Pour compléter les indications de Red Rabbit, quelques éléments importants de ce rapprochement PSA/OPEL:
1/ Il s'agit d'un accord préparatoire signé entre PSA et OPEL, dont la régularisation définitive doit, en principe, intervenir avant la fin 2017.
2/ Les conditions financières de cet accord apparaissent assez favorables pour PSA.
La division automobile de GM Europe est valorisée à 1,3 milliards d'euros (la valorisation de PSA est proche de 16 milliards d'Euros) : ce prix intègre les 2 marques OPEL et VAUXHALL, les 6 usines de montage et les 5 usines de production de pièces existant en Europe (Allemagne, Angleterre, Espagne, Pologne, Autriche), le centre de R&D de Russelsheim (Allemagne) et le personnel (40.000 salariés environ).
Les modalités de paiement du prix prévoient :
- un paiement comptant à concurrence de 670 millions d'euros ;
- une dation en paiement pour le surplus (soit 650 millions d'euros), par la remise à GM de Bons de Souscriptions d'Actions (BSA) représentant 4,2% du capital de PSA (sur la base d'un cours de référence à 17,34 E), qui ne seront pas assortis de droit de vente ni de gouvernance, d'une durée de 5 ans minimum, et qui devront être revendus obligatoirement au bout de 9 ans.
En clair : PSA va prélever dans sa trésorerie (supérieure à 6 milliards d'euros) à peine de 10% pour payer le prix d'acquisition d'OPEL, ce qui permet de ne pas hypothéquer les autres projets actuellement en cours (projets au Maroc, en Iran, en Inde, en Malaisie). Le schéma retenu incite également GM à jouer le jeu, avec une perspective de plus-value à long terme sur les titres PSA.
3/ L'opération portera également sur les filiales de financement de GM Europe pour un prix total de 0,9 milliards d'Euros. PSA et BNP Paribas vont créer une co-entreprise à 50/50 qui se portera acquéreur de la captive financière de GM. Il a été décidé que les résultats de cette co-entreprise serait consolidés par BNP.
PSA aura donc 450 millions d'euros à sa charge.
4/ GM va conserver l'intégralité du financement des régimes de retraites des salariés de GM Europe.
PSA devra assumer les obligations résultant de l'Actives Plan allemand et certains petits régimes de retraites, mais recevra de GM une somme fixée forfaitairement à 3 milliards d'Euros.
5/ Les objectifs fixés par PSA pour un retour à la rentabilité d'OPEL sont raisonnables : la marge opérationnelle doit atteindre 2% en 2020 (avec un free cash flow positif à cette date) et 6% d'ici 2026.
Le travail de compétitivité sera fait par le management d'OPEL (son PDG actuel, K-T NEUMANN en poste depuis 2013, est maintenu) : PSA veut en effet s'appuyer sur l'équipe dirigeante actuelle d'OPEL pour que les efforts engagés ces dernières années soient poursuivis voire amplifiés.
La fermeture de sites industriels est semble-t-il exclue, mais on sait que les gains de compétitivité obtenus par PSA se sont traduits par le compactage des sites (avec ventes et/ou locations de locaux), des baisses de capacité de production sur certaines usines, des réductions d'effectifs (départ en retraite, externalisation de certains métiers), des accords de compétitivité avec les syndicats, etc...
6/ OPEL/VAUXHALL va continuer à bénéficier des licences de propriété intelectuelle de GM jusqu'au transfert complet de son plan produit sur les technos PSA. Ainsi, l'Ampera-e pourra être commercialisée en Europe mais sous la seule marque OPEL.
PSA semble assez confiant sur la capacité et la rapidité à opérer le transfert de ces technos et souligne que "les plans produits PSA et OPEL se synchronisent bien". On pense notamment d'ici 2019/2020 à la prochaine génération de Corsa et Mokka qui pourront utiliser la nouvelle plateforme CMP, les moteurs thermiques (PureTech et DVR 1.5d) et électriques ; à plus long terme la future Astra partagera les technos de la 308 III...
A noter que PSA et GM ont mentionné le projet de collaborer dans le véhicule électrique et la possibilité pour PSA d'accéder à certaines des technos de la co-entreprise GM-Honda (véhicule à pile à combustible)