Histoire d'apporter un peu d'eau au moulin.
Perso, je fais 70 kms par jour (A/R donc). Je consomme en moyenne 6 litres, soit 4.2, soit 6.20 en cout de carburant. Le ticket de RER coute 7 EUR A/R. Certes avec la formule mensuelle, ça ne me couterait que 2 EUR par jour. Mais en transport, c'est au minimum si tout va tres bien, 1h10, en moyenne 1h20, pouvant aller jusqu'à 1h30 par trajet. En voiture, je mets entre 40 minutes si c'est tout fluide (jamais ou rarement le matin, mais régulierement le soir ayant le choix de pouvoir travailler en décalé) et 1h15 si ça va mal, 1h30, si vraiment pas de bol avec accident ou manif sauvage sur le périph. Mais la moyenne est de l'ordre d'1h, preuve en est ma moyenne de 35 à 40 km/h sur mon ODB.
On en a peu parlé, mais tu touches ici un des nombreux nœuds du problème. On demande souvent aux gens de laisser de côté la voiture, mais souvent on ne leur propose rien en face, en terme d'offre de transport en commun.
Horaires peu flexibles, fiabilité et régularité aléatoires, problèmes de sécurité (en particulier en Ile-de-France) font partie trop importante de l'offre. Et si les
centre-ville sont généralement bien desservis, certains bassins comme les zones industrielles concentrant beaucoup d'emplois sont généralement peu desservies dans les villes moyennes. Tout comme certaines zones très résidentielles. Si je prends ma ville (45000 habitants et un peu plus de 130000 sur l'aire urbaine), le premier bus qui dessert la plus grosse zone industrielle et logistique de l'agglomération arrive dans la zone aux alentours de 6h15-6h20. Sachant que les agents d'exploitation sont généralement sur des horaires postés, style 5h-12h, soit tu prends ta voiture (le vélo restant relativement dangereux à ces heures matinales), soit tu arriveras éternellement 1h en retard. Donc si tu tiens à ton emploi, tu oublies le bus.
La société exploitante des transports en commun de la ville a adapté la ligne qui dessert mon entreprise aux horaires de travail, et l'a rendue disponible sur réservation. Sur le papier, c'est gagnant-gagnant, car pour nous cela permet d'ouvrir nos portes aux personnes n'ayant pas le permis en leur donnant une flexibilité impossible à avoir sur des lignes régulières, et pour l'exploitant cela ajuste les coûts puisqu'étant sur réservation, si personne ne réserve un arrêt ou des bouts de ligne, la navette n'y va pas. Dans les faits, tout n'est pas parfait (la navette n'est pas toujours pile à l'heure, parfois oublie de passer aux bons arrêts, les employés oublient parfois de réserver, c'est peu adapté aux heures supplémentaires, et pour ceux qui sont du matin cela fait se lever encore plus tôt car le trajet est forcément plus long), mais cela a le mérite de proposer une solution alternative intéressante pour les personnes qui n'ont pas de voiture ou habitent à une distance raisonnable d'un arrêt. Dans mon cas (je suis en horaire de journée désormais), je ne peux pas l'utiliser car s'il y a une navette le matin qui me permettrait d'arriver un peu en avance le matin, il faudrait que je fasse 3 heures supplémentaires tous les soirs avant de rentrer
Donc je prends la voiture, bien que j'habite à 6km de mon travail. Mais l'achat d'un vélo électrique pliable (pour le gain de place à domicile) est très tentant, car je mettrais à peine plus de temps qu'en voiture, et d'après cette étude (
http://avem.fr/actualite-est-ce-que-le-vae-est-polluant-5861.html), un VAE n'est pas vraiment plus polluant qu'un vélo classique. A réfléchir pour le printemps (par exemple,
le Peugeot eF02 pourrait bien correspondre à mon usage et une recharge par semaine suffirait).
