Le journal Les Echos semble bien informé sur les retards de la future 208 , C.T. n'y est pas étranger.
Peugeot 208, SUV inédit : retards et atermoiements autour des futures citadines de Stellantis
Hésitations autour de la motorisation, coupes dans les budgets de l'ère Tavares… la future petite Peugeot sortira seulement mi-2027, soit 18 mois après sa grande concurrente, la Renault Clio. Et seulement en version électrique. Mais Peugeot planche sur un nouveau modèle inédit, selon nos informations.
Le récit du développement de la future Peugeot 208 est un résumé des affres que traverse l'industrie automobile actuellement. Et en particulier le groupe Stellantis. La citadine ne sera commercialisée qu'à l'été 2027, a-t-on appris de sources proches du dossier. En début d'année, elle était encore donnée pour sortir au printemps 2027.
Quant à la future Opel Corsa, cousine de la 208, elle héritera de la nouvelle plateforme 100 % électrique début 2028. Issue de la même base technique, la Peugeot 2008 sortira pour sa part en mai 2028. Suivra selon nos informations un modèle inédit pour Peugeot, toujours sur les mêmes fondations technologiques, l'équivalent d'un petit SUV 3008 qui rappelle
le récent Symbioz de Renault, a-t-on appris de plusieurs sources au fait des projets de la marque.
Programme à contretemps
Ce programme de lancement, très retardé, devrait peser sur les performances de Stellantis en Europe ces prochaines années. La petite Peugeot 208 sortira 18 mois après sa grande concurrente, la Renault Clio, commercialisée début 2026. Elle arrivera également un an après l'allemande ID.Polo (électrique) de Volkswagen. Ce démarrage à contretemps interroge dans le monde automobile. « De tout temps, Clio et 208 étaient lancées simultanément avec au pire un Salon d'écart (l'une sortant en début d'année à Genève, l'autre à Paris ou Francfort un peu plus tard dans l'année) », se rappelle un vieux routier du secteur.
Pour faire patienter les observateurs et les fans, la marque au lion a bien dévoilé un concept car très félin, baptisé Polygon, à l'automne. La 208, suivie de sa cousine l'Opel Corsa, sont les deux meilleures ventes de Stellantis en Europe, avec respectivement 200.000 et 162.000 unités écoulées l'an dernier. Les ventes et parts de marché de Peugeot devraient par conséquent souffrir l'an prochain de l'absence d'une nouvelle 208, quand
la nouvelle Clio aura déboulé à pleine vitesse sur le bitume, l'horizon dégagé.
Pour comprendre ce retard inhabituel, il faut replonger dans les années Tavares. « Carlos avait le gros défaut de couper les budgets développement aux derniers trimestres pour sauver du cash et améliorer les résultats financiers annuels, témoigne un ancien cadre de Stellantis. C'est arrivé plusieurs fois pour la 'STLA Small'. » La dernière : un gel de 6 mois du développement entre septembre 2024 et mars 2025.
Il y avait aussi la tentation de prolonger la durée de vie de la 208 actuelle et de sa plateforme. « Il y a longtemps eu la conviction que la citadine était très performante, avec un cycle de vie très satisfaisant, avec la tentation d'allonger le cycle de vie au-delà de sept ans », continue la même source.
Autre souci pour Peugeot et Opel, la future Peugeot 208 ne sera d'abord qu'électrique. Elle inaugure en effet la plateforme technique 100 % à batterie dite « STLA Small » (lire « stella small »), présentée lors du plan stratégique du
précédent patron du groupe, Carlos Tavares, début 2022. Très attaché à son objectif de ne vendre que des voitures à batteries avec cinq ans d'avance par rapport à la réglementation européenne, le dirigeant n'avait pas voulu dépenser plus pour prévoir une version thermique de cette plateforme qui équipera les citadines mais aussi les petites familiales du groupe.
Promesse d'une grande efficience
Cette STLA Small sera la première plateforme tout-électrique conçue par les anciennes équipes PSA intégrées dans Stellantis. Toutes les autres plateformes développées sont multi-énergies (elles peuvent accueillir des batteries ou un moteur thermique). Avantage de cette future petite base technique spécialisée dans une énergie : elle sera très efficiente. Direction électrique, volant rectangulaire, pack batterie servant d'armature au châssis (technologie dite « cell-to-body »)… la 208 ne devrait pas consommer beaucoup plus de 10 kWh aux 100 km (contre 11 à 15 kWh pour la Renault R5).
Inenvisageable, malgré tout, de se limiter à une seule énergie. « Nous allons poursuivre notre stratégie multi-énergies, et nous continuerons de proposer de l'électrique, de l'essence mais aussi du diesel à l'horizon 2030 sur les segments B et C (citadines et familiales) », a martelé en septembre le directeur de la marque, Alain Favey.
La marque au lion devra probablement se contenter de « restyler » la 208 hybride actuelle pour prolonger sa durée de vie. Mais il sera techniquement impossible de lui donner exactement les mêmes courbes que la 208 tout-électrique, leurs architectures divergeant trop largement.
Deux ans pour mettre un moteur
Les silhouettes se rapprocheront dans un deuxième temps. La plateforme 208 actuelle va en effet finir, ces prochaines années, par se faire rattraper par les nouvelles réglementations sur la masse et les normes antichoc. Stellantis a donc pris la décision en début d'année de « casser » la plateforme STLA Small pour lui retirer ses batteries et lui donner un moteur thermique. « Il faut un délai de deux ans pour adapter la STLA Small », estime une source interne. Et une facture salée en coûts de développement.
La vraie nouveauté thermique n'arrivera en conséquence qu'à la fin de la décennie, sous réserve du plan stratégique que présentera le nouveau patron du groupe, Antonio Filosa. « Aujourd'hui, les plans changent toutes les semaines », déplore-t-on en interne. Tout dépend aussi
des plans de l'Union européenne sur la décarbonation de l'automobile.
Source :
https://www.lesechos.fr/industrie-s...r-des-futures-citadines-de-stellantis-2203483