Retour sur : Peugeot e-308, peu connue mais à considérer
Mis en ligne le 10 avril 2026 Rédigé par MatthieuAlors que la nouvelle Peugeot 308 est livrable depuis quelques semaines maintenant, une poignée d’exemplaires de la version non-restylée sont encore disponibles en stock. Il s’agit d’une belle occasion de revenir sur la première version 100% électrique de la compacte du Lion, commercialisée à partir de la fin de l’année 2023.

Revenir, ou même venir sur, puisque la Peugeot e-308 n’a malheureusement pas attiré les foules. Depuis sa commercialisation fin 2023, les immatriculations totales tournent autour des 5000 exemplaires, alors que sur les 7 premiers mois de l’année 2025, soit jusqu’à la présentation de la version restylée, les immatriculations de Peugeot 308 ont dépassé les 18000 unités, rien qu’en France.
Nous avons donc pris le volant de la compacte électrique en version GT il y a quelques semaines, qui nous ont mené jusque sur les vignobles de Bourgogne. Un périple d’environ 1600km qui va nous permettre de découvrir plus en détail cette première Peugeot 308 100% électrique, et servir de base de comparaison avec la nouvelle version, livrée depuis le début de l’année.
Un lancement difficile pour la Peugeot e-308
Pour revenir sur la faible visibilité de la Peugeot e-308 sur les routes, il est nécessaire de revenir à sa présentation, soit au début de l’année 2023.
A ce moment, Peugeot lève le voile sur la déclinaison 100% électrique de sa compacte lancée en 2021. La fiche technique reprend les éléments dévoilés peu de temps avant sur la Peugeot e-208 qui voit son autonomie maximale augmenter :
- Moteur Stellantis-Nidec M3 développant 156 chevaux, plus sobre en énergie, destiné à remplacer sur tous les modèles le moteur de 136 chevaux d’origine Continental
- Une batterie dont la capacité est portée à 54kWh, permettant une autonomie WLTP de plus de 410km (au lieu de 362km sur une Peugeot e-208 dotée du moteur de 136 chevaux et de la batterie de 50kWh)
- Le chargeur AC 11kW de série et la charge DC conservée à 100kW maximum
Sur le papier, l’offre est honorable, la faible consommation normalisée, à partir de 14,9kWh/100km, laisse présager une certaine polyvalence malgré la batterie qui reste un peu plus petite que celle de ses concurrentes directes. Avantage, les arrêts recharge s’annoncent alors courts. Aussi, la Peugeot e-308 continue d’améliorer les prestations des véhicules électriques de la marque, avec notamment la possibilité d’installer un porte-vélo sur attelage, ce qui est assez peu courant.

Pour autant, la capacité de production du nouveau moteur augmente difficilement, ce qui va impacter fortement le lancement de la Peugeot e-308 : une communication réduite au strict minimum (une publicité sera bien diffusée, mais pendant très peu de temps), et un positionnement tarifaire élitiste qui va fatalement limiter les volumes. Comble de l’histoire, Peugeot ne pourra pas communiquer sur l’éligibilité au bonus écologique de la version de lancement First Edition, à cause d’un prix catalogue qui dépasse de quelques dizaines d’euros seulement le seuil de 47000€ pour pouvoir y prétendre !
Les versions Style, Allure et GT, moins chères, corrigeront peu à peu le tir, mais le mal est fait, la Peugeot e-308 garde jusqu’à aujourd’hui l’image d’une voiture trop chère au regard de sa fiche technique, qui apparait alors moins ambitieuse que les concurrentes proposées au même prix, alors qu’elle ne manque pas d’arguments. Pour rendre un peu d’attrait commercial à la Peugeot e-308, la marque la rendra notamment éligible au leasing social en 2025, avec la version Style d’entrée de gamme proposée à 200€ par mois. La Peugeot e-308 devient alors réellement abordable pour le public éligible, mais la visibilité reste réduite.
Une présentation discrète pour la Peugeot e-308
Discrète sur les routes, la Peugeot e-308 l’est également par rapport à ses versions thermiques ou hybrides. Fidèle à sa stratégie multi-énergies, la Peugeot e-308, proposée sur l’ensemble des finitions, se démarque par des jantes de 18 pouces sur toutes les finitions, ainsi qu’un badge E sur le volet de coffre. Et c’est tout !
Le reste de la dotation esthétique est calquée sur les standards de la Peugeot 308, en fonction du niveau de finition. Ainsi, sur notre exemplaire d’essai en finition GT, nous retrouvons les très fins projecteurs Matrix LED, les enjoliveurs de bas de caisse et de spoiler à l’avant, ou encore les feux arrière à effet 3D.

