Peugeot e-408 : autonomie réelle
Mis en ligne le 20 octobre 2025 Rédigé par BrunoÀ sa sortie, la Peugeot e-408 a souvent été critiquée pour sa batterie de 58,2 kWh, jugée modeste pour une berline à vocation routière. Pourtant, malgré cette capacité limitée, imposée par les contraintes de sa plateforme E-EMP2, la e-408 se révèle bien plus efficace en autonomie réelle que ne le laissent supposer ses chiffres théoriques.
La berline fastback du Lion électrique recèle plusieurs atouts qui compensent largement cette capacité jugée modeste.
La e-408 repose sur la plateforme E-EMP2, spécialement adaptée aux véhicules électriques de Peugeot. Malgré un empattement plus long que celui de ses prédécesseurs, cette plateforme ne permet pas d’intégrer une batterie plus volumineuse que les 58,2 kWh actuels. Cette information a été confirmée par un expert de la marque lors du Mondial de l’Automobile 2024. Ce plafond technologique ne signifie cependant pas que la voiture ne puisse briller en termes d’autonomie.
Aérodynamisme optimisé : consommation maîtrisée
La Peugeot e-408 bénéficie d’une aérodynamique particulièrement soignée. Son coefficient de traînée (SCx) de 0,66 est nettement inférieur à celui de modèles similaires comme le Peugeot e-3008, plus volumineux. Ce profil aérodynamique bas contribue à réduire la consommation d’énergie, notamment sur route et autoroute, où la résistance à l’air est un facteur déterminant. Grâce à cette optimisation, l’autonomie réelle de la e-408 dépasse largement les attentes.

Les tests menés par L’Argus et AutoJournal confirment une autonomie réelle de Peugeot e-408 dépassant souvent les 400 km en conditions mixtes, soit une performance très proche des valeurs WLTP annoncées (453 km). Un exploit, quand on sait que de nombreux concurrents affichent des écarts bien plus importants entre autonomie homologuée et autonomie réelle.
Face à la concurrence : une efficacité remarquable
Face à des concurrentes équipées de batteries plus imposantes, la Lionne n’a rien à envier. Lors d’un essai comparatif face à la BMW iX2 20e, l’AutoJournal a démontré que la Peugeot e-408 offrait une autonomie réelle similaire sur route et autoroute, tout en affichant un tarif et un rapport équipement bien plus avantageux. Cerise sur le gâteau : la e-408 surpasse même la BMW au 0 à 100 km/h, avec un gain de presque une seconde.
Ces résultats confirment une tendance claire : il ne suffit plus aujourd’hui de miser uniquement sur des batteries toujours plus grosses et lourdes pour garantir une bonne autonomie. L’exemple est parlant avec le Peugeot e-3008 équipé d’une batterie de 73 kWh, qui offre une autonomie autoroutière d’environ 330 km, soit à peine mieux que les 300 km de la e-408, pourtant dotée d’une batterie bien plus petite.
Il s’agit d’après nous d’une leçon précieuse pour les futurs modèles du Lion. Ces derniers qui pourraient ainsi allier autonomie, prix accessible et respect de l’environnement.
Le seul point faible : la recharge rapide
Si la e-408 brille par son efficacité énergétique, sa puissance de charge limitée à 120 kW en courant continu reste son talon d’Achille. Les tests montrent que la courbe de recharge perd rapidement en puissance après 60 %, ce qui peut compliquer les longs trajets sans planification rigoureuse. Heureusement, e-408 est équipé de série du trip planner
Par chance, le système de navigation (i-Connect Advanced) inclut de série un « trip planner » intelligent, conçu pour optimiser les trajets en maximisant l’autonomie et en simplifiant la recharge.
La voie pour l’avenir électrique de Peugeot
Avec la e-408, Peugeot prouve qu’une batterie de 60 kWh, associée à un aérodynamisme optimisé, un moteur efficient et une gestion intelligente de l’énergie, peut rivaliser – voire surpasser – des modèles plus lourds et plus gourmands. Selon nous, la marque doit s’orienter vers des véhicules plus efficients, combinant aérodynamisme optimisé (SCx autour de 0,65 voire moins), batterie de taille raisonnable entre 60 et 65 kWh et une puissance de charge accrue pouvant atteindre 200 kW. Nous estimons que ce cocktail permettra de proposer des berlines électriques capables de rivaliser, voire de surpasser, l’autonomie des SUV, tout en maintenant des tarifs plus accessibles grâce à des batteries de capacité modérée. Telle est la voie…

