En revanche, on comprend bien que c'est FCA qui a racheté PSA désormais.
Pourtant, l'actionnariat reste le même (le pool Exor étant compensé par le pool Famille Peugeot et la BPI) et le conseil d'administration a toujours la même composition formée par des ex FCA et ex PSA.
D'une manière générale, les organisations juridique et opérationnelle ont été pensées pour que les deux anciens groupes travaillent en bonne intelligence et qu'aucun ne perde la face...
Concrètement, PSA était plus fort en Europe et a donc imposé ses choix technologiques/stratégiques/commerciaux, et c'est le contraire en Amérique du nord et en AMSUD où FCA est resté leader du groupe et a imposé ses choix.
Pas sûr que la nomination d'Antonio Filosa entraine un bouleversement à court terme de cette politique : on est plutôt dans une forme de continuité stratégique que dans une rupture radicale.
Concernant l'actionnariat des familles Agnelli et Peugeot, je crois que leur stratégie est désormais parfaitement alignée.
Leur retrait du secteur automobile est progressif et concerne d'abord l'opérationnel.
Sur ce point les Agnelli ont été des précurseurs par rapport aux Peugeot : la création de FCA a été l'occasion pour eux de confier l'opérationnel à S. Marchionne avec un objectif de rentabilité élevé, ce que ce dernier a su parfaitement réalisé.
Lors du sauvetage de PSA en 2013, le choix de C Tavares par la famille Peugeot a été assez similaire : assainir et assurer une rentabilité à un groupe PSA qui était à bout de souffle depuis plusieurs années.
La disparition de S Marchionne et la création de Stellantis ont été à nouveau l'occasion de confier l'opérationnel à C Tavares en vue d'assurer une rentabilité maximale au nouveau groupe : cette stratégie a été voulue par les actionnaires de référence et a été soutenue par le conseil d'administration.
Contrairement à ce que tentent de nous faire croire les médias depuis le départ de C Tavares, Elkann ne s'est pas transformé comme par miracle en industriel en quelques mois : il reste un financier sans état d'âme, en quête d'un opérationnel qui partage sa stratégie de rentabilité.
Ce n'est pas pour rien si Antonio Filosa s'est cru bien inspiré de rendre hommage à S Marchionne dès sa nomination...