La nouvelle Peugeot 508 PSE à l’essai : le Lion à l’attaque ?

GTi n’est plus, vive PSE. Derrière ce nouveau patronyme, certes moins iconique que celui qui a fait la renommée de la Peugeot 205, se cache pourtant une véritable révolution pour les véhicules sportifs de Peugeot, incarnée par la nouvelle Peugeot 508 PSE. Jugez plutôt : motorisation essence hybride rechargeable, puissance maximale de 360 chevaux, 4 roues motrices, ou l’abandon du traditionnel rouge pour un plus pimpant Vert Kryptonite. Et, pour une fois, une fiche technique prometteuse presque identique au concept-car qui l’a annoncée en 2019.

Sur le papier, la nouvelle Peugeot 508 PSE, de loin la Peugeot de série la plus puissante jamais proposée, en impose et se veut la digne héritière des Peugeot 405 Mi16 et T16. Mieux encore, comme un pied de nez à ceux qui reprochent aux voitures sportives d’être trop polluantes, malgré ses 360 chevaux, la fée électricité la dispense d’un quelconque malus écologique ! Le ton est donc donné, les véhicules sportifs vont eux aussi s’adapter à la transition énergétique, mais tout en cherchant à garder ce petit supplément d’âme et de technicité.

Pour se faire une première idée de cette nouvelle philosophie des véhicules sportifs de Peugeot, nous avons été conviés là où tout a commencé pour la griffe PSE, sur le théâtre de certains des plus grands succès de Peugeot Sport : le circuit Bugatti du Mans.

La Peugeot 508 PSE conserve la tradition de la discrétion

A notre arrivée au Mans, nous sommes accueillis par quelques vedettes de la marque qui se sont notamment illustrées sur le circuit. Il s’agit bien entendu des Peugeot 905 et 908 (dans ses versions HDi FAP et HYbrid4), qui permettront à la marque de décrocher la victoire aux 24 Heures du Mans en 1992, 1993 et 2009. Elles sont accompagnées par la Peugeot 405 T16 (dans un état très proche du neuf), devancière la plus proche de notre Peugeot 508 PSE. Le futur est donc là, mais il ne semble pas oublier son histoire, c’est un bon point. Profitons, avant de parler chiffres et sensations de conduite, de faire grâce à ce tableau de famille un petit tour du propriétaire.

a

Une livrée finalement plutôt discrète

Lorsque nous découvrons notre exemplaire d’essai, pas de surprise, nous sommes bien en face d’une Peugeot 508. Le Lion a l’habitude d’apporter seulement de petites touches spécifiques à ses modèles sportifs plutôt que de les transformer radicalement, la tradition est une fois encore respectée. Second point à noter, l’esthétique de la Peugeot 508 PSE est quasiment identique à celle du concept-car de 2019, à l’exception notable des winglets de custode, remplacées par un simple enjoliveur affichant le nouveau logo de Peugeot Sport désormais Vert Kryptonite. Et, vous l’aurez remarqué, sa disponibilité en break SW.

Autrement, tout y est. Sur la face avant, en dessous du monogramme 508 devenu noir, nous trouvons une calandre spécifique à lamelles verticales anthracites, presque flottantes et d’un effet particulièrement réussi. La partie basse du bouclier a été aussi légèrement revue, avec l’intégration de larges écopes latérales dans la grille d’entrée d’air peintes dans le même Vert Kryptonite que le logo de la griffe. En baissant les yeux, autour des jantes en alliage de 20 pouces elles aussi reprises du concept, les flaps aérodynamiques ont été conservés et habillent les bas de caisse. Bien que ne faisant pas l’unanimité, ils s’intègrent plutôt bien à la caisse car peints et permettent de différencier assez facilement cette version PSE des autres Peugeot 508. Sur la partie avant, nous noterons les étriers de frein peints là encore en Vert Kryptonite. Enfin, à l’arrière, les modifications sont un peu plus visibles. Le diffuseur noir laqué se veut bien plus acéré qu’à l’habitude, et il accueille deux sorties d’échappement  rendues noires par traitement électrolytique. Et, c’est à souligner, ce sont des vraies, contrairement à de plus en plus de voitures se voulant sportives.

