7 mai 2012 Guy Millière
Comme c’était prévisible, Nicolas Sarkozy a été battu.
Le suicide en direct de François Bayrou, le seul homme politique capable d’appeler à voter pour un candidat tout en disant que ce candidat est nul, ne l’a pas aidé. Mais rien ne pouvait aider encore Nicolas Sarkozy. Disons qu’il a limité les dégâts : la défaite a été honorable.
Comme c’était prévisible aussi, François Hollande a été élu.
Comme c’était prévisible, François Hollande a prononcé des discours vides.
Et comme c’était prévisible, les foules extatiques ont aimé.
François Hollande aime la jeunesse et la justice. Il aurait été étonnant qu’il dise qu’il apprécie la vieillesse et l’injustice. Il aurait pu ajouter qu’il aime la santé davantage que la maladie, le beau temps davantage que la pluie, et, pourquoi pas, que l’eau mouille, que la paix, c’est beau, et que le soleil luit à midi en plein été. Des jeunes filles seraient tombées en pâmoison.
François Hollande va composer un gouvernement, et ce gouvernement sera beau comme un discours de François Hollande.
Les journalistes des grands médias courbés à ses pieds trouveront ce gouvernement merveilleux.
François Hollande sera reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement du reste du monde.
La réalité fera son retour assez vite, mais les mauvaises nouvelles glisseront sur François Hollande sans l’atteindre.
Il est socialiste, donc toute montée du chômage sera attribuée aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François Hollande échoue.
Les jeunes gens qui n’ont pas d’emploi et qui ont acclamé François Hollande n’auront toujours pas d’emploi sous François Hollande, mais trouveront que ce n’est pas grave, et que la misère est plus belle dès lors que François Hollande est à l’Elysée.
Et puis, des réformes fondamentales seront votées ou promises, et dès lors, des milliers de gens seront prêts à tous les sacrifices : imaginez, le mariage gay, la contraception libre et gratuite pour les mineurs. Elle n’est pas belle, la vie ?
Le 16 mai, pour boucler ses fins de mois difficiles, la France devra trouver un milliard d’euros sur les marchés financiers, mais comme François hollande a promis de dompter les marchés financiers, elle les trouvera sans aucun problème, et à un taux d’intérêt très avantageux. Si elle ne les trouve pas ou si les taux d’intérêts montent, François Hollande dira que le monde des riches se ligue contre lui, et les Français accepteront avec joie les restrictions qui leur seront demandées par François Hollande. Ce sera la pénurie exacerbée dans la joie, car, grâce au socialisme, la pénurie est joyeuse, par définition.
François Hollande a dit qu’il voulait la croissance et pas la rigueur, et donc il y aura la croissance, et s’il n’y a pas la croissance, ce sera la faute des odieux capitalistes. Car les socialistes ne sont jamais responsables de rien, par définition.
François Hollande est certain que les autres dirigeants européens voudront, comme lui, pouvoir dépenser plus, et il ne doute pas qu’Angela Merkel va financer les dépenses de la France, et si Angela Merkel refuse, François Hollande dira qu’elle est odieuse et mérite de perdre les élections en Allemagne.
Un récent rapport de la Cour des Comptes annonçait que la France devait procéder à des coupes drastiques dans son budget, ce qui coïncide parfaitement avec les projets dispendieux de François Hollande, mais François Hollande dira qu’il n’a pas besoin de faire des coupes drastiques, qu’il peut financier ses projets en augmentant les impôts des particuliers et des entreprises, et si particuliers et entreprises ne sont pas an rendez-vous, il dira que c’est parce que les particuliers et les entreprises sont méchants, à moins qu’il ne dise que c’est la faute de Nicolas Sarkozy.
De toute façon, tout ce qui ira bien s’accomplira grâce à François Hollande, et tout ce qui ira mal sera la faute de Nicolas Sarkozy. Comme assez rapidement rien n’ira bien et que tout ira mal, ce sera, beaucoup, la faute de Nicolas Sarkozy.
Voici trente et un an, les partisans de François Mitterrand s’étaient rassemblés place de la Bastille. La France était censé passer de la nuit à la lumière. Deux années plus tard, un slogan servait à définir les socialistes : « la faillite nous voilà », avait tiré ironiquement pour définir le gouvernement Mauroy finissant un quotidien de droite (cela existait encore en ce temps là).
Trente et un an plus tard, les enfants de ceux qui ont acclamé François Mitterrand étaient rassemblés à la Bastille pour acclamer François Hollande. Ils ont dans la tête les imbécillités qui étaient déjà dans la tête de leurs parents, et montrent que les imbécillités peuvent se transmettre de génération en génération. Les imbéciles, dit un vieux dicton, ne changent pas d’avis. On peut ajouter au dicton : leurs enfants non plus.
La différence avec 1981, c’est que la faillite arrivera beaucoup plus vite. La faillite est quasiment déjà là. Elle n’attendait plus que celui qui viendrait la déclarer : il est là et sera bientôt à l’Elysée.
