Un Leasing social non rentabilisé

Mis en ligne le 25 novembre 2025 Rédigé par

Le dispositif, censé accélérer la transition électrique, se transforme en fardeau financier pour les constructeurs. Avec seulement 42 000 contrats signés sur les 50 000 prévus, le leasing social est déjà non rentabilisé.

Dans un article paru dans la Tribune, Lionel Ehrhard, directeur France de Peugeot, précise que le leasing social plafonne à 42.000 contrats dont un quart revient pour Peugeot. L’objectif initial de 50.000 véhicules financé n’est donc pas encore atteint. Rappelons que le dispositif a connu un démarrage très dynamique, mais le rythme s’est essoufflé par rapport à 2024, où le quota avait été atteint en un mois. A titre d’exemple, à fin octobre, 41 500 véhicules ont été loués via le leasing social, soit moins qu’en 2024 à la même période.

Leasing Social Peugeot

Rentabilité et impacts pour les constructeurs

Même si Peugeot espère fidéliser les clients avec ce « coup de pouces », il perd pour l’instant de l’argent. Une Peugeot e-208 accessible via le leasing social est tellement remisée que le modèle est vendu à perte même avec l’aide gouvernementale de 7000€. Si pour Peugeot la rentabilité est compromise, elle est encore plus préoccupante pour Citroën. Celui-ci a dû revoir à nouveau ses tarifs à la baisse pour rester compétitif ! Pour le constructeur aux chevron, le leasing social est non rentabilisé.

Mais parlons de concret ! Voici les chiffres : avec le leasing social le loyer mensuel de 120 euros sans apport sur 36 mois pour une e-208. Tandis que pour un financement LOA classique, la mensualité s’élève à 311 euros sur 48 mois avec un apport de 4 750 euros.

Les conséquences économiques du leasing social touchent tous les constructeurs automobiles notamment Stellantis mais aussi Renault, Seat/Cupra, Volkswagen, Hyundai. Ces derniers portent le risque de rachat (buy back) des véhicules après 3 ans, ce qui pèse sur leur trésorerie. Ils doivent avancer l’aide de l’État (environ 7 000 € par véhicule). De plus, il doivent assumer les retards de remboursement, ce qui peut mettre en tension leur trésorerie.

Si le leasing social a permis de relancer un marché automobile morose, il a aussi profondément modifié les habitudes d’achat. En effet, jusqu’à 84% des ventes de certains modèles de constructeurs se font désormais via le leasing social. Ceci aura probablement des répercussions négatives à la fin du dispositif.

Valeurs résiduelles en baisse

Pour conclure, les véhicules obtenus via le leasing social vont revenir comme un boomerang dans le réseau dans trois ans avec une valeur résiduelle faible. C’est la double peine ! Ce cercle infernal alimente les stocks de véhicules électriques qui ont du mal à trouver preneur. Conséquence, les réseaux de véhicules d’occasion baissent encore les prix pour se débarrer de ces modèles qui coûtent cher en stockage, assurance, etc…  Cette mauvaise réputation du véhicule électrique complique la conquête de nouveaux clients. Ces derniers demeurent méfiant face à de faux préjugés.

Leasing social non rentabilisé pour 2025

Le leasing social reste un levier clé pour l’électrification du parc automobile. Néanmoins, son modèle économique est peu rentable pour les constructeurs, qui dépendent des aides de l’Etat. L’électrification du parc automobile à marche forcée repose avant tout sur un dogme. Il conviendrait de revoir ce dispositif ou de le remplacer pour d’autres moyens plus pragmatiques.