Essai : Avec l’HYbrid 136, les Peugeot 3008 et 5008 passent à l’hybridation légère

Annoncée depuis plusieurs années, l’hybridation légère arrive enfin chez Peugeot. Et pour son lancement, la marque a choisi les SUV Peugeot 3008 et 5008. Un choix qui peut paraître surprenant au premier abord, puisque les 2 plus gros SUV de la marque sont en fin de vie commerciale. Mais stratégiquement, il peut être plus intéressant de lancer une nouvelle technologie sur des modèles ayant déjà une bonne image, ce qui est le cas de nos 2 modèles.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136

Avec cette nouvelle chaîne de traction mHEV, Peugeot promet jusqu’à 15% d’économies de carburant et jusqu’à plus de 50% du roulage en électrique en ville, soit des valeurs ambitieuses assez proches de ce que peut offrir Toyota avec ses très connues chaînes de traction hybrides. Ce sont ces promesses que nous allons essayer de vérifier au volant d’un Peugeot 3008 dans la région de Malaga, en Andalousie. C’est parti pour notre essai !

En quoi consiste la motorisation HYbrid 136 du Peugeot 3008 ?

Officiellement dévoilée en début d’année, l’architecture de la chaîne de traction HYbrid 136 inaugurée par les Peugeot 3008 et 5008 s’avère particulièrement originale, en prenant pour base les éléments clés d’une motorisation mHEV.

En premier lieu, le moteur thermique est nouveau. Profonde évolution du bloc 3 cylindres 1.2 PureTech, il développe désormais 136 chevaux, et répond aux dernières normes environnementales Euro6.d. Si les performances, notamment le couple, évoluent peu, son agrément est amené à évoluer avec un fonctionnement désormais régi par le cycle Miller, et un nouveau turbo à géométrie variable. Côté distribution, adieu la trop connue et fragile courroie humide, place à une chaîne voulue beaucoup plus robuste. Ce nouveau moteur sera par la suite déployé sur les autres modèles de la marque, à commencer par les Peugeot 208 et 2008, et aussi dans une version plus modeste de 100 chevaux.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136

Le second élément de cette chaîne de traction hybride est la boite de vitesses, complètement nouvelle. Adieu l’e-EAT8, qui fait les beaux jours de la marque depuis un peu plus de 5 ans, l’HYbrid 136 inaugure une boite de vitesses à double embrayage. Baptisée e-DCS6, développée en partenariat avec Punch Powertrain, elle promet une plus grande réactivité par rapport à l’e-EAT8. Comme sur les motorisations hybrides rechargeables, elle intègre le moteur électrique d’une puissance de 28 chevaux, qui apportera l’assistance électrique nécessaire au PureTech 136 pour tenir les promesses de consommation.

Prenant place sous le siège du conducteur, la petite batterie est d’une capacité utile de 432Wh. Non rechargeable via un câble comme l’est celle des Peugeot 3008 PHEV, elle récupère l’énergie perdue à la décélération et au freinage pour la restituer ensuite lors des phases de démarrage ou d’accélération. Elle communique avec le reste de la chaîne de traction via un réseau électrique d’une tension de 48V, que l’on retrouve sur la plupart des mHEV du marché. A cette occasion, le démarreur devient un Belt-Starter, sorte d’alterno-démarreur amélioré, qui permet de passer cette tension plus élevée lors des phases de démarrage, plus rapides et transparents.

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Une nouvelle proposition presque invisible à bord du Peugeot 3008

En montant à bord de notre Peugeot 3008 d’essai, le fait que la motorisation soit désormais hybride ne saute pas aux yeux. La batterie étant placée sous le siège du conducteur, l’habitabilité est totalement préservée par rapport au PureTech 130 EAT8 qu’il remplace. Un très bon point, compte-tenu du fait que l’intégration d’une hybridation se fait souvent au prix d’un compromis sur le volume du coffre ou à la modularité. Nous retrouvons donc un volume de coffre de 591 litres, dans la bonne moyenne de la catégorie, et une habitabilité correcte à l’avant comme à l’arrière.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136

A vrai dire, la seule nouveauté qui saute aux yeux sur notre Peugeot 3008 HYbrid 136 est l’intégration de la commande de boite e-Toggle, arrivée progressivement sur le reste de la gamme depuis environ 2 ans. Avec cette nouvelle commande de boite, les équipes du design en ont profité pour redesssiner la console entre les sièges, toujours très réussis en particulier avec le cuir rouge de notre modèle d’essai, qui apparait maintenant mieux organisée. Les autres nouveautés sont à chercher dans le combiné tête-haute, qui troque le traditionnel compte-tours pour le powermètre présent sur tous les véhicules électrifiés de la marque. Un affichage des flux d’énergie est également proposé.

