réactions des pilotes Peugeot
source Est Républicain :
Stéphane Peterhansel : « Durant cette étape marathon, les paysages étaient magnifiques, avec aujourd’hui un départ sur le Salar d’Uyuni. Physiquement, ce n’était pas facile : on est restés plus de trente-six heures entre 3.500 et 4.000 mètres d’altitude. C’est très fatigant. Hier, pendant la spéciale, je n’ai pas trop senti les effets de l’altitude. En revanche, en arrivant au bivouac, j’avais un peu mal à la tête. La nuit, on était dans des dortoirs militaires, ça ronflait, ça sentait fort... On n’a pas très bien dormi. Aujourd’hui, j’ai à nouveau ressenti les effets de l’altitude : on est passé plusieurs fois à 4.400/4.500 mètres en spéciale. Si les voitures perdent beaucoup de puissance, les bonshommes souffrent un peu aussi. Ça fait du bien de revenir au niveau de la mer (N.D.L.R. : à Iquique) et de respirer un bon bol d’air pur du Pacifique ! Aujourd’hui, on a roulé avec une marge de sécurité. Dans certains passages à 4.400 mètres, on a été très handicapés avec le moteur, plus que les autres concurrents je pense. A vitesse constante sur le Salar d’Uyuni, on faisait jeu égal avec les autres voitures, mais dès qu’il y a des virages - on ralentit et on ré-accélère -, on manque de reprise. On n’a pas eu le temps de faire des ajustements de cartographie moteur avec des altitudes comme celles d’aujourd’hui. Le moteur doit perdre 40% de sa puissance et les reprises sont compliquées quand on descend bas dans les régimes. On n’arrive pas à relancer la machine. Il faut jouer de l’embrayage pour repartir, ce n’est pas simple ».
Cyril Despres : « Pour une journée sans assistance, on n’a pas fait trop de mécanique. Ça, c’est une bonne nouvelle. Passer du niveau de la mer à 4.400 mètres d’altitude, ce n’est pas simple. L’organisme en prend un coup. Jusqu’à six kilomètres de l’arrivée, ça se passait plutôt pas mal. Puis on s’est ensablés dans une petite cuvette. Il y avait une voiture devant nous, j’ai voulu l’éviter, mais je n’ai pas encore les réflexes nécessaires, je n’ai pas encore assez de nervosité au niveau de la pédale. On a dû pelleter pendant un quart d’heure, c’est frustrant. Reste que le bilan de cette première semaine est plutôt positif puisque qu’on est arrivé à la journée de repos (N.D.L.R. : le 12 janvier pour les autos). On est au fond du classement. Ce n’est pas vraiment la position que j’espérais. On a beaucoup roulé dans la poussière. En partant de la 60e ou 100e place, c’est imparable. Ce n’est pas le Dakar que je connaissais jusqu’ici. Je suis là pour découvrir, pour apprendre. Au cours de la première semaine, j’ai découvert et j’ai appris à manger de la poussière… »