Les derniers posts me font... pleurer ! Quel gâchis ! Mais il y a un autre élément, c'est l'image de marque désastreuse à cause de la très mauvaise gestion des soucis de fiabilités. Et donc on aime pas prendre un risque en achetant une voiture au prix d'une 508 et dans une moindre mesure, une Peugeot tout court! La DS9 aurait su être 508 Berline, le break en version chassis longue, version RXH HY300 appelé pourquoi pas 608. Audi l'a fait avec les 100/200 les A6/A8. Et surtout faut tenir sur la longueur. Avec ces vides après les derniers HDG 604, puis 605, puis 607, maintenant rien après la 508II... on perd pas mal de clients. La 508II à hayon est hyper belle... mais l'image de la Peugeot "grande berline" est plaisir de conduire avec place à suffisance, comme 406 ou 508I... .
Deux points importants :
1/ la fiabilité/robustesse : c'est incompréhensible que la Direction ait pu laisser se détériorer la qualité générale au cours de ces 15 dernières années, alors que grâce aux 504/505 puis 406 notamment, la marque bénéficiait d'une tradition de robustesse/qualité pour ses modèles, qu'elle aurait pu exploiter et valoriser dans ses productions et dans ses "messages marketing". Les japonais ont parfaitement compris depuis longtemps que la réputation d'une marque se fondait d'abord sur la fiabilité et la robustesse : il n'est pas étonnant d'ailleurs que Toyota ait remplacé Peugeot en Afrique comme "marque indestructible"...
2/ la permanence : c'est aussi une qualité qui n'a jamais été comprise par les dirigeants de la marque. On ne parvient à fideliser une clientèle et à la renouveler qu'à la condition d'être perçu comme un acteur incontournable et crédible, notamment en "haut de gamme" au sens large car la clientèle est beaucoup plus exigeante. Cela implique de maintenir dans le temps une présence sur ces segments comme le font les références du marché, afin de se maintenir au niveau des meilleurs compétiteurs.
C'est l'inverse qui se produit à chaque fois avec la marque. Quelques exemples :
- Peugeot disposait d'un véhicule exceptionnel avec le RCZ, coupé compact racé mais resté accessible en prix. La marque aurait pu s'inspirer de l'exemple de Mazda, constructeur japonais généraliste haut de gamme, qui dispose d'un modèle devenu mythique avec le MX 5 : ils en sont à la 5ème génération et cette voiture est devenue un "must international". Au lieu de cela, C Tavares a préféré sacrifier ce "véhicule image" pour des motifs de rationalisation et de rentabilité ;
- Peugeot a pendant plusieurs décennies proposé des coupés voire cabriolets au sein de sa gamme : 204/304/504/205/306 et plus récemment les 406 et 407, la première ayant connu un vrai succès commercial, ce qui n'a pas été le cas pour la seconde. On peut aussi évoquer les 206/207 et 307/308 CC qui ont été abandonnés sans descendance alors que Peugeot était parvenu à démocratiser le coupé cabriolet avec un certain succès pendant plusieurs années. Au lieu de se réinventer, les coupé et cabriolet ont déserté le catalogue de la marque depuis bien longtemps alors que Mercedes, Audi, BMW ont conservé une offre de coupés et cabriolets dans leurs gammes (même si le nombre de modèles s'est réduit). On attend toujours un coupé compact sur les segments B ou C, où la marque serait crédible. La direction serait-elle en manque d'inspiration et/ou d'ambition ? Il est temps de rompre avec la "morosité tavaresienne";
- Le segment D est celui où les revirements de stratégie sont les plus nombreux et donc logiquement les plus problématiques pour la perception de la marque par la clientèle. La 508 I, en berline comme en break, proposait une approche classique et élégante de la grande routière à l'image d'une VW Passat. La 508 II opère une rupture avec une offre plus proche d'une BMW série 3 ou une Audi A4, avec une habitabilité plus mesurée que sur la 1ère génération et des tarifs qui vont devenir déconnectés du marché. La marque mise sur davantage de dynamisme, lance la PSE mais s'interdit une version RXH disponible sur la 1ère génération et qui avait connu un certain succès...On connait le résultat aujourd'hui ;
- quant aux modèles sportifs, c'est là aussi la règle de l'impermanence.
* Dans les années 80, Peugeot se donne les moyens de devenir un acteur incontournable sur le marché des GTI avec les 205 et 309. Puis ce sera une lente descente dans l'oubli pendant 20 ans, avant une renaissance dans les années 2010 avec les 208 et 308 GTI BPS. Visiblement, la Direction a dû oublier que VW maintenait une Golf GTI pendant toutes ses années (voire des versions R) et que Renault devenait également un acteur majeur avec sa gamme RS.
* Sur le segment haut de gamme, la marque cherche à se doter d'une image dynamique avec la 505 Turbo injection au début des années 80, suivi par les 405 MI16/T16 et des dérivés 4 roues motrices, puis à nouveau un lent déclin, les 407, 607 pis 508 1ère génération n'ayant aucune prétention sportive. La renaissance apparait avec la 508 PSE pendant 5 ans avant une disparition par la petite porte. Le label PSE était annoncé comme devant prospérer sur plusieurs modèles de la gamme, Linda Jackson s'est empressée d'euthanasier cette ambition.