Autrement, nous retrouvons sans surprise l’habitacle toujours très réussi du Peugeot 3008, que nous connaissons bien désormais. Bien qu’il soit en fin de vie commerciale, le design voulu moderne en 2016 reste toujours dans le coup, même si le Panoramic i-Cockpit récemment dévoilé et préfigurant la nouvelle génération du SUV star de Peugeot marque tout de même le pas. Côté technologie embarquée, nous devons composer avec le NAC, qui lui accuse vraiment le poids des années comparé au nouveau Peugeot i-Connect monté sur les nouveautés du Lion, ou avec des caméras de stationnement offrant une faible résolution.

La motorisation HYbrid 136 tient-elle ses promesses sur la route ?

Maintenant que nous avons fait connaissance avec notre modèle d’essai, il est temps de vérifier si l’hybridation légère réussit au SUV Peugeot 3008. C’est donc parti pour une petite boucle mixte de 45km, pour se faire une première idée. L’objectif est, comme vous l’avez compris, essayer de passer le plus de temps en électrique afin de maximiser les économies de carburant.

Désormais habitués aux véhicules électrifiés, le Peugeot 3008 HYbrid 136 propose une approche différente des PHEV ou autres BEV de la marque, avec un fonctionnement quasiment identique à celui d’un moteur thermique classique. Ainsi, si la voiture démarre sur le moteur électrique, pas de mode Brake pour choisir de récupérer ou non l’énergie perdue au freinage, il est actif par défaut. Aussi, les choix des modes de conduite sont limités à Eco, Normal et Sport, correspondant aux différents réglages de la boite de vitesses. Il ne sera donc pas question de forcer manuellement le roulage en tout électrique, et pas de doute, nous avons bien sous le capot un moteur thermique assisté par l’électricité et rien d’autre. Pour autant, le PureTech 136 de notre Peugeot 3008 s’avère plutôt discret dès son démarrage, un bon point. La principale différence avec la précédente génération du 3 cylindres essence vient d’un petit sifflement légèrement perceptible en phase de décélération.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136

Une fois lancé sur notre boucle d’essai, nous avons été agréablement surpris par les prestations de cette nouvelle chaîne de traction hybride 48V. L’ensemble est très souple, le bloc PureTech est moins vibrant, la boite de vitesses e-DCS6 est très douce et passe les rapports supérieurs comme inférieurs de façon quasiment imperceptible. Ce qui est appréciable, la e-EAT8 avait parfois tendance à provoquer des à-coups au rétrogradage. A noter que la boite e-DCS6 propose un mode Manuel et des palettes au volant, si vous souhaitez prendre la main. Cette douceur est amplifiée par les suspensions qui offrent un bon niveau de filtrage des irrégularités de la route. La gestion des moteurs est totalement automatisée et le switch entre le thermique et l’électrique est là encore d’une grande douceur. A vrai dire, il est plus facile de se rendre compte de quel moteur est utilisé directement au combiné, via l’affichage de la vitesse (blanc avec le moteur PureTech allumé, bleu en roulage électrique) ou sur l’affichage des flux d’énergie dans le combiné, que d’essayer de détecter les phases d’arrêt du moteur thermique.

Au chapitre des performances, sans avoir aucune prétention sportive, les 136 chevaux du 1.2 PureTech, sans être de trop, offrent un agrément satisfaisant. La boite de vitesse est réactive et n’hésitera pas à tomber des rapports si nécessaire. En témoignent les chiffres de reprise, avec un 80-120 abattu en 7 secondes, une valeur quasiment identique au PureTech 130 EAT8. A noter également, la pédale de frein est facile à doser et sans impression caoutchouteuse, comme elle peut l’être sur certaines voitures électriques.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136Côté batterie, si sa capacité utile de 432Wh est globalement inférieure aux autres propositions hybrides qui existent chez la concurrence, ce n’est pas très gênant car les phases d’accélération puis de freinage n’ont pas permis de remplir totalement les cellules, qui pourtant se remplissent à vue d’œil lors d’une grande descente. Aussi, son positionnement sous le siège conducteur n’a aucune incidence sur la position de conduite.

