Stellantis reconduit le moteur FireFly à Termoli

Mis en ligne le 13 février 2026 Rédigé par

Depuis l’annonce de Stellantis de prolonger la production du moteur essence FireFly sur son site italien de Termoli, les spéculations et les fake news se multiplient dans les médias. Analysons les raisons et les conséquences réelles de ce choix industriel.

Un engagement officiel pour préserver l’emploi et l’industrie italienne

Stellantis a confirmé, par la voix d’Emanuele Cappellano (directeur Europe), que l’usine de Termoli continuera à produire les moteurs FireFly (GSE) bien au-delà de 2030, en les adaptant aux normes Euro 7. Cette décision, officialisée début février 2026, ne se limite pas aux moteurs thermiques : le site lancera également une nouvelle ligne de production de boîtes de vitesses e-DCT (à double embrayage électrifié), garantissant ainsi une diversification industrielle et la pérennité du site.

Stellantis moteur FireFly Termoli

Pourquoi ce revirement ? Une décision avant tout politique et sociale

Certains médias ont trop rapidement attribué ce choix à une volonté de remplacer le moteur 1.2 EB2 (anciennement appelé « PureTech »), mais la réalité est plus complexe. En suspendant le projet de gigafactory de batteries à Termoli (porté par ACC), Stellantis évitait une catastrophe sociale : 1 800 emplois directs et 12 000 emplois indirects étaient menacés dans une région déjà fragilisée.

En maintenant une activité industrielle à Termoli, le groupe apaisent les tensions avec le gouvernement italien et les syndicats, tout en évitant un conflit social majeur. Une manière d’acheter la paix sociale, mais aussi de répondre à une demande persistante pour les motorisations thermiques en Europe, malgré la transition électrique.

Le FireFly peut-il remplacer le 1.2 EB2 ? Une équation complexe

L’annonce a suscité des interrogations sur la coexistence entre le moteur italien FireFly et le bloc français 1.2 EB2 essence. Plusieurs hypothèses circulent :

Une substitution improbable :

  • Le 1.2 essence EB2 est produit sur 4 sites (Trémery, Tychy en Pologne, Szentgotthárd en Hongrie, et anciennement Douvrin), avec une capacité de production bien supérieure à celle de Termoli.
  • Même si Douvrin arrête sa production en 2026 et que la production de moteurs électriques prédomine à Tremery, les sites polonais et hongrois assurent l’essentiel des volumes. Termoli ne pourrait pas absorber seul cette production
  • Abandonner le 1.2 EB2 signifierait aussi renoncer aux investissements récents (datant de 3 ans) dans sa modernisation, ce qui semble peu probable.

Une diversification plutôt qu’un remplacement :

  • Avec l’arrêt des moteurs thermiques à Douvrin et Trémery, Termoli pourrait compléter la production du 1.2 EB2, notamment pour répondre à une demande thermique qui persistera au-delà de 2030. Une complémentarité est donc possible entre l’EB2 bien adapté aux segment B et C et le Firefly plus à l’aise sur le segment A et le low-cost.
  • Stellantis anticipe ainsi un marché européen moins réceptif que prévu à l’électrique, tout en maintenant une flexibilité industrielle

    Termoli : un site stratégique, mais pas une solution miracle

    Si la reconversion partielle de Termoli (moteurs FireFly + boîtes e-DCT) sauve une partie des emplois, elle ne résout pas tous les défis :

    • La production des boîtes e-DCT ne concernera que 250 à 300 emplois, ce qui est insuffisant pour absorber les 1 800 salariés du site selon ItalPassion.
    • Les syndicats restent sceptiques sur l’avenir long terme du site, en l’absence d’un projet industriel clair et durable.

    Une décision pragmatique de Stellantis pour le moteur FireFly à Termoli

    Stellantis ne tourne pas le dos au 1.2 EB2, mais diversifie ses options pour s’adapter à un marché en mutation. La reconduction du FireFly à Termoli est avant tout une mesure sociale et politique, visant à préserver l’emploi et à éviter un désastre industriel en Italie. Elle reflète aussi une stratégie réaliste : malgré la transition électrique, les motorisations thermiques resteront nécessaires encore plusieurs années. Reste à voir si cette décision suffira à stabiliser le site de Termoli sur le long terme… ou si elle ne fait que reporter l’échéance.