Stellantis remet en question la fin du moteur thermique

Mis en ligne le 8 septembre 2025 Rédigé par

Nommé à la tête du groupe Stellantis en juin, Antonio Filosa n’a pas tardé à faire entendre sa position sur la fin du moteur thermique en 2035.

Dans une interview réalisé le 6 septembre par le journal Les Echos, Antonio Filosa affirme que les objectifs visant à baisser de 55% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 sont irréalistes. Il faut au plus vite apporter de la souplesse sans quoi l’industrie automobile européenne pourrait très vite décliner.

Remise en question de la fin du moteur thermique

L’utimatum de 2035 est de plus en plus décrié par les constructeurs automobiles. Fin aout, le Président-directeur général de Mercedes-Benz et président de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobile, Ola Källenius avait déjà soutenu que l’arrêt de la commercialisation de motorisations thermiques (hybrides inclus) était irréalisable. Il ajoute que la stratégie du « tout électrique » à marche forcée conduira l’industrie automobile européenne droit dans le mur.

S’ajoute à ces déclarations celles de Oliver Zipse, directeur général de BMW, qui qualifiait la semaine dernière l’arrêt des ventes de modèles thermiques en 2035 de « grave erreur ».

Même le groupe Volkswagen qui s’était fixé pour objectif de ne vendre que des véhicules électriques en Europe dès 2033 a dû revoir sa position. En début d’année, Audi et Volkswagen étaient en train de revoir leur calendrier vers le « 100% électrique ». En raison d’une baisse de la demande pour les véhicules électriques et d’un attrait fort pour les modèles hybrides, les marques allemandes devraient investir dans l’évolution de leurs motorisations thermiques.

Des moteurs thermiques après 2035 ?

Moteur hybride Stellantis

L’absence d’une offre thermique / hybride à compter de 2035 pourrait conduire à un effondrement des ventes de véhicules neufs. On assisterait ensuite à des fermetures de sites de production, voire à la disparation de marques automobile. Puis, la nature ayant horreur du vide, les constructeurs chinois pourraient très rapidement s’imposer avec des véhicules électriques à tarifs attractifs financés par le gouvernement chinois. La guerre économique a déjà commencé puisque la Chine inonde déjà le marché mondial avec des automobiles toujours moins chères. Ce scénario catastrophe pourrait être qualifié d’alarmiste voire d’exagéré. Mais n’oublions pas que cela s’est déjà produit par le passé. D’autres industries « High Tech » européennes ont péri au début des années 2000, anéanti par le rouleau compresseur chinois.

Vente des véhicules électriques

Actuellement, les ventes de véhicules électriques en France ne sont pas au beau fixe. Après plusieurs années de croissance dopée artificiellement par des aides, les volumes stagnent voire baissent sur plusieurs mois en 2025. Même le marché de l’occasion du véhicule électrique fait grise mine alors qu’il y a pourtant de très bonnes affaires. Mais voilà, tous les clients ne sont pas prêts à passer au véhicules électriques et cela n’est pas prêt de changer. Une enquête réalisée il y a quelques semaines par CarVertical et le Escale Consulting auprès de 16 000 automobilistes dans 35 pays révèle la réticence des acheteurs.

 Il faut avant tout laisser le choix. Ceux pour qui l’usage d’un véhicule électrique ne représente pas une contrainte profitera de l’agrément incomparable du moteur électrique et réalisera des économies substantielles. Pour les autres, le moteur thermique, qui n’a pas dit son dernier mot, a la possibilité d’effectuer de très longs trajets grâce à son autonomie importante.

Est-ce la fin du moteur thermique chez Stellantis ?

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