Essai découverte de la nouvelle Peugeot 408 : effet waouh ?

Mis en ligne le 21 juin 2026 Rédigé par

Lancée en 2022, l’originale berline Peugeot 408 a réalisé depuis une carrière plutôt discrète. Alors que nous pouvons estimer la production totale à un peu moins de 100000 exemplaires, Peugeot a révélé en début d’année 2026 un restylage assez visible, qui la rapproche encore de la Peugeot 308, elle-même restylée l’année dernière.

C’est également l’occasion de mettre à jour sa palette de motorisations, avec l’introduction d’une inédite version hybride rechargeable de 240 chevaux. C’est notamment cette version que nous vous proposons à l’essai pour cette redécouverte de la berline inattendue de Peugeot.

Un essai qui nous a mené de la côte bleue, dans la région de Martigues, aux Autobahns allemandes.

Un restylage de la Peugeot 408 principalement cosmétique

La nouvelle Peugeot 408 revoit de façon assez visible son style extérieur. Dans la continuité du restylage de la Peugeot 308, ce qui marque en premier lieu est la suppression des traditionnelles griffes lumineuses à l’avant. Elles sont remplacées par une calandre lumineuse (sur les versions GT et GT Exclusive), éclairant également le blason de la marque. Les blocs optiques supérieurs incluent désormais les traditionnelles 3 griffes que l’on retrouve plus habituellement à l’arrière, et se prolongent sur toute la largeur de la calandre. Calandre qui reprend un motif structuré noir brillant qui n’est pas sans rappeler la Peugeot 508 PSE, plus valorisant que l’ancienne calandre peinte couleur carrosserie. Au centre de cette calandre, le blason éclairé permet d’identifier au premier coup d’œil la voiture, et également suivre la tendance. Le rendu global est plutôt plaisant, les différentes griffes procurant un effet sympathique la nuit.

Les projecteurs supérieurs n’accueillant désormais plus que des feux de jour, les projecteurs Matrix LED migrent donc un peu plus bas, cachés au sommet des larges écopes latérales triangulaires grâce à un masque noir. Comme sur la nouvelle Peugeot 308, le regard à double étage se déploie donc chez Peugeot, de façon assez maline.

Toujours dans ce thème lumineux, passons à l’arrière avec l’arrivée d’un tout nouveau bandeau de feux, intégrant pour la première fois chez Peugeot le lettrage de la marque illuminé en rouge. Les feux arrière conservent leurs 3 griffes inclinées, et l’imposant bouclier arrière est inchangé.

A noter également, l’arrivée d’un très intéressant Vert Fascinant, très pailleté et qui met en valeur les lignes de cette Peugeot 408. Très sensible à la lumière, il peut varier d’un vert presque jaune à quelque chose de plus classique à l’ombre. Dommage cependant que ce vert remplace le Bleu Obsession, qui disparaît du catalogue, et globalement d’une réduction du nuancier qui ne propose désormais plus que 5 coloris (ce Vert Fascinant, Noir Perla Nera, Gris Selenium, Blanc Okénite et Rouge Elixir). Les jantes sont également redessinées. En entrée de gamme, les jantes de 17 pouces Silex sont désormais peintes en noir brillant, tandis que sur les finitions GT et GT Exclusive, les modèles équipés du moteur Hybrid 145 reçoivent un nouveau modèle nommé Adakite, très rectiligne suivant les tendances maison. Les versions électriques conservent leurs jantes de 19 pouces Graphite, et les versions Plug In GT Exclusive reçoivent les très étonnantes jantes 20 pouces Monolithe.

A bord, on conserve une équipe qui gagne

En montant à bord, nous restons en terrain connu. La planche de bord est globalement inchangée, mais ce n’est pas très grave, le dessin est toujours actuel. Les principales nouveautés portent sur les selleries, en partie renouvelées, sur les graphismes du combiné tête haute légèrement retouchés, et quelques détails d’accastillage.

