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M. CHRISTIAN STREIFF DÉTAILLE SON PROJET POUR RELANCER PSA
Dans un entretien accordé au FIGARO (5/3/07), M. Christian Streiff, président de PSA Peugeot Citroën, détaille son projet pour relancer le groupe. Il indique que le plan d'amélioration de la qualité des véhicules, qui commence déjà à produire ses effets, doit être accéléré afin que PSA revienne « très vite parmi les meilleurs dans le monde sur ce plan ». La 308 constituera le premier grand test de la nouvelle approche de la qualité du groupe. « Nous venons d'ailleurs de prendre la décision de dépenser plusieurs millions d'euros supplémentaires pour être absolument certains d'éviter les défauts de jeunesse », souligne-t-il.
M. Streiff explique que la réduction des coûts est également un point primordial, sur lequel il souhaite, plus qu'un changement, une véritable rupture. « Nous allons d'abord faire un effet particulier sur les achats, qui constituent le premier levier pour réduire les coûts. Notre objectif n'est pas une variation de baisse des prix de quelques pour cent, nous voulons changer d'ordre de grandeur. L'autre projet consiste à mettre en oeuvre toujours plus de projets gagnant-gagnant avec les fournisseurs. Nous voulons enclencher, avec les meilleurs d'entre eux, des dynamiques à moyen et à long termes de baisse rapide de coûts. L'idée est de collaborer étroitement avec eux lors d'un changement de modèle en partageant des éléments clés dans l'ingénierie ou la recherche et le développement », détaille-t-il, ajoutant qu'il faut « s'obliger à concevoir un nouveau modèle sur une base de coûts inférieure au précédent ».
PSA doit aussi lutter contre l'inflation des frais fixes, indique M. Streiff. « Le groupe a été dimensionné pour 4 millions de voitures. Nous préparons un plan d'actions pour qu'il soit parfaitement compétitif à 3,5 millions de véhicules, mais nous n'oublions pas pour autant l'objectif de croissance », explique-t-il, ajoutant qu'il faut être conscient que « la relance du groupe ne se fera pas uniquement grâce à de beaux modèles ». « Nous redécollerons si nous avons les bons modèles, mais aussi de bons prix de revient », déclare-t-il.
M. Streiff indique qu'il préfère surveiller la rentabilité des capitaux investis plutôt que la marge opérationnelle. « Un point fort de PSA Peugeot Citroën est de bien savoir faire tourner ses capitaux, ce qui lui permettra d'être plus vite rentable », se réjouit-il.
M. Streiff indique en outre qu'il est impératif de réduire sensiblement les délais de conception des modèles (4 ans environ actuellement) et les coûts de développement. « Nous mettons en place des méthodes qui permettent de développer des voitures plus vite et moins cher. Ensuite,
d'ici à 2020, nous sortirons des véhicules supplémentaires pour l'Europe et d'autres pour les marchés plus lointains. La diversité va s'accroître, mais en utilisant de plus en plus de bases communes », explique-t-il. Il ajoute que le groupe a des ambitions dans le haut de gamme, « mais également sur un concept différent de celui dont on parle habituellement. Le haut de gamme ne signifie plus forcément de grosses voitures, il s'élargit à des véhicules plus petits ».
Enfin, M. Streiff annonce que la gamme du groupe sera complétée et améliorée à l'horizon 2010-2011 et qu'ensuite, les équipes reprendront de fond en comble tout le plan produits à moyen et long terme. « C'est l'un des chantiers de la direction générale. Il va falloir réfléchir à notre présence sur le marché des low-costs. De même, les tout terrain seront également importants. Ils vont évoluer vers des modèles moins gros, moins lourds, moins polluants, nous devons anticiper ce mouvement et y prendre part », souligne-t-il. Il explique également qu'il n'a pas d'a priori contre les acquisitions, mais qu'il faut être méfiant car les fusions sont souvent des échecs. « S'agissant des coopérations, je ne souhaite pas les élargir à de nouveaux partenaires. Je préfère plutôt approfondir les plus riches et les plus prometteuses des coopérations qui existent », ajoute-t-il.
Par ailleurs, le quotidien indique que PSA a mis un terme aux discussions qu'il menait avec Proton (cf. revue de presse du 20/11/06), car le projet de coopération ne garantissait pas les conditions de production à bas coûts recherchées. De plus, en raison de la complexité des différents marchés du Sud-Est asiatique, l'accès au marché automobile malais n'offre pas de garantie de développement dans d'autres pays.
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