Stellantis relance le diesel en Europe

Mis en ligne le 16 février 2026 Rédigé par

Après avoir annoncé la reconduction du moteur Firefly, Stellantis relance à présent son offre diesel sur certains segments en Europe. La décision pourrait sembler incongrue tant elle semble éloigner de la tendance actuelle de l’électrification à marche forcé. Et pourtant, il s’agit bien de concret.

Un retour du diesel qui surprend, mais qui s’explique

Dans un contexte où les constructeurs sont souvent critiqués pour leur lenteur à adopter l’électrique, Stellantis assume un choix audacieux : répondre à la demande réelle des consommateurs. Le groupe a officiellement annoncé dans un communiqué de Reuter la réintroduction de versions diesel pour au moins sept modèles en Europe, dont la Peugeot 308, l’Opel Astra et la DS 4. Côté utilitaires, des motorisations diesel font leur retour sur le Citroën Berlingo, le Fiat Professional Qubo L, l’Opel Combo et le Peugeot Rifter – des véhicules pour lesquels l’abandon du diesel avait entraîné une chute brutale des ventes, comme en témoigne l’exemple du Rifter.

Stellantis Diesel Europe

Un marché du diesel toujours actif

Si les véhicules neufs diesel ne représentent plus que 3 % des ventes en Europe, cette baisse s’explique davantage par la réduction drastique de l’offre que par un désamour des consommateurs. Les chiffres du marché de l’occasion sont éloquents : en 2025, le diesel représentait encore 45 % des ventes, soit une baisse d’à peine un point par rapport à 2024. Une légère baisse qui profite principalement aux hybrides essence, également plébiscités par les gros rouleurs et qui progressent de 2 points. L’électrique quant à lui ne décolle toujours pas et gagne seulement 1% de part entre 2024 et 2025. Aujourd’hui, le diesel constitue encore la moitié du parc automobile en circulation en France, preuve que cette technologie reste ancrée dans les habitudes des automobilistes.

Quelle perspective pour la relance du diesel en Europe par Stellantis ?

À court terme, le constructeur pourrait proposer des moteurs conformes à la norme Euro 7, plus strictes en matière d’émissions. À moyen terme, l’hybridation légère des motorisations diesel est envisagée. Plusieurs sources internes évoquent le développement d’un futur 1.6 Diesel mHEV (hybride léger), similaire aux versions essence Hybrid 145. Ce moteur serait associé à la boîte de vitesses e-DCS à 6 rapports et à un petit moteur électrique, offrant ainsi un compromis entre performance et sobriété. Mais rien n’est certains pour l’instant tant la stratégie fluctue au fil des mois.

Une stratégie partagée par d’autres constructeurs

Stellantis n’est pas isolé dans cette démarche. Ford, Volvo et General Motors ont également réintroduit des motorisations thermiques ces derniers mois, reconnaissant implicitement que la transition vers l’électrique ne peut se faire au détriment des attentes des clients. Cette tendance s’inscrit dans un contexte réglementaire en évolution, où les normes pro-électriques sont progressivement assouplies, tant en Europe qu’aux États-Unis.

Exemple concret : la Peugeot 308 Diesel

La Nouvelle Peugeot 308, emblématique de cette stratégie, est désormais proposée avec le moteur 1.6 Blue HDi 130. Ses tarifs varient selon les finitions :

  • Style : 35 900 €
  • Allure : 37 750 €
  • GT : 40 350 €
  • GT Exclusive : 41 650 €

Une volonté claire de « laisser le choix »

En relançant le diesel, Stellantis prend un risque industriel et médiatique, mais assume un positionnement clair : celui d’un constructeur à l’écoute de ses clients, prêt à adapter son offre en fonction des réalités du marché. Une approche qui pourrait bien inspirer d’autres acteurs du secteur, dans un environnement où la transition énergétique se heurte encore aux contraintes économiques et aux habitudes des consommateurs.