Même constat en montant à bord de notre Peugeot e-308, où aucune différence n’est visible avec les versions thermiques. Seules limitations techniques, certains équipements, comme le Pack Hi-Fi Focal, ou le siège conducteur entièrement électrique, ne sont pas disponibles. Le fait que nous soyons au volant de la Peugeot e-308 se verra uniquement au combiné, puisque le compte-tours est remplacé par le traditionnel power-mètre, et la jauge de niveau de carburant est bien entendu remplacée par la jauge de batterie. Est-ce un mal ? Pas vraiment, puisque la Peugeot 308 est à la base bien finie, avec des matériaux valorisants, notamment en partie haute, et le dessin de la planche de bord et des sièges sont agréables. L’habitabilité est également préservée par rapport aux versions thermiques, ce qui est plutôt rare et à souligner. Seul le coffre perd une cinquantaine de litres de capacité, à 361 litres. La faute à quelques éléments techniques dans le double fond. Il ne sera donc pas possible d’installer une roue de secours, tout comme le caisson de basse du Pack Focal, qui est donc indisponible.
A conduire, aucun compromis
Une fois sur la route, nous retrouvons également un comportement routier en tous points similaire à celui des Peugeot 308 thermiques. Le train avant est tout aussi démonstratif, avec une direction précise, quoi qu’un peu moins précise que sur la génération précédente. La batterie, positionnée sous le plancher, abaisse même un peu le centre de gravité de la voiture, qui la rend un peu plus agile. Toutefois, c’est quelque chose de peu marqué, presque indétectable en conduite normale ou autoroutière. Difficile de trouver un modèle plus agréable sur des modèles concurrents, à moins d’y mettre le prix.
La batterie NMC de 54kWh entraîne un surpoids d’environ 300kg par rapport à la version Hybrid 145, mais cela se ressent peu à la conduite. En témoignent les performances très similaires sur notre version électrique de 156 chevaux, avec un 0 à 100 abattu en 9,9s et des reprises meilleures. Seule limite pour nos amis amateurs d’autoroutes allemandes, la vitesse maximale bridée à 170km/h. Chose plutôt logique, compte tenu de l’autonomie plus que limitée à ces vitesses élevées. Restent les gros avantages de l’électrique : le silence de fonctionnement (et des bruits d’air globalement maîtrisés sur autoroute, même si ce n’est pas parfait), l’absence de vibrations liées au moteur et un couple instantané de 270Nm qui procurent à cette Peugeot e-308 un agrément de conduite vraiment plaisant, malgré la puissance modeste pour une voiture électrique. Au chapitre des défauts, le freinage régénératif ne propose qu’un seul niveau (mode B) contrairement aux modèles les plus récents qui proposent 3 niveaux.

L’amortissement, bien qu’un peu plus raide que sur les Peugeot 308 thermiques, reste de bon niveau et offre un très bon confort aux passagers, avec une filtration des petites aspérités de la route satisfaisante.
Recharge et services électriques : en progrès, avec toujours une marche de progression
La bonne surprise de la Peugeot e-308 vient avec les chiffres de consommation et d’autonomie. Bien que la fiche technique soit très modeste sur le papier, notre lionne électrique ne démérite pas, loin de là. En effet, le marché a plutôt tendance à proposer des puissances de l’ordre de 200 chevaux, et des batteries plus proches des 60kWh sur le segment C :
- 220 chevaux et batterie de 60kWh (468km d’autonomie WLTP) sur la Renault Mégane
- 190 chevaux et batterie de 58kWh (484km d’autonomie WLTP) sur la Cupra Born
- 190 chevaux et batterie de 64kWh (452km d’autonomie WLTP) sur la MG4 EV
- 156 chevaux et batterie de 54kWh (411km d’autonomie WLTP) sur la Peugeot e-308
Pour autant, la lionne se rattrape sur l’efficience de son moteur électrique, avec des consommations particulièrement basses. En milieu urbain, il est possible de descendre en dessous des 12kWh/100km, environ 14kWh/100km sur les nationales, et environ 19kWh/100km sur autoroute (la Renault Mégane peut en prendre exemple !). De quoi réussir à faire un peu plus de 215km d’autoroute avec la Peugeot e-308, des chiffres comparables voire meilleurs au final de ceux des concurrentes désignées (en pratique, un seul arrêt entre Poissy et Beaune, départ à 100%, arrivée à 20%). Et d’approcher les 450km en milieu urbain. D’ailleurs, l’autonomie annoncée au tableau de bord batterie pleine était de 444km pour notre modèle d’essai, une valeur bien supérieure aux 411km WTLP. Une autonomie qu’il est possible de maximiser grâce aux sièges avant et volant chauffants, ainsi qu’avec la pompe à chaleur optionnelle. Sur l’ensemble des 1600km parcourus à son volant, nous avons relevé une consommation globale de 17.6kWh/100km, avec plus de la moitié du parcours réalisé sur autoroute. Pas mal !

