Les ventes de véhicules électriques décrochent en 2025
Mis en ligne le 8 janvier 2026 Rédigé par BrunoPour la première fois depuis plusieurs années, le marché automobile français enregistre un infléchissement de la part des véhicules 100 % électriques. Après une progression soutenue, notamment marquée par un doublement des parts de marché entre 2020 et 2024, la dynamique s’essouffle en 2025. Alors que les prévisions tablaient sur une part de marché comprise entre 22 % et 25 %, celle-ci n’atteint finalement que 20 %, soit une progression limitée à 12,5 % par rapport à 2024.
Stellantis en première ligne
Le groupe Stellantis subit de plein fouet le ralentissement des ventes de véhicules électriques en 2025. Ses immatriculations de véhicules électriques ont reculé de 12,5 % en France, passant de 90 050 unités en 2024 à 78 814 en 2025. Certains modèles emblématiques enregistrent des baisses spectaculaires : la Peugeot e-208 perd 39,5 % de ses ventes, l’Opel e-Corsa s’effondre de 70 %, et la Jeep Avenger recule de 50 %.

La baisse des ventes de véhicules électriques en 2025 entraine un dépassement des émissions moyennes de CO2 en 2025. Conséquence, Stellantis aurait dû s’acquitter d’une amende de 815 millions d’euros. Un comble quand on sait que ce sont les clients qui dictent le marché. Le groupe devrait heureusement échapper à cette extorsion grâce à son partenaire chinois Leap Motors.
Renault résiste, Tesla et Kia en difficulté
Quelques constructeurs tirent leur épingle du jeu, à l’image de Renault, qui bénéficie du renouvellement de sa gamme et d’une année pleine de commercialisation pour la nouvelle R5. Cependant, la Mégane E-Tech électrique chute de 48 %. À l’inverse, Tesla et Kia, qui avaient massivement misé sur l’électrique, subissent des revers importants : les ventes de la Model 3 et de la Model Y reculent respectivement de 47,3 % et 32,8 %, tandis que celles de l’EV6, pourtant saluée pour ses performances et sa recharge ultra-rapide, sont divisées par deux en un an.
L’hybride en pleine expansion
Dans ce contexte, les véhicules hybrides non rechargeables poursuivent leur ascension, représentant 44 % des ventes en 2025. Leur progression régulière interroge sur le choix technologique européen, alors que les constructeurs chinois, autrefois focalisés sur le 100 % électrique, développent désormais massivement des déclinaisons hybrides et hybrides rechargeables.
Perspectives 2026 : un marché toujours incertain
L’année 2026 s’annonce peu propice à un rebond des ventes de véhicules électriques en France. Si le leasing social est maintenu, les analystes n’anticipent qu’une progression modérée, de l’ordre de 10 % de part de marché, voire moins, au profit des hybrides. Le vent semble donc tourner, les clients privilégiant de plus en plus des solutions de transition.
Le marché de l’occasion résiste face au recul du neuf
Alors que les ventes de véhicules neufs accusent un repli de 5 % en 2025, le marché de l’occasion affiche une progression de 1,3 %. Ce contraste reflète les difficultés croissantes des automobilistes à trouver, parmi les gammes neuves, des modèles adaptés à leurs besoins et à leur budget. Avec une offre de motorisations (plus de diesel, versions hybrides plus chères) de plus en plus réduite, l’achat d’un véhicule neuf n’apparaît plus comme une évidence pour de nombreux Français.
Si les véhicules électriques représentent désormais 20 % des ventes de neuf – soutenus par les dispositifs d’aides publiques –, leur part sur le marché de l’occasion reste modeste : 3,3 % en 2025, contre 2,4 % en 2024. Pourtant, les opportunités ne manquent pas, comme en témoignent les nombreuses bonnes affaires disponibles, analysées dans l’un de nos précédents articles sur les véhicules électriques d’occasion. Force est de constater que, à l’aube de 2026, tous les automobilistes ne sont pas prêts à franchir le pas vers le 100 % électrique.
