PSA Peugeot-Citroën : compactage industriel

Mis en ligne le 18 octobre 2015 Rédigé par

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Les Echos dressent un état des lieux de l’emprise du groupe en France

Le groupe PSA Peugeot-Citroën continue sa chasse aux coûts superflus, relancée en 2014 par le plan Back In The Race, lors de la prise de fonction du nouveau PDG Carlos Tavares. Après la refonte complète du plan produit, qui, pour rappel, prévoit la division par 2 du nombre de modèles dans les gammes Peugeot, Citroën et DS, dont 13 pour la seule marque Peugeot d’ici à 2022, et le retour progressif à l’équilibre financier, le dirigeant passe désormais la seconde sur la restructuration des espaces industriels. Elément dont le point d’orgue a été incarné par la fermeture fracassante du site d’Aulnay-Sous-Bois en 2014. Fort de la réussite de la première phase de son plan, Carlos Tavares s’attaque maintenant à la reconversion des espaces inutilisés par le groupe, comme le rapporte Les Echos. Quels sont les sites concernés ? Quelles conséquences ? Revue de détails.

L’ensemble des sites français concernés

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La Peugeot 108 est fabriquée à Kolin

Qui est concerné ? Pour faire simple, tout le monde. C’est-à-dire les 14 sites de production du groupe en France, qui représentent 1675 hectares fonciers du groupe, qui en compte 2500 au niveau mondial. Un instigateur ? Le site tchèque de Kolin, construit en partenariat avec Toyota et qui construit sur 21 hectares seulement depuis 2005 les petites citadines du groupe (Peugeot 107/108 et Citroën C1 pour PSA). 21 petits hectares pour produire 3 modèles de petites voitures, alors que le plus petit site français de PSA Peugeot-Citroën en France, à Metz, et qui produit une poignée de boites de vitesse chaque année, est concentrée sur 25 grands hectares.

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Le site de Valenciennes, dans le Nord

Le but de la manœuvre ? Il est double : exploiter le plus efficacement possible chaque m² d’espace de production, et se séparer de certains espaces vides devenus inutiles. En bref, l’inverse de la stratégie des années 1970 qui consistait à acheter des espaces bien plus grands que les besoins contemporains, pour étendre les usines en cas d’augmentation de la demande. Résultat, tous ces hectares sont devenus des boulets pour le groupe, et il faut dire que le constat actuel est assez spectaculaire. Un des exemples les plus parlants est sans doute le site de production de boites de vitesse de Valenciennes, qui s’étend aujourd’hui sur 161 hectares, mais dont la surface bâtie s’étend sur 25 hectares, soit seulement 15% de la surface disponible. Une situation difficilement tenable aujourd’hui, car tout ce foncier disponible, en plus d’être abandonné, coûte cher au groupe, puisqu’il demande de l’énergie, de la maintenance, et surtout augmente la taxe foncière des sites. Tout ce que PSA Peugeot-Citroën n’a pas besoin à l’heure actuelle.

La volonté d’une chaîne d’excellence et de reconversion

Concrètement, sur les 1675 hectares que compte PSA Peugeot-Citroën en France, le groupe en a d’abord mis en vente 160 répartis sur l’ensemble des sites. Les principaux acheteurs ? Les collectivités territoriales, qui voient dans ces terrains pour la plupart situés dans des espaces prisés l’occasion de lancer de nouveaux programmes, comme à Rennes avec l’implantation de la SNCF, Suez Environnement ou encore des PME comme B3 Ecodesign qui transforme des conteneurs industriels en logements principalement étudiants. Le groupe annonce d’ailleurs que la moitié de cet espace fait déjà l’objet d’une cession réalisée ou en cours. Ces terrains cédés sont donc une composante non négligeable du retour dans la course du groupe.

Pour le reste de l’espace, PSA Peugeot-Citroën a décidé de le consacrer à ses principaux sous-traitants, en leur donnant une place de choix dans ses usines. Le groupe annonce d’ailleurs avoir reconverti plus de 36000m² de bâtiments pour ses principaux fournisseurs comme Faurecia, en bordure de ligne. Néanmoins, si le groupe se réjouit de ces annonces, en prônant la mise en place de chaînes de valeur excellentes, les syndicats voient dans ces externalisations une situation de plus en plus précaire.

Une production française préservée

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Le site de Poissy

PSA Peugeot-Citroën garde tout de même une confiance dans ses usines françaises, et a réaffirmé lors d’un comité paritaire le maintien d’une production d’environ 1 million de véhicules toutes marques confondues en France d’ici à 2018. Dans le détail des chiffres, si Sochaux, Mulhouse et Rennes verraient leur production augmenter, celle de Poissy se verrait diminuer de moitié sur la même période, passant de 235000 unités à environ 120000 en 2018, au profit exclusif du site slovaque de Trnava, qui assemble actuellement des Peugeot 208 et les derniers C3 Picasso, leur remplaçant partant à l’usine Opel de Saragosse en Espagne. La raison invoquée ? Un recentrage sur les petits modèles Premium du groupe.

Si les attentions se focalisent sur Poissy, nous conservons tout de même un œil attentif à la situation du site de Rennes qui, si la production est vouée à repartir à la hausse, reste quand même menacé.


Pour suivre la mise en place du plan Back In The Race : cliquez ici

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