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Concernant la voiture électrique, cela ne marchera que lorsque les gens auront pris conscience qu'elle n'est qu'un maillon d'un nouveau modèle de production et de consommation d'électricité. Le but de la voiture électrique n'est pas de s'inscrire dans une mode à la bobo (ce que beaucoup font malheureusement), mais doit être le déclencheur d'une nouvelle approche. Individualisation de la production électrique, augmentation de la part du renouvelable, démocratisation des bâtiments à énergie positive, renforcement de l'isolation des bâtiments et réduction du parc immobilier énergivore, sont autant de solutions possibles à mettre en place et qui existent déjà. Cela offre une véritable alternative au 100% nucléaire et montre qu'en pouvant réduire notre consommation sans réduire notre confort, nous pouvons libérer de l'énergie pour des milliers de véhicules électriques, tout en fermant progressivement nos centrales nucléaires et en produisant de l'énergie de façon "propre".
Aussi, la voiture électrique n'en est qu'à ses balbutiements et il y a de grosses avancées technologiques à réaliser sur ce mode de traction :
- Améliorations sur les moteurs pour proposer des blocs moins gourmands, potentiellement plus légers pour proposer des puissances modestes adaptées aux petits véhicules
- Améliorations sur le design des véhicules (suppression d'entrées d'air etc.) permettant une meilleure aérodynamique
- Améliorations sur les batteries, en encourageant les recherches autour des batteries n'utilisant pas de terres rares (sources de conflit), et pouvant se recycler plus facilement
En écho aux évolutions des moteurs thermiques, les progrès sur tous les aspects du véhicule électrique sont considérables. Et le concept-car Peugeot e-Legend a bien montré que l'on peut faire un véhicule électrique, réaliste et sympa.
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Pour en revenir à la base du mouvement, globalement je ne soutiens pas les gilets jaunes, parce qu'ils ne proposent rien à mon sens et il n'y a pas d'objectif clair. Aussi, les "blocages" ont été complètement anarchiques et n'ont pour la plupart des cas aucun sens. Car concrètement, à part mettre encore plus dans la merde des sympathisants qui ne peuvent pas se payer le luxe de perdre des heures de travail en bloquant des rond-points, pour moi cela ne montre rien. Et pourtant je suis convaincu que les mesures prises concernant la politique routière et l'évolution des taxes sur les carburant sont mauvaises. Quand je fais une petite revue de presse et de témoignages recueillis, on voit rapidement que ça critique un peu tout mais sans rien vraiment proposer.
A titre personnel, et à la lumière de ce que j'ai pu voir ou entendre ces derniers jours, je dirais que :
- Dans la plupart des régions, on peut aisément vivre à la campagne avec un bon cadre de vie, sans habiter loin de son travail (10, 20km). Etre à 60, 80 ou même 100km de son lieu de travail, comme on a pu l'entendre, ne peut être que temporaire, que ce soit pour des raisons économiques ou de santé, et pour moi les gens qui se plaignent du prix du carburant tout en faisant des distances folles pour aller travailler sans chercher à améliorer leurs conditions sont totalement à côté de la plaque. D'ailleurs, ce genre de personnes sont des cas très particuliers, la distance moyenne domicile-travail étant plutôt de l'ordre de 30km, et la moitié des salariés vivent à moins de 8km de leur lieu de travail, qui peut interroger sur l'utilité même de la voiture.
- Etre propriétaire de son logement ne veut pas dire qu'on en devient prisonnier à vie. Un appartement ou une maison peuvent se revendre (et croyez-moi, pour peu que l'on colle un minimum au marché, tout se vend), pour les profils plus investisseurs cela peut être une occasion de se constituer un patrimoine en louant le bien etc. Avec les taux d'intérêts extraordinairement bas, devenir propriétaire n'a jamais coûté aussi peu cher, et dans certaines villes, pour peu que l'on soit bon bricoleur ou que l'on ait des connaissances, on peut faire de très bonnes affaires et transformer des citrouilles en véritables carrosses.
- Pour limiter les frais, il y a toujours la possibilité de trouver un covoiturage. Pour peu que l'entreprise soit plus grande qu'une TPE, et que les horaires soient fixes, plus l'entreprise est grande, plus la probabilité qu'un collègue habite sur votre chemin ou à côté de chez vous st importante. Cela permet de diviser les coûts de transport par 2, 3 voire 4 suivant le nombre de passagers, on est moins fatigués car on ne roule plus tous les jours, et les trajets sont plus conviviaux.