les personnes fragiles ou déjà atteinte de graves problèmes respiratoires ou cardiovasculaires. Mais certains virus sont eux-même potentiellement pathogènes, voire mortels. Le H5N1, par exemple, attaquait le parenchyme pulmonaire et les gens mouraient de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SRAS). Le H1N1 de 1918 pouvait provoquer des encéphalopathies léthargiques (mais dans un contexte très particulier : populations dénutries et carencées par 4 ans de guerre, contact étroits entre les gens : casernes, camps de prisonniers, réfugiés). Et pas du tout d'antibios à l'époque pour traiter les surinfections bactériennes (on n'a utilisé la pénicilline et les sulfamides qu'au moment de la 2e GM).

Or, on a beaucoup de mal à avoir des infos en provenance du Mexique (voire pas du tout d'infos, fiables en tous cas) sur les décès (personnes fragiles ? malades ?). Les premières analyses fiables du H1N1 de 2009 semblent montrer un virus relativement peu agressif. Mais (je l'ai dit aussi plus haut), c'est à l'automne que la vérité se fera avec l'arrivée dans l'hémisphère nord de la grippe saisonnière. Et là, un collègue et ami urgentiste à eu le mot qui tue (un peu dur peut-être) : "va y avoir du ménage dans les maisons de retraite : ca va libérer des places"...

Et, comme Kham l'a précisé, l'industrie pharmaceutique est aujourd'hui en limite de capacité pour produire les doses de vaccins antigrippaux saisonniers. Alors, pour ce qui est d'en produire un tout neuf !!!. Faudra certainement faire un choix (ou le "classique", ou le "nouveau"). Mais ne perdons pas de vue que le virus classique (H3N2) tue 5000 personnes par an rien qu'en France. Donc, pas à négliger... A moins qu'on réussisse à combiner les 2. Mais ça me semble assez difficile au vu du délai pour cette année...

A vos souhaits :hello:

Amic,

G2
 

Le H5N1, par exemple, attaquait le parenchyme pulmonaire et les gens mouraient de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SRAS). G2
SDRA :o

parle pas de SRAS, c'est deja assez complexe comme ca :D
 



Quelques nouvelles du jour : Publication du JIM (Journal International de Médecine) d'aujourd'hui 18 mai (d'après un article du Dr Anastasia Roublev) :

Premières « estimations » chiffrées sur la contagiosité et la létalité du nouveau virus A (H1N1)
Publié le 18/05/2009

Virologistes, épidémiologistes et spécialistes de santé publique du monde entier tentent de déterminer quelles sont, à ce stade de l’épidémie, la contagiosité et la létalité du nouveau virus A (H1N1).

Les experts de l’OMS ont publié le 11 mai 2009 sur le site Internet de l’organisation une première évaluation (1). Selon celle-ci :

- La vulnérabilité de la population mondiale à cette infection doit être très élevée puisqu’il s’agit d’un nouveau virus jamais observé chez l’homme ou l’animal.

Ce sont, pour l’instant, les sujets les plus jeunes qui paraissent les susceptibles d’être infectés.

- Le nouveau virus A (H1N1) semble plus contagieux que ceux de la grippe saisonnière (taux d’atteinte secondaire estimé entre 22 et 33 % contre 5 à 15 % pour la grippe saisonnière).

- Si la mortalité actuelle de l’infection paraît faible, tout au moins en dehors du Mexique, il faut se garder de conclure car des mutations ou des facteurs environnementaux pourraient venir modifier rapidement le tableau.

Une équipe d’épidémiologistes nous propose dans la revue Science une vision plus chiffrée de la gravité de cette nouvelle grippe (2).

23 000 cas au Mexique au 5 mai :

Christopher Fraser et coll. ont basé leur évaluation sur les données établies au 5 mai 2009. Schématiquement, pour connaître le taux de mortalité de l’infection ils ont débuté leur travail par une estimation du nombre de cas réel au Mexique le 5 mai. Pour le déterminer ils se sont fondés sur les cas diagnostiqués dans les autres pays du monde dont le nombre leur paraissait plus proche de la réalité que celui déclaré par les autorités mexicaines. Le nombre de nouvelles grippes A (H1N1) rapportées dans les différents pays du monde est apparu fortement corrélé à celui des ressortissants de ces pays présents au Mexique lors du début de l’épidémie. En supposant que le risque de contamination était identique chez les mexicains et chez les étrangers à la phase initiale de propagation du virus et en tenant compte du rapport entre la population mexicaine et celle des voyageurs et en prenant pour hypothèse une durée moyenne de séjour d’un étranger au Mexique d’un jour, il a été possible d’estimer à 23 000 (entre 18 000 et 32 000) le nombre de cas réel de nouvelle grippe A au Mexique à la date du 5 mai (à rapprocher des 11 357 cas suspects et 822 cas confirmés au laboratoire à cette date déclarés par les autorités du pays).

