Ce serait vraiment dommage, d'autant que les transformations n'étant que cosmétiques et identiques au autres version.
Même si elle ne s'est pas vendu en gros volume, la 508 reste quand même le haut de gamme chez Peugeot. Il me parait difficile de la supprimer complètement, ne serait-ce que pour l'image de marque. Surtout une fois les de défaut gommé avec le restylage.
J'ai possédé la plupart des versions haut de gamme des trente dernières années: notamment 205 GTI (3), 605, 406 (2), 607, 508 GT HDI 204.
Ces autos étaient pour la plupart bien dessinées avec une certaine élégance grâce au concours de Pininfarina, et parfois assez bien motorisées.
Certaines avaient beaucoup de personnalité comme les 205 GTI, la 605 qui possédait une maniabilité de 205 GTI dans une caisse de très grande routière, la 607 V6 HDI très bien équipée, dotée d'une motorisation plaisante et mélodieuse, et réellement confortable en version haute.
Avec cette dernière voiture, le service clientèle de Peugeot a commencé à traiter les clients de manière totalement inappropriée en refusant la prise en charge ou une simple participation sur le remplacement des nombreux boitiers et durites de refroidissement défectueux sur des véhicules toujours entretenus dans le réseau, et c'est d'autant plus dommage qu'il s'agissait d'un véhicule bien construit (à partir du restylage).
Comme j'appréciais la marque, je me suis laissé convaincre pour l'achat d'une 508 GT qui était censée, d'après la communication Peugeot, remplacer à la fois la 407 et la 508, ce qui était bien évidemment une hérésie.
Quelle désillusion: moteur 204 ch anémique et agricole (mais plutôt sobre), sièges catastrophiques malgré l'option cuir nappa cohiba massant chauffant, châssis pas à la hauteur de ce que l'on attend d'une Peugeot (trop trépidant et peu incisif), piètre qualité de fabrication, et je passe sur le design qui ressemble à un tank. Bref, assurément l'une de mes plus mauvaises expériences automobiles avec un véhicule que je n'ai gardé que quelques mois et que j'ai eu le plus grand mal à faire reprendre.
Les concessionnaires confirment qu'ils ont perdu la quasi totalité de leur clientèle 607 qui a été obligée de passer à la concurrence après une brève expérience 508.
Les premières esquisses de 508 II semblaient indiquer que le constructeur avait compris qu'il convenait de redresser la barre.
Sur le véhicule définitif, la silhouette est très réussie mais gâchée par une surenchère de design "bling-bling" (dents de morse, feux arrière regroupés dans un bandeau proéminent, volant de karting sur un véhicule qui n'a rien de sportif, et... plastiques bas de gamme (mais quand même en progrès par rapport à 508 1ère du nom).
La seconde désillusion arrive à la lecture des spécifications techniques avec des moteurs 4 cylindres 1,6l en essence et 2.0l en diesel (180ch) pour les versions hautes.
Ces caractéristiques ne sont susceptibles, ni de conquérir les clients des marques Premium, ni de faire revenir les anciens fidèles.
La troisième douche froide consiste à lire les tarifs qui sont risibles mais justifiés, nous expliquait-on, par le fait que 508 II conservera une très haute valeur de revente... On sait désormais ce qu'il en est dans la vraie vie !
Les optimistes dont je fais partie espéraient que les choses évoluent favorablement avec un ajustement des prix ou des équipements et de la qualité des matériaux, et surtout par l'arrivée de motorisations plus nobles et musclées.
Que nenni, les prix ont augmenté, la finition haut de gamme GT désigne désormais du milieu de gamme, et les motorisations ont encore été revues à la baisse avec un moteur 1,5l HDI 130 ch pour les gros rouleurs...
La descente en gamme est flagrante, et il faudra malheureusement se résoudre à ce que Peugeot soit un généraliste à petites motorisations.
Ce n'est pas la PSE avec son moteur 1,6l à 70 K€ qui va tirer l'image de marque vers le haut.
Je ne serais pas surpris qu'après l'abandon dusegment 607, on abandonne le segment 508 en raison d'erreurs marketing évidentes et que la gamme se limite aux petites autos et aux SUV qui sont eux-aussi bling-bling, malheureusement. Mais eux, au moins, ont trouvé leur clientèle.
Attendons le restylage, mais je crains qu'il soit porteur de plus de mauvaises nouvelles que de bonnes.
J'espère de tout cœur me tromper au sujet de cette marque qui a été emblématique pendant plusieurs décennies et dont j'ai été un client fidèle et parfois complaisant!
