@VVA22 : tu ne peux pas te contenter des analyses superficielles et toujours bienveillantes des journalistes économiques pour dresser un bilan de C Tavares et de ses années à la tête de PSA puis de Stellantis. Il te faut entendre les "insiders" (ouvriers/techniciens/ingénieurs) mais aussi les personnes qui travaillent pour les fournisseurs/équipementiers et celles qui ont des contacts plus ou moins directs avec le groupe. A cette condition, tu pourras avoir une vision plus juste de l'homme et du dirigeant d'entreprise qu'il a été et du bilan qu'il laisse à ses successeurs, aux salariés du groupe et aux partenaires.
Honnêtement, il était urgent que C Tavares achève son mandat et quitte le groupe car la situation devenait hors de contrôle.
Son obsession de la rentabilité et de la baisse des coûts lui aura fait perdre tout sens de la mesure et l'aura poussé à mettre en état d'extrême faiblesse le groupe Stellantis.
Il est difficile pour un observateur extérieur de se rendre compte de la gravité de la situation, mais il y a vraiment une urgence à traiter toute une série de problèmes qui sont directement liées à sa gestion.
Tout l'amont technique et industriel fonctionne de plus en plus mal : le département R&D, la production, la logistique, les achats.
C'est toute l'infrastructure du groupe qui est en difficulté et qui doit être rapidement traitée, sous peine de voir le paquebot Stellantis devenir un Titanic industriel du 21ème siècle...
Sur la R&D, il aura démantelé les équipes européennes et laisser se détériorer leurs conditions de travail, et fait monter en puissance des centres concurrents dans les pays low cost (LCL) et ultra low cost (ULCL), avec des résultats assez lamentables : le cas de la plateforme Smart Car en est une illustration, on pourra en reparler tellement elle est révélatrice du système chaotique prôné par C Tavares. Il aura également privilégier des partenariats avec des sociétés fragiles comme Punch Powertrain pour les boites double embrayage électrifiées (alors qu'il avait également dégarni en interne le département boite de vitesses...), etc...
Au niveau de la production, les sites industriels européens mais aussi américains, sont surdimensionnés par rapport à l'activité actuelle : certes les marchés sont en baisse depuis la covid, mais la politique privilégiant les marges plutôt que les volumes depuis 2014 a aussi fait des dégâts en amont. Certains sites fonctionnent à moins de 50% de leurs capacités...Et l'état de certains sites et centres européens, notamment français, est alarmant : A Filosa a été étonné de l'état déplorable de certaines installations lors de sa venue en Europe. Il va certainement falloir fermer des usines, revendre des terrains, etc...
Le fiasco en matière de logistique est également à mettre au crédit de C Tavares : on se rappellera la cession de GEFCO pourtant partenaire historique du groupe PSA...
On a déjà évoqué le travail de sape de C Tavares avec les sous-traitants et les équipementiers, avec une perte de confiance : délais de paiement à rallonge, volumes de production non tenus, etc...
Le rétablissement passe par des moyens humains et financiers.
Or sur ces deux points, la situation n'est pas simple.
Il y a des trous béants dans l'organisation de l'ingénierie, avec des pertes de compétences et de savoir-faire. C'est aussi le résultat de son "management dictatorial", refusant toute critique ou toute nuance dans la gestion de certains sujets, qui aura provoqué des départs et/ou des licenciements à tous les niveaux de l'entreprise : cadres dirigeants, ingénieurs, techniciens, opérateurs, etc...
Il y a un impératif à renforcer très rapidement la R&D et l'ingénierie : il faut que le groupe continue à concevoir et produire des moteurs thermiques, hybrides et électriques et soit capable de concevoir et de produire une voiture de A à Z, sans le truchement de partenaires plus ou moins fiables. Cela passe par des recrutements et de la formation : tout cela prend du temps... il va falloir également travailler sur la partie software, car c'est vraiment une faiblesse assez criante du groupe, tout comme l'amélioration des VE actuels.
Les actionnaires devront certainement remettre des fonds dans l'entreprise, ce qui, au vu de la structure de cet actionnariat davantage porté sur la rentabilité que sur l'investissement, n'est pas garanti et pourrait ne pas être vécu facilement...