Notons pour être totalement complets l’abaissement de la hauteur d’assiette, de 11mm à l’avant et de 1mm à l’arrière. Purement esthétique, de l’aveu des responsables projet de la Peugeot 508 PSE, ce rabaissement donne la sensation que la voiture est mieux assise sur ses roues et la rend légèrement agressive et imposante, un effet à notre sens plutôt réussi car cela change facilement la perception de la voiture sans révolutionner son look.

En bref, nous sommes plutôt convaincus par le traitement esthétique donné à la Peugeot 508 PSE. En plus d’être fidèle à son concept-car, il distille la dimension sportive de la voiture sans tomber dans le too-much, comme le veut la certaine tradition de la marque. Là où le bat blesse, c’est au chapitre personnalisation. En plus du Gris Selenium de notre exemplaire d’essai, seuls 2 coloris sont disponibles (Blanc Nacré et Noir Perla Nera). La seule autre option esthétique est la suppression des stickers placés sur les flaps de bas de caisse, qui sont en plus tellement discrets qu’il faut y regarder à deux fois avant de s’apercevoir de leur présence. Alors que la concurrence Premium propose de nombreuses combinaisons, nous aurions aimé que Peugeot propose quelques coloris supplémentaires au catalogue, un pack proposant quelques éléments esthétiques en carbone ou la possibilité de supprimer les inserts verts de la face avant, qui peuvent malgré tout ne pas plaire à tout le monde.

a

A bord, ambiance plus chic que radicale

En montant à bord, cet état d’esprit de discrétion ne nous quitte pas, et a presque tendance à nous décevoir cette fois. Si la sellerie mêlant cuir, Alcantara et tissu à effet 3D est du plus bel effet, elle repose sur la même structure de siège qu’une version Active Pack. Certes, ils offrent un bon maintien latéral, l’étendue des réglages est satisfaisante (notamment le réglage de la longueur d’assise), la fonction massage à 8 poche est toujours aussi excellente, et nous parlons d’un modèle du segment D qui se doit de garder une certaine élégance, mais nous n’aurions pas été contre un dessin plus radical, avec des appuie-tête intégrés par exemple. Idem pour les inserts décoratifs façon essence de Zebrano qui parcourent la planche de bord et les contreportes. Bien qu’étant du plus bel effet, ils sont néanmoins identiques à ceux de la finition GT Pack. Nous n’aurions pas été contre la présence des magnifiques décors en Alcantara du concept-car, qui auraient par la même occasion renforcé l’esprit sportif de l’ensemble.

Pour compenser, les nombreuses surpiqûres Vert Kryptonite et Gris Tramontane réparties un peu partout dans l’habitacle réhaussent un peu le niveau d’exclusivité de cette Peugeot 508 PSE, tout comme la personnalisation des deux écrans faisant face au conducteur ou les 3 griffes du logo PSE sur le volant. Dernier élément, des seuils de portes spécifiques logotés Peugeot Sport Engineered. Le résultat global reste quand même satisfaisant et très agréable à l’utilisation, l’habitacle de la Peugeot 508 étant naturellement bien construit, bien dessiné, et à l’ambiance déjà sportive, notamment avec son pavillon anthracite et la large console centrale. Le Peugeot i-Cockpit, avec notamment son volant compact, renforce l’esprit dynamique et invite naturellement à la conduite sportive.

Le résultat global est selon nous réussi, et la Peugeot 508 PSE reste fidèle à l’esprit GT tout en discrétion cher à la marque. Après tout, la Peugeot 405 T16 reste elle aussi très sobre dans sa présentation par rapport aux autres 405, ce qui ne l’empêche pas d’offrir des performances particulièrement redoutables ! Les éléments distinctifs de la Peugeot 508 PSE se révèlent plutôt bien intégrés, tout en proposant une livrée bien plus inspirée que celle d’une transparente Peugeot 308 GTi de première génération.