Côté recharge, là encore, sur le papier, la Peugeot e-308 semble en retrait par rapport au marché, avec une puissance de charge en courant continu de seulement 100kW. Une valeur plus faible que la concurrence, qui propose un pic de charge plutôt entre 130 et 150kW. Pour autant, la courbe de charge est plutôt bonne, et dépasse même 100kW. Nous avons en effet relevé un pic à 103kW durant nos recharges, constat aperçu chez différents opérateurs et différents types de borne (Ionity, Tesla, TotalEnergies, ieCharge notamment). Ce qui permet, grâce à la batterie plus petite que ses concurrentes, de prévoir des recharges assez courtes : compter un peu plus de 25 minutes pour passer d’un peu moins de 20% à 80% de batterie, des chiffres là encore comparables aux concurrents. En retrait sur le papier, dans la réalité, la Peugeot e-308, grâce à son meilleur aérodynamisme et son moteur plus sobre notamment sur autoroute, fait aussi bien que ses concurrentes directes.
Concernant la recharge domestique ou à destination, le chargeur embarqué en courant alternatif triphasé propose une puissance de 11kW. De quoi faire un 20-80% en environ 3h30, idéal si vous pouvez recharger sur notre lieu de travail. Toutefois, sur cette version, la fonction V2L n’est pas disponible.
Là où cela se gâte, c’est sur la partie Services connectés. Comme les autres modèles de la gamme Peugeot commercialisés à la même période, l’écosystème électronique repose sur le système multimédia Peugeot i-Connect (v1) et l’application MyPeugeot. Contrairement à la version restylée de la Peugeot e-308, le Trip Planner n’est pas embarqué, ce qui rend la navigation embarquée inutile pour les grands trajets. Il vaut mieux privilégier l’application e-Routes, bien améliorée depuis ses débuts, mais qui restera payante pour cette génération (4€/mois seul ou via Connect Plus). Seuls gros défauts de e-Routes, nous sommes dépendants de notre smartphone et il faut prévoir un chargeur, l’application est gourmande en ressources et batterie. Le chargeur sans fil n’étant pas ventilé, certains smartphones peuvent également surchauffer ce qui interrompt la charge.
Le reste des services électriques reste limité. Impossible de limiter la charge à 80% ou préconditionner la température de la batterie comme sur un Peugeot e-3008. Ou de créer des routines de charge comme sur certains modèles concurrents, notamment chez Volkswagen. Mais pire encore, l’instabilité de l’application MyPeugeot, qui permet de suivre la charge à distance, ou à pré-conditionner l’habitacle (également possible via l’écran tactile), gâche l’expérience. Procédure d’appairage entre le téléphone et la voiture trop compliquée, application qui déconnecte la session trop régulièrement, délai d’envoi des commandes très long ou parfois impossible sans raison… Les problèmes de stabilité et de fiabilité de cette application sont trop nombreux.
Conclusion : oui, la Peugeot e-308 peut être une proposition intéressante sur le marché des compactes électriques
En conclusion, la première version de la Peugeot e-308 ne démérite vraiment pas, en proposant des prestations réelles qui sont meilleures que ce que l’on peut attendre sur le papier. Grâce à une meilleure efficience que ses concurrentes directes, la Peugeot e-308 propose des prestations similaires et avec le même impact sur les longs trajets, à quelques minutes près. Et on retrouve toutes les qualités de la Peugeot 308, avec un agrément de conduite et un confort au meilleur niveau. Dommage que des prix trop élevés au départ et une absence de communication l’aient cantonné à de la simple figuration. Si les fonctionnalités proposées sur la Peugeot e-308 restylée ne vous intéressent pas, une bonne négociation doit pouvoir être possible sur l’un des derniers exemplaires neufs, sans parler de l’offre en occasion, où l’on peut trouver des modèles très peu kilométrés à moins de 25000€.

La nouvelle version de la Peugeot e-308 corrige la plupart des points faibles de première version. e-Routes est désormais proposé gratuitement, et le Trip Planner est embarqué dans la navigation. La batterie gagne quelques kWh, désormais le pack en embarque 58. Cela se ressent sur l’autonomie WLTP, qui passe de 411 à 450km. Pour rassurer les conducteurs les plus stressés par la recharge sur un long trajet, cette nouvelle version propose la technologie Plug&Charge avec les opérateurs compatibles et pour les amateurs de camping, le chargeur embarqué est bi-directionnel. Restent les tarifs, toujours un peu élevés (à partir de 39750€ en finition Style, ou 467.95€ par mois en location avec option d’achat, sur 5 ans sans aucun apport – bonus minimal déduit). Nous prendrons très prochainement le volant de cette nouvelle version pour constater les évolutions de la berline compacte électrique de Peugeot !
Nous avons aimé :
- Les prestations routières au top de la catégorie
- L’autonomie réelle offrant de la polyvalence
- Le bon niveau de confort
Nous avons moins aimé :
- Le prix neuf bien trop élevé hors leasing social
- Le Trip Planner pas disponible sur cette version, et l’application MyPeugeot au fonctionnement erratique
- Son lancement raté qui l’a invisibilisé vis-à-vis de la concurrence
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