Petit Le Mans : Michel Barge et Peugeot séduits par l’ALMS
Après les 12 Heures de Sebring, le Team Peugeot-Total effectuait sa deuxième apparition en American Le Mans Series à l’occasion du Petit Le Mans. Avant de voir la victoire s'échapper pour quelques secondes seulement après une belle prestation de la 908 HDi FAP n°07 et de ses trois pilotes, Michel Barge nous avait accordé quelques minutes pour parler de la présence du Lion outre-Atlantique.
« La première raison de notre présence, c’est d’améliorer l’expérience de l’ensemble du team en condition de course. Même si Peugeot Sport a beaucoup d’expérience, nous sommes une équipe jeune. Nous avons besoin de courir, notamment face à un team qui a une dizaine d’année de présence derrière lui et qui fait 15 courses de série Le Mans dans l’année. A chaque fois qu’il court, Audi s’améliore. Si l’on regarde la préparation pour l’édition 2009 des 24 Heures, il n’y aura que peu de courses de Le Mans Series. Nous avons donc besoin de rouler avec l’ensemble du team.
Pourquoi l’ALMS ? Je pense que c’est un championnat avec de très beaux circuits. Road Atlanta en fait partie, avec ses airs de Spa en plus petit. Qui plus est, l’accueil est fantastique : les gens sont très positifs par rapport aux défis que nous relevons et plus généralement par rapport au sport-automobile. L’environnement est très appréciable, assez décontracté et en plus nous pouvons emmagasiner de l’expérience et nous frotter à des concurrents de haut niveau, dont des LMP2, très agiles. La gestion du trafic est également difficile. Tout cela rend les choses très intéressantes. »
Est-ce que l’Europe doit s’inspirer de certaines particularités de l’ALMS, notamment au niveau de la médiatisation ?
« Premièrement, je crois que l’ALMS est un véritable championnat, avec un nombre important d’épreuves. Si on se loupe sur une course, rien est perdu. En Le Mans Series cette année, il y avait cinq manches, dont trois avant Le Mans, durant lesquelles notre objectif était de travailler la fiabilité. Quant à la popularité, c’est clair que courir devant autant de spectateurs, plus de 100 000, c’est plaisant. La médiatisation des Protos est bonne et forte. L’Europe possède le potentiel, mais il faut la volonté d’y arriver. Il faut donner à l’Endurance les moyens d’atteindre la place qui est la sienne. »
Tous ces points positifs peuvent-ils vous conduire à revenir plus régulièrement en ALMS, voire à temps complet ?
« Sur le plan sportif, le challenge est séduisant. L’objectif prioritaire est Le Mans et l’ALMS peut être l’occasion de se préparer pour cet événement. Nous ne connaissons pas encore notre programme 2009, mais l’ALMS peut en faire partie. D’ailleurs, Petit Le Mans est une course de préparation pour l’an prochain. Peugeot n’ayant pas d’intérêt commercial, compléter une participation à un championnat européen par quelques courses, cela me semble intéressant, d’autant que le niveau est très relevé.»
Si Sebring est de nouveau à votre programme en 2009, vous préféreriez le faire avec deux voitures ?
« Dans la mesure où il s’agit d’une course de préparation, l’idéal est de rassembler l’ensemble du team donc deux autos plutôt qu’une pour se mettre dans les meilleures conditions. »
En 2008, vous avez justement utilisé les premières manches des Le Mans Series pour préparer Le Mans, avant le viser le titre par la suite. La stratégie sera-t-elle identique ou le championnat sera-t-il un objectif dès la première manche ?
« Nous allons voir notre évolution compte-tenu de la réglementation, voir où nous en serons début 2009. Nous ferons ensuite un choix, mais Le Mans reste notre objectif principal. Cela étant, nous aurons tout de même une petite idée derrière la tête… »
Le fait de ne pas avoir gagné Le Mans et d’avoir perdu le titre Le Mans Series vous met-il davantage la pression pour 2009 ?
« Deuxième, troisième et cinquième aux 24 Heures du Mans, le résultat n’est déjà pas trop mauvais non ? En tout cas, cela nous donne encore plus envie de gagner. Et les choses ne sont-elles pas d’autant plus belles qu’on a du mal à les avoir ? Plusieurs marques ont gagné lors de la troisième année de leur programme. Mais on sait aussi qu’il ne suffit pas de s’inscrire pour gagner. Heureusement d’ailleurs… »
Propos recueillis par Anthony Megevand