A conduire : la polyvalence avant tout

Maintenant que les présentations sont faites, intéressons-nous à ce qu’il y a sous la robe. Il s’agit là de la partie la plus unique de la Peugeot 508 PSE dans le segment des berlines sportives, avec un petit sentiment de film d’anticipation. Sous le capot, point de mélodieux 6 cylindres essence ou de V6 essence (ou pire, diesel comme sur l’Audi S4), mais une évolution prise en main par Peugeot Sport de la chaîne de traction hybride rechargeable de la Peugeot 508 HYbrid, développant initialement 225 chevaux. Une transition inéluctable, tant les normes deviennent sévères en Europe et vont tuer à petit feu ces modèles 100% thermiques.

Nous trouvons donc sous le capot le moteur quatre cylindres 1.6 PureTech développant 200 chevaux, couplé par 2 moteurs électriques. Le premier, sur le train avant, développe 81kW, et le second, sur le train arrière, 83kW. Le tout pour une puissance maximale de 360 chevaux. Les moteurs électriques sont accompagnés de la boite de vitesses automatique e-EAT8, et d’une batterie lithium-ion d’une capacité de 11,8kWh. A mentionner, esprit berline et break Grand Tourisme oblige, le volume de coffre est entièrement préservé, une petite prouesse tant les batteries et le moteur arrière prennent de la place. Seul sacrifice, l’impossibilité de placer une roue de secours.

Côté recharge, nous retrouvons sur la Peugeot 508 PSE le même chargeur embarqué de 3,7kW des autres versions hybrides. Une petite économie un peu mesquine, pour une version se voulant haut de gamme, nous aurions préféré que le chargeur 7,4kW (en option à 300€, plus le câble de recharge pour prise Green’Up à 150€) soit proposé directement de série. Avec le chargeur de base, pour recharger la batterie complètement il faudra donc environ 7 heures sur une prise classique, 4 heures sur une prise renforcée délivrant une intensité de 16A, et 2 heures sur une Wallbox. Le choix du chargeur est donc important. Si vous envisagez de recharger la voiture sur des bornes de recharge rapide ou installer une Wallbox chez vous, le chargeur et le câble optionnel sont indispensables.

Les travaux de Peugeot Sport ne s’arrêtent pas là. Le système de freinage a été revu et est similaire à celui de la Peugeot 308 GTi, avec à l’avant des disques ventilés de 380mm de diamètre à étriers fixes à quatre pistons. Les voies ont été élargies (24mm à l’avant et 12mm à l’arrière) pour plus de stabilité, et les barres antiroulis renforcées pour plus d’agilité. Les pneus retenus sont des Michelin Pilot Sport 4S en 245/35 ZR 20.

Cependant, il n’est ici pas question de gros système d’échappement, d’amortisseur de type compétition ou d’énorme turbo suralimenté. Il apparaît donc clair que cette Peugeot 508 PSE se destine avant tout à un usage routier pour les amateurs de sportives qui souhaitent faire quelques tours de circuit de temps en temps pour le plaisir, et non à un usage dédié à la piste comme pourrait l’être une Renault Mégane RS Trophy par exemple. Toutes ces modifications laissent toutefois présager bien plus qu’une simple Peugeot 508 HYbrid accélérant plus fort, et il est temps d’en prendre le volant, à la fois sur route et sur le circuit Bugatti du Mans, pour se faire enfin une idée précise du potentiel de cette Peugeot 508 PSE, la grande inconnue étant les sensations pouvant être procurées par une sportive hybride rechargeable.

a

A l’aise sur route…

Notre essai dynamique a commencé par une boucle sur route, batteries pleines, mêlant grandes lignes droites (et notamment la mythique ligne droite des Hunaudières), petites routes de campagnes et environnement urbain. Un trajet polyvalent qui nous a permis d’utiliser les 5 modes de conduite proposés par la Peugeot 508 PSE : Electric, Confort, HYbrid, Sport et 4WD.

