Et puis aussi avoir des ingénieurs français et non marocains-hindous.
Ah oui mais l'ingénieur marocain ou indien doit coûter entre 3 à 5 fois moins cher que son homologue français.
Pour un cost killer de l'envergure de C. Tavares, tu n'hésites pas longtemps...
Ce serait oublier nos collègues allemands de Opel d'une part, et italiens et américains ex FCA d'autre part, depuis 2021.
Il n'y a pas qu'en France qu'on serait capables d'avoir des ingénieurs
Et ne pas croire que les ingénieurs français sont forcément les meilleurs
J'ai bien peur que les ingénieurs de chez Opel ne soient plus très nombreux désormais...
Chez FCA, le duo Elkann/Marchionne avait bien essoré également la R&D européenne pendant deux décennies.
Quant à la R&D de FCA USA, j'ai l'impression que l'on est très loin du top niveau revendiqué par A.Filosa et tout son staff italo-américain.
La mise au point des plateformes STLA Large est des plus laborieuses et le volte-face de Trump en matière de véhicules électrifiés est une aubaine pour cette fine équipe, trop contente de revenir au monde d'avant : utiliser des recettes éprouvées, sans trop de travail et de prise de risques, et vendre en masse des voitures à la technologie dépassée. Dès à présent, l'abandon du PHEV et des VE aux USA est acté...
Tout cela n'aura qu'un temps, le réveil sera douloureux car aux USA, les leaders (notamment japonais et coréens) ne sont pas des nains technologiques et ils travaillent sérieusement dans la durée et sont "très flexibles".
Quant aux ingénieurs français, ils ne sont pas forcément meilleurs mais cela devient de plus en plus une constante, on fait appel à eux pour reprendre le "travail mal fait" chez les autres. Deux exemples récents :
1/ La R&D américaine a voulu s'imposer dans le projet des Alfa Stelvio et Giulia de 2ème génération, considérant qu'ils étaient en avance dans tous les domaines par rapport aux équipes de R&D européennes : plateforme STLA Large L3, nouvelle architecture électronique, moteurs électriques, etc... Visiblement, les premières copies rendues par les équipes de R&D USA en charge de ce programme ont été désastreuses à tel point que tout le projet a dû être redéfini en catastrophe. Au final, la nouvelle architecture électronique du groupe, qui devait être lancée par les Stelvio/Giulia, est désormais entre les mains des équipes Europe, et ce sont les programmes 208/2008 de 3ème génération qui en assurent maintenant le développement, ce qui a entrainé en partie le retard des lancements des deux modèles phare de Peugeot...
Bref, Filosa et son board fanfaronnent avec les USA, mais je crains que la fête ne dure pas très longtemps
2/ On peut aussi parler du programme Smart Car, un cas d'école révélateur de la méthode Tavares.
Programme lancé sous PSA, l'objectif était de concevoir une nouvelle génération de plateforme pour des véhicules destinés aux pays émergents, à coût et prix maitrisés. Evidemment, un tel programme ne pouvait pas être instruit par des équipes française et/ou européennes...Tel était donc le postulat de départ.
C Tavares et son board ont décidé d'externaliser complètement la conception et la mise au point de cette plateforme à l'indien Tata Engeneering, ce qui était un pari très audacieux (aucun grand constructeur historique ne s'y est essayé) : au menu, partage avec les indiens d'un cahier des charges avec des spécifications pour la conception, la mise au point et la production de véhicules adaptés aux pays émergents.
Comme chacun sait, les indiens n'ont pas une expérience avérée dans la mise au point de plateformes, mais visiblement tout cela était sous contrôle, en tous cas pour le staff de l'époque. Le résultat a été catastrophique.
Premier problème : La marque Tata (qui est pourtant une entité différente de Tata Engeneering) a lancé sur le marché indien le modèle Punch, qui est une copie troublante de la C3 indienne, au même moment que le modèle Citroen... Visiblement, on n'avait pas imaginé un risque de "pillage" chez le "partenaire indien"...Aujourd'hui, la Tata Punch rencontre le succès en Inde alors que la C3 y est très discrète commercialement.
Deuxième problème : une mise au point baclée, très en dessous des standards du groupe, notamment en tenue de route, confort, sécurité, ainsi qu'une partie software défaillante. Comme les C3/C3 Aircross avaient vocation à être distribués en AMSUD, les équipes locales de PSA se sont vues confier la mission de remettre à niveau le travail des indiens mais devant l'ampleur des difficultés, ce sont les équipes françaises qui ont été saisies en catastrophe pour redresser la barre. Et il y en a eu des heures éprouvantes de travail pour les équipes pour que la "copie soit présentable" dans des délais trop courts. Je pense que beaucoup se souviennent du lancement chaotique en Europe de la C3...