Bon, je continue de vous tenir au courant de mon avancement sur l'existence ou non d'un biais des tests d'homologation en faveur de l'hybride.
Je continue à me heurter à l'obstacle de connaitre la valeur de consommation mixte à l'homologation de certains modèles, exotiques pour nous en France, tels que le 3008 2009 2.0 HDi 150 ch BVM6 Active Pro (=Premium ou Business Pack?), ou le 3008 2010 1.6 HDi 111 ch BMP6 Tecno, sans parler des Sport, Sport Pack, Platinum, Business Line... J'ai fait une recherche en anglais (
CarFuelData) pour essayer de trouver un document CEE donnant ces résultats mais je suis tombé sur un site du gouvernement anglais qui semble bien complémenter lacentrale.fr à ce sujet. Donc l'obstacle est maintenant moindre.
Je suis ensuite passé à la page wikipedia
New European Driving Cycle qui existe aussi en français et où il est amusant de lire:
Manque de sévérité :
Le cycle ne comporte que des gradients de vitesse lents, par exemple : en urbain le véhicule passe de 0 à 50km/h en 26 secondes. De plus la vitesse maximale de 120 km/h n'est tenue que 10 secondes sur l'ensemble du test, la vitesse moyenne est de 33 km/h. La température de test à 20 °C est plus chaude que la température moyenne annuelle en métropole.
Optimisation des véhicules au cycle ("cycle beating") :
Tous les chiffres publiés par les constructeurs sont issus de mesures faites selon le cycle correspondant au marché commercial concerné (NEDC pour l'Europe). Par conséquent, tous les paramètres du véhicule (réglages du moteur et aérodynamisme) sont optimisés pour offrir les meilleurs résultats lors de ce cycle. L'importance de ces chiffres d'un point de vue commercial est telle que des constructeurs ont commencé à intégrer des mécanismes permettant au véhicule de « détecter » le cycle et d'adapter lui-même sa consommation (au prix d'une réduction de puissance disponible). Pour cette raison, les chiffres sont généralement impossibles à atteindre sur un trajet réel, avec un conducteur non entrainé.
De par la nature du test, plus une voiture sera puissante, plus l'écart risque d'être important entre le chiffre publié et le chiffre observé par le client, car l'opérateur utilisera une plus faible portion de la plage de puissance disponible, alors que le client aura accès à toute cette plage.
Le site anglophone a une référence importante que le site francophone n'a pas. Il s'agit d'une étude allemande d'avril 2012 (
Discrepancies) qui a exploité l'ensemble de la base de données de 28000 véhicules de Spritmonitor.de pour montrer qu'il y a bien une différence entre le monde réel et les tests d'homologation.
Cette étude a montré non seulement que cette différence existe mais aussi qu'elle augmente de 8% en 2001 à 21% au moment de l'étude (c'est à peu près ce que mon tableur semble montrer pour la 3008 thermique...). Ils expliquent cette différence croissante par plusieurs facteurs dont l'utilisation astucieuse par les constructeurs de tolérances et de failles dans le protocole de test.
La lecture de ce rapport en anglais me fait comprendre pourquoi les hybrides doivent obtenir des consommations bien plus basses par rapport à la réalité que les voitures thermiques. Tout d'abord 25% (!) du temps du test est passé à l'arrêt au point mort, ce qui n'est pas trop réel et favorise les hybrides bien plus que toute voiture sans stop&start. Ensuite, on permet aux hybrides de démarrer le test avec une batterie motrice chargée à 100% et déchargée pendant le test sans proprement compenser les résultats. Une autre étude de 2010 citée dans ce rapport estime que l'avantage des hybrides dans ce cycle d'homologation se monte à ... 30%!! Soit à peu près ce que donnent les résultats préliminaire de ma petite étude ...
Jaffar