Lorsque l’on monte à bord de la Peugeot 508 PSE et que l’on lance le moteur, il ne faut surtout pas perdre de vue qu’il s’agit d’une voiture hybride rechargeable. Inutile donc d’espérer la mélodie chantante d’un 6 cylindres, qu’il soit en V ou en ligne. En réalité, il ne se passe rien, car la voiture démarre avec les moteurs électriques. C’est véritablement là que l’on se rend compte que nous sommes face à une toute nouvelle philosophie pour une voiture voulue sportive, qui peut surprendre les amateurs du genre. En contrepartie, le démarrage en électrique rend la Peugeot 508 PSE étonnamment douce pour une voiture sportive, là encore à contre-courant des canons habituels de ce segment. Pour autant, le mode 100% électrique nous aura permis de quitter le parking du circuit tout en silence, là où un gros 6 cylindres n’aurait rien apporté.

Le mode Electric, sans être aussi performant que le serait une Tesla Model 3, apporte déjà des accélérations correctes qui permettent de s’engager dans le trafic très facilement, grâce à son couple de 166Nm disponible immédiatement, le moteur électrique de 83kW (ou 113 chevaux) donne une nouvelle image des hybrides souvent molles dans leur mode 100% électrique. Nous avons pu rouler une trentaine de kilomètres en mode tout électrique avec la berline avant de vider la batterie, ce qui est conforme par rapport à l’autonomie annoncée de 42km suivant le cycle WLTP.

L’apport du moteur thermique devient vraiment intéressant une fois sur la route. Mode HYbrid enclenché, le PureTech 200 se met en branle, et cela commence à devenir nettement plus intéressant. Si la sonorité du moteur reste sans charme, il est d’ailleurs dommageable que le PureTech 200 n’ait pas été un peu revu sur ce plan là avec par exemple un système d’amplification type Sound System de la Peugeot RCZ, la combinaison des moteurs rend déjà la Peugeot 508 PSE diablement efficace et, couplée aux réglages affûtés de son châssis revu par Peugeot Sport, commence à délivrer quelques sensations. La voiture est diablement agile et rivée à la route, les aides électroniques non déconnectables se font discrètes, et on oublie le poids sur le papier de 1850kg pour la berline et de 1875kg pour le break. Les chiffres ne sont pas usurpés, et la voiture abat le 0 à 100km/h en un peu moins de 6 secondes et expédie le 1000m départ arrêté en à peine 25 secondes. Là encore, l’efficacité a prévalu sur les sensations, les accélérations étant très linéaires, comme sur les autres modèles équipés du 1.6 PureTech. En revanche, là où la Peugeot 508 PSE tire véritablement son épingle du jeu, c’est bien entendu sur les reprises qui sont tout bonnement extraordinaires. Expédié en seulement 3 secondes, le 80-120 est l’exercice qui montre tout le potentiel de sensations de la Peugeot 508 PSE, avec la démonstration d’un travail de qualité des ingénieurs de Peugeot Sport. Pédale d’accélérateur enfoncée, la voiture part sans broncher grâce aux 3 moteurs, aucune perte de motricité n’est à constater malgré le couple délivré important (jusqu’à 520Nm) et la direction réagit au doigt et à l’oeil.

La Peugeot 508 PSE va délivrer tout son potentiel de puissance en actionnant le mode Sport. Dans ce mode, les 3 moteurs fonctionnent de concert, l’ESP se fait encore plus permissif, et la suspension se fait plus rigide pour améliorer encore la tenue de route. Ici, les 360 chevaux sont disponibles en permanence tant que la batterie n’est pas entièrement vidée, ce qui, très honnêtement, ne pourra arriver que si vous la vider auparavant en mode Electric, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Les équipes de Peugeot Sport ont délivré un bon travail sur la gestion des énergies, qui permet un rechargement de la batterie à la moindre décélération et en cas de besoin, est directement alimenté par le moteur thermique, par exemple pour restaurer un minimum d’énergie pour la prochaine accélération. Dans le cas où la batterie serait entièrement vidée, le moteur thermique seul entraînera la voiture, la puissance plafonnant donc à 200 chevaux. Nous avons essayé de déclencher ce scenario, mais nous n’avons pas eu le temps d’y parvenir sur la boucle d’une distance d’environ 100km. Les craintes d’avoir une voiture délivrant 360 chevaux seulement pendant quelques minutes sont donc globalement infondées, ou du moins, il faut vraiment vouloir arriver à ce résultat. Nous pourrons la réessayer sur les autoroutes allemandes pour vérifier son comportement à vitesse régulière sur de longues distances.