La différence est aussi que ce sera cette fois une faillite aux dimensions de l’Europe. Je l’ai écrit plus haut : elle n’est pas belle, la vie ?
Et si vous boudez votre plaisir, je vous parlerai des drapeaux sur la place de la Bastille : en cherchant bien, il devait rester quelques drapeaux français. Un drapeau américain ou israélien aurait été très malvenu. Les drapeaux de quelques régimes islamiques, par contre, étaient à leur place. Les drapeaux de la gay pride étaient tout à fait à leur place eux aussi.
C’est superbe, un peuple rassemblé dans l’harmonie et la lucidité.
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Scoop Dreuz: ce soir, la « France du changement » se défoule dans la violence
7 mai 2012 | | Posté par: Jean-Patrick Grumberg
Ce soir, l’élection de François Hollande est fêtée comme il se doit. Coté pile, on vous montre des jeunes qui brandissent des pancartes « Pour une France apaisée ». Et coté face, on ne vous montre pas la place du Capitol*, à Toulouse, où des violences ont éclaté.
On ne vous montre pas non plus les drapeaux algérien, palestinien, et même syrien, Place de la Bastille (et bien entendu, aucun média n’évoquera une double allégeance, ou un nationalisme identitaire qu’ils ne manquent jamais de dénoncer… à droite). Je me demande ce qu’ils faisaient là, ces drapeaux, mais je sais que si quelqu’un les avait brûlés, il y aurait eu une guerre civile. Et si un drapeau israélien était apparu, les journaux en auraient fait, aujourd’hui, leurs titres.
On ne vous dira pas que dans le 93 et le 77, dans le 91 et le 92, à Nanterre, ça caillasse et ça brûle des poubelles, et que la police a ordre de pas intervenir.
L’Est Républicain rapporte qu’ « à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, des voitures ont été brûlées, puis que « la police est passée et comme les jeunes n’aiment pas la police, ils ont commencé à caillasser avec des bouteilles », raconte un fonctionnaire de la mairie, sous couvert d’anonymat.
Selon d’autres témoignages, des jeunes ont pris de l’essence et mis le feu sur un véhicule abandonné, puis sur un autre. Un cordon de sécurité a été déployé sur place, où une vingtaine de voitures des forces de l’ordre ont été déployées, interdisant l’accès à la mairie, a-t-on indiqué de même source.
« Les pompiers sont intervenus, un cordon policier a été mis en place de manière préventive et le préfet Christian Lambert s’est rendu sur place », a confirmé une source préfectorale.. »
Vous ne saurez pas qu’à Marseille, un cocktail Molotov a été jeté sur le commissariat du 3ème arrondissement.
Ni que dans le 20ème à Paris, c’est la guerre urbaine contre les policiers : avec des tirs de mortier (l’usage de lance-roquettes, ce n’est pas une première, en France) et qu’il y a eu plusieurs agressions contre les policiers.
Sur l’ensemble des arrondissements parisiens, ce soir, les policiers en patrouille et en intervention se font insulter.
Un policier de Rouen nous apporte son témoignage exclusif : « je suis fonctionnaire de police et comme tous mes collègues hier soir, j’ai eu le droit aux insultes de ces jeunes qui avaient un drapeau au couleur d’un pays qui est de leurs origines. Nos gradés nous ont annoncé qu’il ne fallait pas intervenir pour ne pas faire de vagues. »
Un autre policier, cité par Fdesouche (ce qui ne signifie pas, je le précise, que j’endosse leurs opinions) rapporte des propos identiques : « nous venons d’être contraints de rentrer au poste, suite à la victoire de monsieur Hollande, nous patrouillons difficilement car nous sommes insultés par beaucoup de monde, tous les délinquants notoires nous narguent, nous font des gestes ….mais pas seulement, tous les sans papiers du quartier nous rient au nez…en scandant vive hollande … nous rendant sur une agression, nous avons été bloqués volontairement par des conducteurs de véhicules reprenant le slogan du nouveau président ».
Dans le 93 ça brûle, et les policiers se font caillasser. Des effectifs de police du 92 ont essuyé des jets de projectiles.
Quelques villes du 93 brûlent, et à Saint Denis, la police se fait caillasser.
Sur les Champs Elysées, les boutiques ferment et les CRS chargent. Ça commence…
Plusieurs « jeunes » s’attaquent verbalement aux policiers à Paris, lesquels ne peuvent intervenir. Il y a des rodéos sauvages un peu partout.
Ordre a été donné aux policiers de quitter les secteurs sensibles.
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* Hier soir, une source m’a indiqué avoir vu des drapeaux français brûler à Toulouse. Comme des drapeaux français avaient été brûlés, sur cette même place, en 2007, je n’ai pas été très surpris, et j’ai repris l’incident dans mon article. Et pour être totalement transparent, j’ai également illustré cela d’une photo d’archive.
> Il y a quelques minutes, cependant, j’ai reçu un démenti, aussi ai-je décidé, en attendant d’en savoir plus, de retirer de mon texte les références à des drapeaux brûlés, hier soir, à Toulouse, place du Capitole.