L'Europe relâche (un peu) la pression sur les constructeurs automobiles en matière de voitures électriques : "Un amendement ciblé"
Ursula von der Leyen, la président de la Commission européenne, a annoncé ce lundi matin un délai supplémentaire aux constructeurs automobiles pour atteindre leurs objectifs d'émissions de gaz à effet de serre. Une main tendue à l'industrie automobile au sein de laquelle la grogne face aux énormes amendes établies par l'Union se fait de plus en plus pressante.
Selon "l'amendement ciblé" proposé par Ursula von der Leyen, les constructeurs automobiles auront deux années supplémentaires pour atteindre leur moyenne de rejets de CO2 fixés par la norme CAFE (Corporate average fuel economy). Celle-ci établit une moyenne de rejets de CO2 par voiture vendue en Europe, fixé individuellement pour chaque marque.
Il ne s'agit toutefois pas d'un report, mais bien d'une plus grande flexibilité puisque la moyenne sera prise en compte sur trois ans (2025, 2026 et 2027) au lieu d'un seul comme initialement prévu. De quoi donner un peu d'air aux constructeurs en peine d'atteindre l'objectif fixé, en cette période où les ventes de voitures électriques ne progressent pas autant qu'attendu. Une décision pragmatique, alors que les principaux pays producteurs d'automobiles en Europe (Allemagne, France et Italie) avaient récemment fait part de leurs réticences face à cette norme, et surtout les amendes colossales qui peuvent en découler, par crainte de l'impact négatif qu'elle aurait sur leurs fleurons industriels. Mme von der Leyen a toutefois rappelé que "les objectifs restaient inchangés", à savoir l'interdiction des moteurs à combustion en Europe dès 2035.