Côté boite de vitesses, le mode Sport permet une plus grande réactivité qu’en mode HYbrid, et reste plutôt douce. La gestion des rapports est correcte et le mode 100% manuel, qui est absent des versions hybrides, ne nous manque pas. Les palettes restent présentes pour un fonctionnement séquentiel si besoin.

Côté freinage, le système repris des Peugeot 308 GTi et RCZ-R est toujours aussi convaincant, avec un bon mordant et une bonne réactivité. Mais la voiture est tellement efficace en courbe qu’il n’est pas nécessaire de beaucoup freiner. Aussi, le mode Brake, qui accentue la récupération d’énergie au freinage, est souvent suffisant pour enchaîner les courbes sans avoir à toucher à la pédale de frein.

Et, pour finir, le plus brillant dans tout cela, c’est bien sûr la consommation qui est plus proche d’un BlueHDi 180 que d’un V6 TDI. Sur la boucle effectuée avec la version SW, d’une distance d’environ 90km, essentiellement en mode HYbrid et Sport (roulage en 100% électrique moins de 20% du temps), l’ordinateur de bord affichait une consommation moyenne de 8,1l/100km, difficile à atteindre avec une thermique de 360 chevaux. Nous rappelons en plus que les conditions de roulage pendant nos essais sont un peu plus soutenues qu’en usage quotidien, avec des phases d’arrêt et d’accélération, il est donc possible de passer sous les 8 litres assez facilement, sans renoncer à quelques plaisirs. Batterie vide, la consommation ne s’envole pas non plus de façon exponentielle, puisque sur notre second essai avec la batterie vidée en cours de route, la consommation globale était d’à peine 5 litres. Nous pourrons mesurer plus précisément la consommation lors d’un prochain essai, mais il est possible de consommer moins de 10l/100km en usage dynamique même batterie vide.

a

Quel mode de conduite pour quel usage ?

Avec ses 5 modes de conduite, la Peugeot 508 PSE s’affirme comme une vraie berline polyvalente, malgré ses 360 chevaux. Mais quel est le meilleur mode pour quel usage ?

  • Electric : utilisable jusqu’à 140km/h, il est à utiliser surtout si vous l’utilisez au quotidien ou en ville et que vous rechargez régulièrement, par exemple au travail. Avec ce mode, seul le moteur arrière est utilisé, la voiture est donc une propulsion.
  • Confort : ce mode de conduite assouplit les suspensions adaptatives, il permet de franchir les routes en mauvais état ou franchir des ralentisseurs lors de la traversée de villages plus en douceur qu’en mode HYbrid. La gestion des moteurs est automatique en fonction de la demande de puissance. Idéal si vous ne cherchez pas la performance absolue sur votre trajet.
  • HYbrid : le mode de conduite par défaut, qui gère automatiquement l’utilisation des moteurs thermiques et électriques.
  • Sport : le seul mode de conduite qui permet d’exploiter les 360 chevaux de la Peugeot 508 PSE, indispensable à activer en conduite dynamique ou sur circuit. La différence est nette avec le mode HYbrid sur les relances et les accélérations, encore plus franches.
  • 4WD : à utiliser plutôt à allure modérée, ce mode de conduite transforme la Peugeot 508 PSE en transmission intégrale, utile à la montagne ou dans des chemins à l’adhérence limitée. Dans notre cas, nous l’avons testée dans un chemin rendu boueux avec la pluie et le résultat s’est montré plus que satisfaisant, malgré les pneus pas du tout adaptés à ce terrain. Un mode qui pourrait même s’avérer particulièrement intéressant pour les habitués des stations de ski.

a

… occasionnellement sur circuit

Très convaincante sur route, il est temps de se faire une idée de son tempérament sur circuit. Etant accueillis au Mans, il était impensable de ne pas faire quelques tours du circuit Bugatti. Une fois le briefing de sécurité dispensé, il ne nous reste plus qu’à enfiler la cagoule, le casque, s’installer et positionner la Peugeot 508 PSE sur la ligne de départ, mode Sport enclenché.