Un taux de mortalité situé entre 0,08 % …et 1,5 % !

Pour déterminer la mortalité réelle de l’affection, il « suffisait » de rapporter le nombre de décès à ce chiffre. Si l’on se base sur les morts pour lesquels la responsabilité du virus A (H1N1) a été confirmée au Mexique le taux de mortalité s’établit entre 0,08 % et 0,15 % c'est-à-dire proche de celui de la grippe saisonnière. Si au contraire on retient tous les décès déclarés comme suspects par les autorités mexicaines, le taux de mortalité serait de 0,3 à 1,5 % soit une proportion plus proche de celles des pandémies précédentes.

On le voit, malgré les outils statistiques sophistiqués utilisés par cette équipe, nous sommes bien loin de disposer de chiffres précis puisque selon les donnés retenues la « mortalité » de l’affection passe de moins de 1 sur 1 000 à 15/1 000 !

Une haute transmissibilité :

Pour déterminer la contagiosité du virus, Fraser et coll. ont fondé leurs estimations sur l’évolution de l’épidémie dans une communauté mexicaine relativement isolée de 1 575 habitants, celle de La Gloria dans la province de Veracruz. Dans cette zone, le premier cas cliniquement apparent serait survenu autour du 15 février. Sur cette population, au 14 avril, 616 personnes avaient présenté un tableau d’infection respiratoire aiguë soit un taux d’attaque de 39 %. Ce taux estimé variait dans cette population entre 61 % chez les moins de 15 ans et 29 % au-delà de cet âge.

Il reste donc encore beaucoup d’incertitudes sur la gravité réelle de cette nouvelle grippe. Nous en saurons sans doute davantage dans quelques jours quand nous pourrons travailler sur les données plus précises provenant des Etats-Unis où le nombre de cas et celui des décès imputables à la maladie sont indiscutablement plus fiables (selon les chiffres actuels la mortalité se situerait aux Etats-Unis autour de 1 pour 1 000 cas déclarés).

Mais il restera alors toujours une incertitude majeure portant sur les capacités d’évolution de ce virus.

Il pourrait revenir sous une forme plus létale après son passage dans l’hémisphère sud comme celui de 1918, devenir un peu plus pathogène au deuxième passage comme celui de 1957 ou rester relativement bénin lors de la deuxième vague à l’image du virus de la pandémie de 1968.



1) Evaluation de la gravité d’une pandémie de grippe. Site de l’OMS (http://www.who.int/csr/disease/swineflu/assess/disease _swineflu_assess_20090511/fr/index.html)
2) Fraser C et coll. : Pandemic potential of a strain of influenza A (H1N1) : early findings. Science 2009 ; publication avancée en ligne le 11 mai 2009 (10.1126/science.1176062).


Amicalement,

G2
 

Gouré... Ai Fait 2 messages en un !!! Bonne nuit à tous :D
 

Lu sur Reuters , la France a commandé un stock important de vaccins contre la grippe et l'on pourrait s'acheminer vers une campagne de vaccination obligatoire cet automne.
 

Je trouve que les médias en font beaucoup moins. Du coup, on a l'impression que le virus a disparu. :lol: (ce qui n'est pas vrai)
 

C'est toujour la psychose ces virus.Certe il faut le surveillé ,mais les journalistes en font toujour trop .
 

C'est toujour la psychose ces virus.Certe il faut le surveillé ,mais les journalistes en font toujour trop .

Sur cette info , ce ne sont pas les journalistes qui en font beaucoup mais l'Etat français qui a commandé des doses de vaccins en vue d'une campagne de vaccination obligatoire cet automne.
 