Mais venons-en au plus important, ce moteur tient-il ses promesses de consommation ? Sur notre parcours mélangeant ville et voie rapide, nous obtenons une consommation moyenne de 6,4l/100km, soit selon notre estimation un peu moins de 10% de moins qu’avec un 3008 PureTech 130, pour une part de roulage en électrique globale de 28%. Sur la partie ville, nous avons cependant atteint de meilleurs chiffres, avec une consommation de 5,6l/100km (soit selon notre estimation un gain de consommation d’environ 23%) et une part de roulage en électrique de 43%. Des chiffres qui n’atteignent pas totalement les gains promis, mais qui sont encourageants puisqu’ils montrent que le potentiel du moteur HYbrid 136 est bel et bien en ville. Il sera donc particulièrement à l’aise sous le capot des Peugeot 208 et 2008.

Là où nous pointons une déception est que nos chiffres obtenus sur notre essai auraient pu certainement être améliorés si la cartographie moteur avait sollicité plus régulièrement le bloc électrique pour mieux soutenir le thermique lors des phases d’accélération. Nous nous en sommes rendus compte à plusieurs reprises lors de notre essai en ne voyant pas les flux d’énergie partir de la batterie alors qu’ils auraient pu à notre sens. De façon plus anecdotique, il faut noter que nous avons laissé le moteur tourner lors de nos arrêts photo, relançant le PureTech en descendant du 3008, ce qui peut rapidement générer quelques centièmes de litres aux 100 kilomètres !

Conclusion : une hybridation légère intéressante pour compléter la gamme

Bien entendu, nous reprendrons le volant d’autres modèles équipés de la motorisation HYbrid 136 pour se faire une meilleure idée de ses prestations sur nos parcours habituels, mais cette découverte de l’hybridation légère sur le Peugeot 3008 est une bonne entrée en matière pour avoir un premier ressenti.

Avec des consommations réellement en baisse et une part de roulage en électrique non négligeable, cette chaîne de traction mHEV s’avère donc intéressante et offre une nouvelle porte d’entrée à l’électrification, avec un système qui semble bien né, assez proche dans son fonctionnement quotidien d’une solution hybride plus classique. Aussi, avec un lancement sur les SUV Peugeot 3008 et 5008, deux véhicules anciens de la gamme, nous pouvons nous attendre à de meilleurs résultats sur les autres modèles de la gamme, bien plus récents et optimisés. Particulièrement sur la Peugeot 208, qui l’offrira sur 2 puissances, 100 et 136 chevaux, pour mieux concurrencer la Renault Clio E-Tech. Reste une inconnue, le prix de l’accès à l’hybride léger sur notre Peugeot 3008. Cette motorisation remplaçant le PureTech 130 EAT8 devra savoir rester raisonnable côté budget, en ces temps inflationnistes difficiles. Selon nos estimations, nous devons nous attendre à un surcoût pouvant aller jusqu’à 1500€. Une somme qui commence à être importante, mais qui sera compensée par la quasi-suppression du malus écologique de 1276€ pour notre modèle d’essai. A voir toutefois si cette rallonge prévue sera la même sur tous les modèles, en particulier la Peugeot 208, qui démarre à des tarifs bien plus bas.

Peugeot 3008 GT HYbrid 136

Nous tenons à remercier les équipes de Peugeot France pour l’invitation, en particulier Bénédicte, Martine, Olivier, Tristan et Jean-Michel !

Nous avons aimé

  • L’intégration de la motorisation sans compromis à bord
  • La souplesse de fonctionnement et la boite e-DCS6 agréable
  • Les gains de consommation non négligeables

Nous regrettons

  • La partie électrique qui gagnerait à être plus sollicitée
  • La rallonge tarifaire qui s’annonce importante
  • L’arrivée tardive de la proposition sur le marché

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