Stellantis : révision des normes CAFE aux USA
Mis en ligne le 5 décembre 2025 Rédigé par BrunoLe ministère des Transports américain vient de proposer la révision des normes CAFE qui régit la règlementation sur la consommation des véhicules. Cette mesure entrera en vigueur aux USA en 2026 et bénéficiera à Stellantis et à ses clients.
Antonio Filosa affichait un visage radieux dans le bureau ovale. Le CEO de Stellantis avait de quoi sourire. L’administration Trump a officiellement annoncé un assouplissement significatif des normes CAFE, qui encadrent la consommation moyenne de carburant et les émissions des véhicules neufs aux États-Unis.
Pour rappel, ces normes renforcées sous la présidence de Joe Biden, étaient jugées « ridiculement contraignantes » et « coûteuses » par Donald Trump. Il a donc décidé de les réviser à la baisse. Cette décision permettra de réduire le prix d’achat des véhicules et de préserver la compétitivité de l’industrie automobile américaine dont les marques du groupe Stellantis.

Concrètement qu’est-ce qui change ?
- Les objectifs de consommation moyenne, initialement fixés à 50,4 miles par gallon (environ 4,7L/100km) d’ici 2031 sous Biden, sont ramenés à 34,5 miles par gallon (environ 6,8L/100km)
- La règle proposée reclasserait par ailleurs les crossovers et les petits SUV dans la catégorie des véhicules particuliers et non plus des camionnettes.
- Ces normes révisées supprimeraient aussi un programme d’échange de crédits entre constructeurs.
Les constructeurs américains dont le groupe Stellantis saluent cette décision. Ils estiment qu’elle aligne les standards sur les réalités du marché, où les véhicules électriques ne représentent encore qu’une faible part. Rappelons que l’année passée la part des motorisations électrique était de seulement 8%.
Cette décision offre à Stellantis un nouveau souffle en lui permettant de réduire ses coûts réglementaires et de mieux adapter sa production aux réalités du marché américain, tout en préservant sa compétitivité face à la concurrence.
L’ajustement de la mesure va réduire les pressions financières et réglementaires sur le groupe. Cette allègement est bien venu dans un contexte de reprise des ventes de Stellantis en Amérique du Nord.
Stellantis, comme les autres constructeurs américains, évitera des investissements coûteux liées à la recherche et au développement de technologies vertes pour se conformer à des normes trop strictes. De plus, ces nouvelles règles réduisent les risques d’amendes et les dépenses à court terme pour les constructeurs.
Le groupe franco-italo-américaine va pouvoir continuer à produire et vendre davantage de véhicules thermiques et hybride, très populaires aux États-Unis, sans pression immédiate pour électrifier massivement sa gamme. Ainsi, cela va lui permettre de s’adapter à la demande réelle du marché. Une vision qu’il serait sage de partager en Europe.
Stellantis a salué une mesure qui « réaligne les standards CAFE aux vraies conditions du marché mondial ». Cela lui évite de devoir ajuster ses stratégies de production entre les États-Unis et d’autres régions où les normes sont moins strictes, simplifiant ainsi sa logistique et sa planification industrielle.
En évitant une transition trop rapide vers l’électrique, Stellantis peut maintenir des prix plus attractifs pour ses véhicules, ce qui est crucial face à la concurrence, notamment asiatique. Antonio Filosa a souligné l’importance de « préserver le choix des consommateurs et la compétitivité internationale »
Avec des normes moins strictes, Stellantis va réduire sa dépendance à l’achat de crédits carbone (par exemple auprès de Tesla ou d’autres constructeurs excédentaires), ce qui va améliorer sa marge financière.
L’Europe doit suivre la voie
Historiquement, les États-Unis ont fréquemment joué un rôle de précurseur, en prenant des virages stratégiques qui tranchent avec les approches plus prudentes de leurs partenaires européens. A présent, Stellantis et les constructeurs européens attendent que l’Europe adopte la même vision avec un aménagement de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035. Mais rien est joué face à l’obstination de la commission européenne qui préfère envoyer dans le mur toute une industrie plutôt que d’admettre avoir fait fausse route.