C’est également l’occasion de se remettre en mémoire les principaux points forts de l’habitacle de la Peugeot 408. A commencer par l’habitabilité, notamment à l’arrière, parmi les meilleures de sa catégorie, permise par le long empattement de 2,79m. Le coffre est également logeable, avec un volume allant jusqu’à 536 litres banquette en place. Le seuil de coffre est raisonnablement haut, et la forme de la soute bien rectiligne, pratique pour les voyages. Avec ces éléments, envisager des vacances à 4 adultes avec bagages est envisageable facilement.

Côté technologie, toutefois, c’est regrettable que Peugeot n’ait pas profité du restylage pour opérer une mise à jour significative. Si sur les versions 100% électriques, la Peugeot 408 gagne le chargeur embarqué V2L (permettant de brancher des appareils alimentés par la voiture via un adaptateur dédié) et la fonction Plug&Charge, permettant, grâce à l’application Free2Move Charge, de supprimer les derniers freins liés à la recharge rapide, la moisson est maigre.

Seule principale nouveauté à mentionner, la caméra de suivi de l’attention du conducteur. Obligation réglementaire avec les normes européennes GSR2 (on la retrouve sur toute la gamme), cette caméra, positionnée sur le montant A dans le prolongement du tweeter, analyse le comportement du conducteur et émet des alertes en cas d’inattention. Concrètement, si vous regardez votre téléphone en conduisant, ou regardez un peu trop autour de vous et pas assez la route, des messages comme « Conduite à risque » accompagnés ou non d’un signal sonore apparaitront. Mesure de sécurité supplémentaire ou « flicage », chacun appréciera ce type d’équipement. Mais force est de constater, à l’image d’autres fonctions réglementaires comme l’alerte de survitesse, que cette caméra ne semble pas trop intrusive. Il faut vraiment regarder un moment ailleurs que devant soi, ou vraiment être absorbé sur le téléphone, pour se faire rappeler à l’ordre. Aussi, il est possible, après un rapide paramétrage, de désactiver ces aides à la conduite en pressant longuement sur le bouton Voiture sur la console centrale. Pratique !

Côté infotainment, nous retrouvons le désormais classique Peugeot i-Connect, dans une version un peu plus puissante qu’auparavant. Beaucoup plus stable que les premières versions, il est aussi plus réactif. Si l’interface à base de widgets personnalisables est toujours aussi pratique après la première configuration, nous regrettons qu’il y ait aussi peu de services connectés, hors Android Auto ou Apple CarPlay (sans fil). Il est donc impossible par exemple d’écouter ses playlists préférées de son service de musique en streaming en natif, ou de profiter de divertissement plus pointu lors des recharges en électrique (Youtube non proposé par exemple).

Il est aussi regrettable que certains équipements, parfois distinctifs, aient disparu pendant la vie de la Peugeot 408. A l’image du Night Vision, améliorant la sécurité en conduite de nuit, ou du Drive Assist 2.0 (incluant le changement de voie semi-automatique) pourtant présent sur le Peugeot 3008. Enfin, nous aurions aimé que certains équipements soient améliorés, comme les i-Toggle (pas de seconde page comme sur le Peugeot 3008), l’éclairage d’ambiance qui reste inchangé, ou l’absence d’équipements liés au caractère voulu familial de la voiture (sécurité enfants électrique, stores intégrés dans les portières, rehausseur pour enfants intégré).

A conduire, une nouvelle proposition hybride rechargeable et 2 autres connues

Sous le capot, nous pouvons opter pour 3 motorisations différentes. La première, c’est la version 100% électrique e-408, globalement inchangée. Nous retrouvons un moteur électrique développant 213 chevaux et 343Nm de couple, associé à une batterie de capacité nette de 58,2kWh. Grâce à l’efficience du moteur électrique, l’autonomie WLTP annoncée est de 456km. La Peugeot 408 n’étant pas conçue à la base pour être électrique, elle n’est donc pas optimale (tension de 400V uniquement, et pic de recharge à 120kW, batterie qui manque quelques kWh de capacité pour aller chercher les 500km d’autonomie), mais permet tout de même le minimum de polyvalence attendue pour ce type de véhicule (surtout avec le satisfaisant Trip Planner intégré). Nous en prendrons prochainement le volant.