Ces quelques tours de circuit permettent de confirmer l’excellence du châssis revu par Peugeot Sport. La voiture est très agile entre les courbes et grâce à ses moteurs électriques, les excellentes relances constatées sur route  se retrouvent également en sortie de virage.

Cependant, la polyvalence a ses limites et elle s’illustre non pas par la chaîne de traction ou les batteries (il faudrait des dizaines de tours pour réussir à la vider) mais par le système de freinage, qui a très vite montré ses limites. Tour après tour, la course de la pédale s’allongeait, et nécessitant d’être plus vigilant. Cela laisse donc de la place à une version limitée moins polyvalente et destinée plus à cet usage, la base étant très prometteuse.

La Peugeot 508 PSE n’est donc pas prévue pour faire du circuit fréquemment, mais pourra tâter de la piste occasionnellement pour se faire un peu plaisir le week-end.

Parlons bien, parlons prix

Terminons notre essai par un petit point tarif. Si la Peugeot 508 PSE est la Peugeot de série la plus puissante de série la plus puissante jamais proposée, elle est aussi la plus chère du catalogue. En effet, la berline demande 67100€, et le break SW 68400€. Il s’agit là d’une somme conséquente assez inhabituelle pour une Peugeot, cependant le niveau de technologie embarquée est sans commune mesure avec les précédentes GTi et la puissance nettement supérieure aux autres hybrides de la marque. Surtout, il n’y a pas de malus écologique à rajouter.

Aussi, l’équipement est très complet et la liste d’options réduite au minimum. Ainsi, nous retrouvons de série des équipements tels que l’alarme, les sièges électriques et massants, le système Hi-Fi Focal à 10 haut-parleurs, le système de vision nocturne Night Vision ou la recharge smartphone par induction, généralement en option sur les autres versions de la Peugeot 508, même en finition haute GT Pack. Seule suppression d’équipement, la fonctionnalité mains-libres du coffre, loin d’être indispensable.

Au chapitre des options, si les options liées à la recharge sont importantes, le reste n’est pas indispensable. Le Gris Selenium est de série, donc si vous souhaitez le blanc ou le noir, la case option est obligatoire. Le pare-brise chauffant n’est potentiellement utile que si la voiture stationne dehors l’hiver et que vous n’utilisez pas les fonctionnalités de pré-conditionnement thermique. Reste le toit ouvrant, qui peut apporter une luminosité bienvenue à bord si vous n’aimez pas les ambiances trop sombres, mais qui n’est pas forcément indispensable.

Si tous ces équipements de série vous intéressent, le surcoût pour passer d’une finition GT Pack optionnée à la Peugeot 508 PSE est de 11550€, soit 20% de plus. Si l’écart tarifaire semble important, c’est avant tout parce que nous parlons de véhicules qui sont à la base proposés à un tarif relativement élevé. A titre de comparaison, le surcoût demandé par la Peugeot 308 GTi 270 par rapport à une GT THP 205 était aussi de l’ordre de 20% (6880€). Même constat pour la Peugeot 208 GTi by Peugeot Sport par rapport à une version GT-Line THP 165.

Le surcoût pour la Peugeot 508 PSE reste donc dans les proportions habituelles pour ce genre de véhicules chez Peugeot, pour des prestations qui marquent un véritable gap par rapport à la version située juste en-dessous : 135 chevaux supplémentaires, 4 roues motrices, les évolutions techniques redoutables de Peugeot Sport et une certaine exclusivité. Si vous avez le budget et que vous aimez les véhicules performants, foncez !

