Quand tu achètes un VE, la dépendance à la Chine a lieu une seule fois, le jour de la fabrication. Ensuite, pendant 15 ans, ta voiture roule avec de l'électricité produite localement chez nous.
Avec le thermique, tu dépends d'un flux continu : tu dois remettre une pièce dans la machine tous les 800 km auprès de pays producteurs de pétrole qui te tiennent par les barils tous les jours de l'année. Si la Chine coupe les ponts, on a du mal à acheter des voitures neuves (électriques comme thermiques, vu l'électronique). Si le Moyen-Orient coupe les vannes, le pays entier est paralysé en trois semaines. Le choix est vite fait.
Tu oublies que la France ne se fournit que très marginalement en pétrole en provenance du Moyen Orient : l'essentiel du brut provient d'Afrique (+/- 36%), des Etats Unis (+/- 25%), le Kazakhstan (15%), la Norvège (+/-10%) et enfin le Moyen-Orient (env 10%).
La dépendance au pétrole, c'est juste au niveau de l'extraction : ce n'est pas l'activité la plus intéressante.
La plus-value, elle est apportée par l'activité de raffinage qui est assurée par les installations en France ; cela fait travailler toute l'industrie pétrochimique avec les emplois qui en résultent.
La pénurie que tu évoques, cela relève davantage d'un fantasme.
Concernant le risque de paralysie, il faudrait peut-être évoquer les conséquences d'un accident sérieux dans une centrale nucléaire française...
Ce n'est évidemment pas à souhaiter.
Mais il n'y a pas si longtemps une certaine élite française était entrée dans une logique de fin du nucléaire avec les conséquences qui en résultent : ralentissement des investissements, abandon progressif des filières de formation, non-remplacement d'ingénieurs et de techniciens très qualifiés.
Comme d'habitude, les pertes de savoir-faire et de compétence sont importantes et les risques d'incidents dans des centrales vieillissantes augmentent de facto...
Pas certain qu'en cas d'incident grave, tout se passe si bien dans une France et une Europe accro à l'électricité tous azimuts.
La prudence commande de ne jamais parier sur une seule solution et de ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.
L'Europe est la seule zone à vouloir imposer le 100% électrique : ce n'est pas le cas aux USA/Canada/Mexique, ni en Chine où les pouvoirs publics font la promotion des NEV (New Energy Véhicules), c'est à dire les VE, mais aussi les hybrides HEV, PHEV, REEV et autres.
Je ne parle pas de la Corée ni du Japon ni de l'Asie au sens large et encore moins des continents africain et d'Amérique du Sud.