Hybrid 145

De l’autre côté de la gamme, figure la motorisation Hybrid 145. Bien connue des amateurs de la marque, puisque ce bloc est proposé sur quasiment toute la gamme, il combine un moteur turbo essence 3 cylindres de 136 chevaux, et une boîte automatique électrifiée à double embrayage 6 rapports, pour un total cumulé de 145 chevaux. Bien que nous aurions aimé un peu de nouveauté sur cette motorisation hybride, plus en rapport avec le positionnement haut de gamme de la voiture (base 4 cylindres plutôt que 3, puissance cumulée d’environ 160 chevaux), force est de constater que ce mHEV est plutôt volontaire et anime la voiture. Avec un 0 à 100 abattu en moins de 9,5 secondes, et des reprises correctes, il saurait se faire oublier facilement s’il n’était pas aussi présent dans l’habitacle. Nous sommes de plus en plus habitués à des motorisations électriques, donc est-ce un problème d’insonorisation ou juste que nous sommes trop habitués au silence ? Difficile à dire !

Côté boite, la e-DCS6 gère bien les transitions entre l’électrique et le thermique, mais a tendance à générer des accoups dans les embouteillages à très faible vitesse, et a parfois un peu de latence au démarrage. Dommage, car sinon le bilan était parfait. La bonne surprise vient de la consommation et de l’autonomie. Nous avons pris le volant de la version Hybrid 145 pour un grand trajet essentiellement autoroutier entre la région parisienne et la Forêt Noire, en passant par la Bourgogne. Avec 4 adultes à bord et le coffre plein, nous avons relevé une consommation de seulement 6,3l/100km sur un peu plus de 1200km, incluant des phases de roulage à très haute vitesse sur les autoroutes allemandes. Des chiffres comparables à un bloc diesel d’aujourd’hui, permettant une autonomie de l’ordre des 800km avant de ravitailler, rendant le gazole de moins en moins utile sous le capot.

Le confort et le comportement routier à haute vitesse est également de bonne facture. La direction et l’amortissement semblent légèrement améliorés, avec une direction légèrement moins floue selon notre ressenti, et une haute stabilité à haute vitesse, y compris autour de 180km/h. Seuls quelques bruits d’air se font entendre à partir de 110km/h, mais rien de rédhibitoire.

Plug In 240

La principale nouveauté technique de cette nouvelle Peugeot 408 est à chercher sur la version hybride rechargeable, ou Plug In. Développant désormais 240 chevaux, la voiture embarque pour la partie thermique le bloc 1.6 turbo essence de 180 chevaux et 250Nm de couple. Pour la partie électrique, le réducteur développe désormais 125 chevaux pour un couple allant de 118 à 300Nm. Le tout est associé à une boite automatique à double embrayage e-DCS7 et à une nouvelle batterie de 14,6kWh utiles, permettant une autonomie en tout électrique de plus de 80km.

Le comportement routier, que nous avons pu apprécier sur les petites routes de la côte bleue, est tout aussi satisfaisant que la version Hybrid 145. Les phases de roulage électrique et thermique sont transparentes, et la boite est plutôt réactive. Comme sur la petite version, nous trouvons le moteur un peu bruyant. Au niveau des performances, il n’y a quasiment pas de compromis, avec un 0 à 100 réalisé en seulement 7,5 secondes, et un 80-120 en 4,3 secondes. Le confort est également excellent, surtout avec les jantes de 20 pouces qui équipaient notre modèle d’essai. Côté consommation, PHEV oblige, elles sont très basses. Nous sommes descendus à 2,6l/100km sur un parcours d’essai incluant des voies rapides, et environ 6,5l/100km batterie vide.

Reste une inconnue pour cette motorisation, son potentiel commercial. Il s’agit de la plus chère des 3, et la plus pénalisée de taxes en tous genres, nous dépassons allègrement les 50000€ pour notre modèle d’essai. Pour les derniers hésitants qui veulent essayer quelque chose d’électrifié ?

