Non pas d'à priori. Juste une question de logique.
En cumulant 2 types de motorisation, tu cumules les pannes potentielles des 2 motorisations.
C'est un peu comme une voiture sans vitre electrique et une avec. Laquelle risque d'avoir une panne de vitre electrique ?
Pourquoi crois tu que les japonais ont moins de pannes que les autres ? Regarde bien leurs solutions techniques sur les moteurs essence par exemple.
Ex : Mazda qui n'a pas fait de donwsizing et qui tourne souvent en moteur 4 ou 6 cylindres avec des puissances au litre tres basses.
Notre Mazda 2 de 90cv est un moteur 4 cylindres 1.5 atmo. Beaucoup moins de problemes qu'un 1.2 Turbo de 136cv 3 cylindres.
Mazda sort des 6 cylindres diesel de 3.3 litres de cylndrée et en 2 versions de 200 et 254cv.
Le downsizing ca a été le début des emmerdes.
Doit on aussi parler de ceux qui ont eu des problemes avec leur 508 PSE (entre autres) ?
Le downsizing, c'est une réponse des acteurs européens à une contrainte règlementaire imposée par l'Union européenne (déjà à l'époque), à savoir la lutte contre le CO2.
Il y a eu consensus de tous les constructeurs européens pour passer les normes européennes en abaissant la cylindrée des moteurs :
- PSA a développé le 1.6 T EP6 (avec évolution en PHEV) puis les 1.0 et 1.2 T EB ; en diesel abandon progressif du 2.0d pour privilégier le 1.5d ;
- Renault s'est concentré sur les 1.0 et 1.3 Tce puis aujourd'hui 1.2 Tce ; en diesel, passage au 1.6 dci avant son abandon ;
- VW a développé le 3 cylindres 1.0 TSI ainsi que les 4 cylindres les 1.4 et 1.5 TSI (avec évolution en PHEV) ;
- Fiat a lancé la famille des moteurs FireFly (1.0 et 1.5 T) ;
- BMW a lancé le 3 cylindres 1.5 T (qui a même été monté sur le modèle I8) et ce moteur est aujourd'hui disponible en PHEV sur le X1 ;
- Mercedes s'est fourni chez Renault pour bénéficier du 1.3 Tce ;
- Ford Europe a également développé une gamme de petits moteurs 1.0 et 1.2.
Aujourd'hui, mis à part les trois prémiums qui peuvent proposer un 2.0 T PHEV sur leurs segments D et D-SUV, tous les constructeurs européens ont conservé leurs petits moteurs.
L'approche des japonais et de Mazda a été différente, mais il y a quand même un explication.
Les constructeurs japonais ont toujours été fortement internationalisés (bien plus que les constructeurs européens), avec une présence en Asie (Chine, Japon/Corée, ASEAN), Amérique du Nord (USA, Canada, Mexique), Amérique du Sud (Brésil), Afrique.
En Europe, leur progression n'a pas été aussi facile ni homogène : on l'a oublié mais Toyota a longtemps été mis en échec en Europe (son statut de 2ème marque en Europe date de la sortie de la crise du Covid), Nissan a connu un certain succès mais la marque a complètement sombré ces 10/15 dernières années, Honda n'a jamais percé et Mazda est resté un "nain" sur le marché européen.
Ils n'ont donc pas jugé nécessaires de développer des "technologies européennes" pour le marché européen, solutions technologiques parfaitement inadaptées aux autres marchés.
Par contre, Toyota a visé juste avec sa solution "Full hybride" développée à la fin des années 1990/début des années 2000, une époque où la lutte contre le CO2 en était à ses premiers balbutiements. On peut dire qu'ils sont parvenus au "hold up" du début du siècle en Europe, grace au renforcement des politiques anti-CO2 et anti-diesel à partir de 2015 de l'Union européenne (le fameux "Diesel Gate" de VW), mais aussi en restant constant dans leurs efforts de recherche et en optimisant leur solution full hybride : cela leur a conféré un avantage technologique important sur leurs concurrents européens et c'est en partie ce qui explique leurs succès commerciaux de ces dernières années en Europe.
Les solutions Mazda n'ont pas le même impact :
- le "SkyActiv X" ne semble pas avoir convaincu le marché (les valeurs homologuées pour les véhicules restent assez quelconques) et les modèles sont quand même assez fortement malusés en France ;
- reste le nouveau 6 cylindres diesel et essence qui est intéressant mais qui n'a pas non plus permis la croissance des volumes chez Mazda. C'est plutôt un succès d'estime.
Ce que l'on peut reprocher à PSA c'est de trop "coller" au groupe leader en Europe, à savoir VW Group et les groupes allemands, et de ne pas s'inspirer davantage des japonais, qui sont les vrais leaders mondiaux dans l'automobile.
C'est d'autant plus navrant que PSA a noué depuis de longues années un partenariat avec Toyota (notamment dans les VUL), et que le groupe a proposé au cours des années 2010 une solution Full hybride diesel : il s'agissait de l'Hybride 4 disponible sur les 3008 I et 508 RXH ainsi que la DS5.
L'hybride 4 a souffert de la boite BMP6 mais le système aurait pu être amélioré et transposé sur le moteur essence EP6, avec éventuellement l'expertise des japonais.
Rappelons que le moteur EP6 est fiabilisé depuis la 2ème génération et son passage au PHEV n'a pas entrainé de problèmes particuliers, contrairement à ce que l'on peut lire ici et là. Et son niveau d'agrément en fait certainement l'un de meilleurs moteurs actuellement sur le marché.
PSA et Stellantis seraient en position plus favorable aujourd'hui si cette solution full hybride avait été retenue en 2013 lors des 1ers arbitrages faits par C Tavares...