C'est toujour la psychose ces virus.Certe il faut le surveillé ,mais les journalistes en font toujour trop .
Je pense que le pôle santé de FP représenté par nos experts G2 et Kham ont été suffisamment clairs :good:
 



Mouais.. Ca cafouille un peu dans les niveaux, entre les recos OMS et les procédures propres à chaque pays. L'OMS préconise des choses et les pays ont du mal à suivre.

Pour info, voilà les différents stades :

(NB : dans les niveaux, "A" signifie pas de cas en France, "B" signifie présence en France)

1) Absence de circulation de nouveaux virus hautement pathogènes chez l’animal ou l’Homme : stade 1
2) Epizootie provoquée par un virus hautement pathogène, sans cas humain : 2A (hors Fr) 2B (France)
3) Cas humains isolés, sans transmission inter-humaine : 3A et 3B
4) Cas humains limités, groupés et localisés. Transmission inter-humaine limitée à un virus mal adapté à l’Homme : 4A et 4B
5) Larges foyers de cas groupés non maîtrisés : 5A et 5B
6) Pandémie : 6 (pas de différenciation France et Hors France à ce niveau)
7) Fin de vague pandémique : 7

Actuellement, on est au stade 3B en France (cas humains isolés sans transmission inter-humaine) et 5A dans le monde. Il ne faut pas amalgamer les recos OMS et l'application du plan. On reste au stade 3 en France aujourd'hui (si on était en stade 5 intra-muros, donc 5B, les écoles seraient fermées, les transports en commun limités et on serait en phase gestion de crise). On n'en est pas (encore) là...

Le passage au stade 6 impliquerait des larges foyers non maîtrisés partout dans le monde (y compris en France)...

Amicalement,
G2
 

Nouvelle personne détectée avec ce virus à Vannes (56), à côté de chez moi, faut que je fasse gaffe :lol: :ange:
 

On vient d'avoir l'info d'un cas dans le Poitou-Charentes (contamination secondaire d'une personne n'ayant pas voyagé mais ayant été en contact avec une personne contaminée).

Logiquement, la France passerait en phase 4B... et le reste du monde continue en 5A...
 


On vient d'avoir l'info d'un cas dans le Poitou-Charentes (contamination secondaire d'une personne n'ayant pas voyagé mais ayant été en contact avec une personne contaminée).
C'est Ségolène [:nono le bo] [:nono le bo] [:benigne:1]
 

Meuh non... C'est la grippe aviaire qui touchait les poules !!!
 

pour l'oms , alerte maximale . La France s'ent tient au niveau 5 de la pandémie.
 



Ils vont laisser les frontières ouvertes :D

Pas de restrictions de déplacement. Tout le monde notera qu'il s'agit de la première pandémie du siecle comme le souligne les échos.
 




C'est quand même un peu du grand n'importe quoi...

Ca fait 3 ans qu'on nous bassine (quand je dis "nous", c'est les praticiens de première ligne) avec des procédures diverses et variées adaptées à chaque niveau d'alerte pandémique...

L'OMS nous bascule en niveau 6. Très bien, y'a certainement des grands statisticiens et virologues pour avoir validé le truc (je ne suis pas ironique, je pense qu'ils font leur job).

Ceci dit, en niveau 6, d'après les procédures, on devrait tous être terrés dans nos maisons transformés en bunkers avec du gros scotch gris autour des fenêtres pour étanchéïfier le brol, avec 6 mois de réserves de conserves à la cave :D (j'exagère à peine). Les praticiens devraient avoir tous reçus leurs stocks de masques FFP2, le tamiflu devrait être destocké, etc, etc...

D'ailleurs, la France ne veut pas passer en niveau 6 (encore une incohérence entre la théorie et la pratique).

Techniquement, niveau 6, pourquoi pas. Il y a une grande diffusion du virus avec des cas secondaires de contamination interhumaine. M'enfin, on peut parler de niveau 6 pour toutes les épidémies saisonnières, chaque année (rhinovirus, bronchiolite (VRS), gastroentérite, rhinopharyngites, etc...)

Donc, oui, va y avoir une diffusion du H1N1 partout dans le monde... Comme le H3N2 chaque année. On aura la grippe, quoi !

Amicalement,

G2
 



Principe du porteur sain...

Tiens, suis de garde ce soir. C'est calme, personne ne tousse !!!