Budget et concurrence : un marché de plus en plus restreint

La Peugeot 408 n’a pas fait évoluer fortement ses tarifs, ce qui est une bonne nouvelle. La gamme démarre à 38500€ en finition Allure avec le moteur Hybrid 145, qui fait toutefois l’impasse sur certains équipements comme la navigation connectée (550€ avec les i-Toggles et la recharge à induction, un peu mesquin). La version GT, mieux équipée, apporte la fameuse calandre lumineuse et les projecteurs Matrix LED, la navigation, les jantes de 19 pouces ou encore le hayon électrique. Mais les tarifs augmentent, à partir de 42500€ en Hybrid 145, 45250€ en électrique et déjà 47250€ en Plug In. Enfin, la version GT Exclusive a un équipement pléthorique, avec le système Hi-Fi Focal, le Pack Alcantara Executive, l’alarme ou l’aide au stationnement à 360 degrés. A partir de 44350€ en Hybrid 145, 47600€ en électrique (la privant du bonus sauf en cas de remise, ce qui sera certainement le cas) et nous frôlons les 50000€ en Plug In.

Sur ce marché, il reste peu de concurrentes. Le premier modèle nous venant à l’esprit est la Skoda Octavia, qui propose une bonne habitabilité et un grand coffre à hayon. L’équipement de base est similaire, et les tarifs moins élevés, cependant la motorisation de base TSI 116 n’est pas hybridée, et il manque 30 chevaux. La version la plus comparable à la Peugeot 408 est la version e-TSI 150, proposée entre 36480 et 42670€.

Sur des modèles électrifiés, nous pensons également naturellement à la Tesla Model 3. Moins jolie et plus encombrante, mais avec plus de technologie embarquée, elle est aussi moins chère, puisque proposée à partir de 36964€. L’autonomie est meilleure, à 534km WLTP, et l’accès aux Superchargers Tesla est simplifié. La Peugeot e-408 GT, à l’équipement un peu comparable, est proposée à 45250€ avant déduction de la prime CEE (de 3600 à 6100€ suivant votre profil). Difficile de rivaliser face à celle qui est souvent considérée comme la référence des électriques. Côté chinois, la BYD Seal, qui a plus d’autonomie et de puissance, démarre à 46990€, soit l’équivalent de la Peugeot e-408 GT Exclusive.

Conclusion : restylage lumineux pour sûr, mais suffisant pour relancer la Peugeot 408 ?

Les nouveautés proposées sur la nouvelle Peugeot 408 l’améliorent sans aucun doute. Les modifications esthétiques sont sympathiques, même si elles la rapprochent de la Peugeot 308, tandis que le nouveau PHEV de 240 chevaux est cohérent avec le positionnement voulu du modèle. Là où nous sommes restés sur notre faim, c’est l’absence d’évolution sur les autres chapitres, alors que nous aurions aimé des nouveautés notables sur la version électrique, pour aller chercher plus frontalement une Tesla Model 3 sur le prix de base. Toutefois, la Peugeot 408 semble reprendre l’ascendant sur les mensualités de leasing, avec par exemple la Peugeot e-408 GT (avec pompe à chaleur et recharge sans fil en option) à 448€ par mois sans apport (uniquement la prime CEE de 3600€) sur 60 mois / 50000km avec le contrat d’entretien. Dans le cas le plus favorable, la Tesla Model 3 Propulsion va demander 483€ sans apport (uniquement la prime CEE de 400€) sur 48 mois / 40000km. Le match est-il joué d’avance ? Peut-être pas ! Mais pour sûr, Peugeot devra communiquer massivement pour rendre cette Peugeot 408 visible.

Nous remercions les équipes de Peugeot France pour leur invitation à ces essais internationaux de la Peugeot 408 !

Nous avons aimé :

  • Le restylage esthétique réussi
  • L’habitabilité et le volume de coffre
  • La synthèse dynamisme/confort

Nous regrettons :

  • L’absence de nouveaux équipements technologiques
  • Les moteurs thermiques un peu trop bruyants à l’accélération
  • Les prix catalogue un peu trop élevés pour être un must-have

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