Conclusion : un nouveau label branché prometteur

Peugeot Sport Engineered pourra-t-il faire oublier GTi ? Pour les plus puristes d’entre nous, cela sera bien entendu difficile, mais cette première itération de la vision voulue néo-performante de la marque est très intéressante. La nouvelle Peugeot 508 PSE reste fidèle aux traditions de la marque pour ses véhicules sportifs : efficacité, châssis irréprochable le tout dans une robe plutôt discrète. Elle apporte également la modernité, avec sa chaîne de traction hybride rechargeable qui en fait pour l’occasion la Peugeot de série la plus puissante de l’histoire de la marque, et le nouveau porte-étendard de la marque. Surtout, elle permet de réconcilier sportivité et sentiment d’écologie, alors que ce segment, déserté par Peugeot pendant 25 ans, est assez malmené depuis quelques années.

Bien entendu, elle n’est pas parfaite. En privilégiant l’efficacité, un manque de sensation à la conduite peut se faire ressentir, et le 1.6 PureTech n’a jamais été très expressif. Les pistards réguliers pourront être un peu déçus de ne pas pouvoir exploiter encore plus cet extraordinaire châssis (un pack optionnel pourrait facilement corriger cela). Et les fans de couleurs voyantes devront éplucher les catalogues de covering. Mais ce serait oublier que la Peugeot 508 PSE offre une belle synthèse avec de la puissance disponible à tous les étages, une tenue de route de haut vol, la possibilité de s’amuser occasionnellement, le tout dans un bon niveau de confort, segment D oblige. Et voir Peugeot revenir à l’attaque sur ce marché en défiant les normes toujours plus draconiennes, nous voulons applaudir ! Ce n’est qu’un début, puisqu’arriverons plus tard des déclinaisons PSE des Peugeot e-208 et 308, qui pourront jouer le rôle de bombinettes façon 205 et 309 GTi.

La nouvelle Peugeot 508 PSE restera exclusive, et la marque le sait bien. Les équipes produit nous ont annoncé espérer que la Peugeot 508 PSE représente environ 6% du volume total de la 508, soit en moyenne environ 3000 exemplaires par an, principalement en Europe. Avec un coût total d’utilisation similaire aux versions haut de gamme classique, la Peugeot 508 PSE pourra attirer des cadres recherchant de la sportivité au quotidien. Pour mieux faire connaissance avec cette nouvelle itération de Peugeot Sport, et se faire une meilleure idée de son tempérament sur un usage plus quotidien, nous en reprendrons prochainement le volant. En attendant, nous nous retrouvons bientôt pour de grandes nouveautés qui arrivent 🙂

Nous avons aimé

  • La proposition globale qui peut plaire à tous les amateurs de berlines sportives
  • Un châssis de qualité et des relances dignes d’une voiture de 360 chevaux
  • La livrée discrète typique de Peugeot

Nos points faibles

  • L’absence d’une version plus radicale plus adaptée aux circuits
  • Des choix de personnalisation limités
  • Le prix qui pourra freiner les GTi-istes, habitués à des modèles plus petits et moins chers

Nous souhaitons remercier toutes les équipes de Peugeot pour leur accueil, en particulier Aurélie, Solenn, Tristan et Olivier pour leur disponibilité. Nous rappelons que ces essais se sont déroulés dans le pur respect des règles sanitaires et de distanciation sociale, en raison de l’épidémie de COVID-19. 


Réagissez à notre essai sur notre forum

Retrouvez toute la galerie de photos en cliquant ici

Suivez Forum-Peugeot.com sur Facebook

Suivez Forum-Peugeot.com sur Twitter

Suivez Forum-Peugeot.com sur Instagram


Vous aimerez aussi :

Dernier essai

Essai du nouveau Peugeot e-Expert, le VUL électrique

Dans la presse

Bientôt le retour d’un bonus écologique pour les hybrides rechargeables ?

Scoop

Peugeot « 608 » (Chine) : l’autre 508